préambule

Bonjour,

Journaliste parisienne transgenre, je vous propose ici mon regard décalé, subjectif et citoyen sur l'actualité artistique et intellectuelle à Paris où l'identité et le sens ont aussi leurs places.

La webdromadaire était envoyée auparavant par mail, et ce depuis près de 6 ans, à plusieurs centaines d'abonnés : décideurs culturels, économiques, politiques, médiatiques et d'autres membres de la société civile.

Elle est considérée par le site Place Publique / www.place-publique.fr [Média citoyen, relais d'engagements associatifs et outil de démocratie participative] comme "une des meilleures lettres citoyennes électroniques". 

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... décalées, subjectives et citoyennes sur l'identité et le sens à travers les Arts et les Sciences plus particulièrement.
Lundi 19 mai 2008
Matière à réflexion
 
Attention, aux yeux de certains ce texte est ravageusement pessimiste. Si vous êtes bardés de certitudes quand à la continuité des actions entreprises aujourd’hui,… passez votre chemin.

par Patrick Mignard, Altermonde-sans-frontières, lundi 19 mai 2008

Il exprime pourtant une réalité qui va se confirmer dans les jours, voire les semaines, à venir : l’impuissance du mouvement de protestation face à la détermination du gouvernement.

L’absurde attitude de déni qui, depuis des années, a saisi les syndicalistes et les organisations politiques dites « progressistes » abouti peu à peu à un véritable grippage de l’action politique et une stagnation, aujourd’hui régression, du progrès social. Non seulement le système a réussi à faire rentrer dans sa logique toutes ces organisations, mais il est en passe de réussir dans la liquidation de tous les acquis sociaux obtenus depuis plus d’un siècle.

L’ILLUSION DE LA FORCE…

La montée du mécontentement si elle a un sens en soit, n’en demeure pas moins une incertitude et une improbable solution pour l’avenir. Ce n’est pas une question de masse critique, comme essaient de nous le faire croire les syndicats et les organisations politiques, qui à partir d’un certain seuil se transformerait en révolte... et plus.

La puissance des manifestations n’est somme toute que symbolique. Génératrice de flux d’adrénaline chez les participants, elles donnent une fausse idée de la puissance… il suffit d’entendre les commentaires naïvement enthousiastes après les manifestations.

Car quel est le but de la manifestation, de la grève de 24 heures, de la protestation massive ? Se faire entendre du gouvernement ? Mais il sait tout ça ! Il s’en fout et le proclame. Il sait qu’en dehors de cette « protestation », il n’y a rien d’autre… il suffit qu’il joue le pourrissement dans le temps… ce qui est très exactement entrain de se produire actuellement.

Ce type de manifestation, d’action constitue le credo essentiel, et même unique, des leaders politiques et syndicaux…. Qu’ont-ils d’autre à proposer sinon d’agrémenter cela d’une grève de 24 heures qui laisse de marbre le gouvernement. ? Rien.

En ce printemps de remise en question massive de tous nos acquis sociaux, parfumé par des souvenirs hautement symboliques, la force de l’imagination dépasse largement les capacités stratégiques d’un mouvement qui se cherche et ne sait pas trop comment s’y prendre. A défaut de poser ses pieds sur terre, il garde la tête dans les nuages.

Le rêve l’emporte sur la conscience lucide. Le gouvernement, sûr de notre impuissance, en rajoute dans la « peopolisation » des leaders, qui voient là une dérisoire reconnaissance, et la médiatisation d’ « évènements- musée » qui nous amusent et nous excitent plus qu’ils ne l’effraient. Nous avons l’illusion d’avancer,… en fait nous faisons du sur place devant une glace – la télévision – qui nourrit notre narcissisme et nous donne une fausse image de ce que nous sommes réellement.

LES VIEILLES RECETTES DANS LES VIEUX POTS

Que peut produire concrètement cette illusion ?

Une dépense d’énergie débordante certes,… mais l’essentiel de cette énergie est employée à la fabrication de tracts, d’affiches, de banderoles qui ne nous apprennent plus rien, ni à nous, ni à ceux à qui nous nous adressons… mais l’essentiel étant, semble-t-il, que ces bibelots militants existent et que l’on y projette nos espoirs.

L’Histoire ce n’est pas comme la cuisine : ce n’est pas dans les vieux pots, avec des vieilles recettes, que l’on fait la meilleure soupe.

L’Histoire est riche de « ras le bol », de colères, de révoltes,… qui n’ont jamais abouti. Ce n’est pas en trépignant, pas plus qu’en se révoltant que l’on change un système.

Nous sommes prisonniers, de nos habitudes, de notre culture de contestation sociale, des organisations, et de leurs discours, qui mettent en musique ces pratiques, de nos pratiques/magouilles d’appareils même quand ceux-ci n’existent pas. Nous nous satisfaisons lâchement de ces initiatives auxquelles nous participons et qui, nous le savons, n’aboutissent pas. « Que faire d’autre ? », « Il vaut mieux ça que de ne rien faire ! », « Il faut montrer notre mécontentement ! »,… telles sont les expressions que l’on entend dans les manifestations, les entreprises, les lycées et les universités quand on pousse un peu loin le dialogue.

On relooke les vieilles pratiques tout en gardant l’essentiel, on crée de nouvelles organisations, de nouveaux partis, en se triturant les méninges sur le logo, l’appellation, la tactique organisationnelle…Pendant ce temps l’Histoire nous passe par-dessus la tête, les acquis sociaux s’envolent, le service public est démantelé, les inégalités s’accroissent,… la planète agonise !

« Ah, une grande et puissante mobilisation ! » disent les militants les plus engagés. D’accord mais pour faire quoi ? Aller où ? Quelle organisation sociale après la mobilisation ?... A toutes ces questions essentielles ils n’apportent aucune réponse… ils ne se les posent d’ailleurs même pas, même plus.

Et même si nous avons une « grande et puissante mobilisation », que peut-il advenir actuellement ? Seul le pouvoir à l’initiative, nous sommes essentiellement en situation strictement défensive. Alors ? Alors, l’entonnoir des élections nous guette…. Toute cette colère, cette mobilisation, ces revendications seront inéluctablement dirigées, canalisées, vers les urnes. Rappelez vous comment s’est terminé « Mai 68 » !

Cette impuissance du mouvement n’est pas une fatalité historique, mais l’expression d’une faillite stratégique. C’est la dernière illusion. Pourquoi la « dernière » ? Parce que nous sommes d’une part au fond de notre incapacité d’action, au bout de la pratique stérile des vieilles formes de luttes et de mobilisation, mais aussi au seuil de la catastrophe sociale et écologique.

Continuer à blablater, tergiverser, discutailler comme nous le faisons depuis des décennies, c’est à coup sûr hypothéquer gravement notre avenir et celui des générations suivantes. Le temps va nous manquer.

Patrick MIGNARD
Mai 2008

Voir aussi  :
MANIFESTE POUR UNE ALTERNATIVE
« INERTIE DES CONSCIENCES ET CHANGEMENT SOCIAL »
« LA CONSCIENCE EN MIETTES »
« LA FOIRE AUX ILLUSIONS »

par caphi publié dans : [sciences et conscience]
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Dimanche 18 mai 2008

Frustration, culpabilité, voyeurisme: Sébastien Bohler décrypte dans un livre petites névroses et grosses ficelles des médias. Entretien.
par Chloé Leprince | 18/05/2008, Rue89

Sébastien Bohler (Chloé Leprince/Rue89).

Pourquoi mange-t-on plus de chips devant un film comme Seven? Comment une pub pour une grosse berline flatte-t-elle des fantasmes de domination masculine? Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il gagné une image tolérante en s'affichant aux côtés de Doc Gyneco? Pourquoi la presse consacre-t-elle encore des reportages aux gros gagnants du Loto?

Après la sociologie des médias, déjà très répandue, c'est au tour d'une autre discipline, la psychologie, de s'intéresser aux mécanismes qui opèrent dans notre comportement quand nous les "consommons". Sébastien Bohler est docteur en neurobiologie. Il est devenu journaliste pour le magazine Cerveau et psycho et s'est penché sur l'articulation entre les médias et notre consommation, nos inquiétudes, nos fantasmes, nos projections.

Dans son travail, la télévision figure logiquement en bonne place, puisque les Français y consacrent en moyenne trois heures par jour. Mais Sébastien Bohler, qui poursuit ses chroniques sur le site internet d'Arrêt sur images, passe aussi bien au crible la presse people, le débit radiophonique ou sommaires des journaux.

"Une manipulation de masse, à la portée de chacun!"

Pour son ouvrage, "150 petites expériences de psychologie des médias", qui vient de sortir, mi-mai, il a rassemblé nombre d'expériences menées, en laboratoire ou en conditions réelles, par des chercheurs de tous horizons, qui peuvent être aussi bien étologues, sociologues, biologistes, économistes ou encore psychanalystes.

Au diapason du sous-titre un brin racoleur -"Pour mieux comprendre comment on vous manipule"-, la quatrième de couverture du livre du neurobiologiste n'y va pas de main morte:

"Ce livre [...] détaille les méthodes utilisées par la presse ou le petit écran pour façonner nos goûts, nos préférences, nos haines ou nos envies. Une manipulation de masse, à la portée de chacun. Un livre salutaire... pour être moins dupe du discours médiatique!"

Parce qu'il se décline sous forme de courts chapitres de deux-trois pages par expérience, ce livre part dans de nombreuses directions. Certains volets sont peut-être un peu plus attendus, comme par exemple les analyses consacrées aux rouages de la publicité, qui viennent largement accréditer le désormais célèbre argument du "temps de cerveau disponible".

Quand la télé nous entraîne dans une torpeur docile...

Toute la première partie, qui traite de nos croyances et de la manière dont les médias, notamment d'information, viennent flatter notre passivité, n'est pas inintéressante, même si le lien entre, d'une part, la crédulité face au discours médiatique et, d'autre part, le discrédit des sources d'information d'autre appeine parfois à se faire.

L'auteur parvient toutefois, étayé par moult exemples, à montrer combien un poste de télévision est à même de nous entrainer dans un état de torpeur qui peut, à l'occasion, susciter ici un besoin d'ordre sécuritaire accru, là le sentiment d'appartenir à la grande confrérie des supporters d'une équipe de foot, ailleurs encore doper le capital sympathie d'un homme politique, du simple fait de son passage régulier dans la petite lucarne.

Dans ce dernier cas, ce sont les travaux d'un psychologue, Robert Zajonc, que convoque Sébastien Bohler pour expliquer ce qu'on appelle "l'effet de simple exposition": dans les années 60, Zajonc a démontré que, lorsqu'on soumet à un échantillon de personnes un mot turc dont ils ne connaissaient pas la signification, en leur demandant s'ils y voyaient plutôt quelque chose de négatif ou de positif, les sondés à qui on avait présenté 25 fois le mot estimaient qu'il était porteur d'une dimension positive... alors que ceux qui ne l'avaient rencontré qu'une ou deux fois ne le trouvaient pas particulièrement sympathique.

Mais c'est encore en décortiquant les mécanismes à l'oeuvre en matière de culpabilité ou de frustration que Sébastien Bohler se montre ici le plus convaincant.

Le jeu télévisé 'A prendre ou à laisser' (DR).Lui qui affirme que "zapper nous frustre" a aussi recours à des recherches en économie, et notamment la théorie de l'allocation optimale des ressources (prix Nobel 1979) et la théorie des jeux (prix Nobel 2005), pour expliquer ce qu'on appelle "l'aversion aux pertes". Une théorie qui infuse le dispositif d'une émission comme "A prendre ou à laisser", de l'animateur Arthur, diffusée de 2004 à 2007 sur TF1, qui consiste à faire découvrir aux candidats combien ils auraient pu gagner. (voir la vidéo sur la page de Rue89)

L'intérêt de ce livre-catalogue est aussi d'étayer des tendances bien connues. Ainsi, il est courant de dire ou d'entendre que la télévision stimule nos penchants voyeurs. Sébastien Bohler, lui, va plus loin et se replonge dans les écrits du psychanalyste Jacques Lacan, pour montrer que le téléspectateur joue en fait avec sa propre culpabilité, en oscillant entre, d'un côté, son intérêt, plus ou moins assumé, pour les anecdotes gore ou tragiques et, de l'autre côté, son besoin de limites et d'interdits.

Se chercher des poux ou battre sa coulpe?

La notion de culpabilité est d'ailleurs très présente dans son ouvrage. Que l'auteur décortique le mécanisme qui fait qu'on donne plus spontanément au Téléthon qu'à la Fondation Abbé-Pierre, moins cathodique... ou qu'il décrypte la consommation hypocrite de magazines people de cette nouvelle espèce: "l'homo conciergicus", pour qui les magazines de ragots auraient, s'après Sébastien Bohler, tout simplement remplacé la fonction sociale de l'épouillage. (voir la vidéo sur la page de Rue89)

Enfin, on notera avec intérêt plusieurs analyses précises des mécanismes à l'oeuvre sur les plateaux de télévision, souvent à notre insu. Il en va ainsi du morphotype de certains animateurs -l'effet Cauet ou encore le phénomène de "babyface"-, du délit de sale gueule, de l'importance du timbre de voix, mais aussi des éclairages dominateurs voire castrateurs du plateau du "Maillon faible". (voir la vidéo sur la page de Rue89)

Rien ou presque dans l'ouvrage de Sébastien Bohler à propos des effets des sites web sur le comportement des internautes. Promis, on vous tient au courant dès qu'une étude de psychologie sociale sort sur l'effet de Rue89 sur le cerveau de ses riverains.

150 petites expériences de psychologie des médias de Sébastien Bohler - éd. Dunod - 18,50€.

source : Rue89

par caphi publié dans : [sciences et conscience]
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Dimanche 18 mai 2008
En France, on accuse les pauvres d'être coupables de leur sort, on considère le travail comme une valeur et la culture comme un bien de consommation. L'auteur pense que le chef de l'Etat incarne le nihilisme d'une hyperclasse sans attaches et sans territoire qui voudrait oublier que l'homme est un animal social et que le lien compte plus que le bien.

http://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/9782234061613/livre-il-faut-qu-il-parte.php?societe=vguibert"Je n'aime pas les communistes parce qu'ils sont communistes ; je n'aime pas les socialistes parce qu'ils ne sont pas socialistes ; et je n'aime pas les miens parce qu'ils aiment trop l'argent."
Charles de Gaulle

C'est un nouveau discours de la servitude volontaire. Mais pas un Contre'un comme celui qu'écrivit La Boétie : le tableau d'une époque et un réquisitoire contre une bourgeoisie française aussi bête et borgne qu'en 1830 et en 1851.

Que se passe-t-il dans ce cher et vieux pays pour qu'on accuse les pauvres d'être coupables de leur sort, pour que le travail, ce mal nécessaire, soit tenu pour une valeur, pour que le serpent de Mai 68 se morde la queue et que la culture soit rangée au rayon des biens de consommation ? Un homme à la tête de l'État incarne aujourd'hui le nihilisme d'une hyperclasse sans attaches et sans territoire qui voudrait oublier que l'homme est un animal social et que le lien compte plus que le bien. Il ne sera pas nommé dans cet exercice de style dont la violence vise d'abord les idées : le poisson pourrit toujours par la tête. Il faut qu'il parte ne révélera aucun petit secret caché : il fera entendre le hurlement de bouledogue vivisectionné d'un écrivain non-conformiste.

Sébastien Lapaque

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par caphi publié dans : [aux Arts et caetera]
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Mercredi 14 mai 2008
 
"Et pendant ce temps là, la carlita enregistre son CD, son mec passe sa Patek dans un dîner, de convive en convive, en expliquant que c'est plus cher qu'une Rolex, Darkos dit qu'il en bougera pas, Boutin inarticule un discours à l'assemblée ..
La France ne s'ennuie pas*, elle se crispe...
La misère monte...
La colère gronde...
demain manif !
"
 
* "La France ne s'ennuie pas" en référence certainement à l'article - prophétique  - intitulé "Quand la France s'ennuie..." de Pierre Viansson-Ponté dans Le Monde...  de mars 68 ! (lire plus bas)


VOIR LA VIDEO
(explications par les protagonistes -: un étudiant, une mère de famille, un professeur de français  - tous des "mal logés" - et la première adjointe du maire du 3e arrondissement de Paris...)


Eudiants, mère de famille et travailleurs "mal logés" expulsés de l'Impasse
envoyé par rue89

petit pain écrit (à 17H29) :"Je suis sans voix. Non pas que la situation de ces concitoyens soit une pure découverte... Plutôt que chaque jour c'est une maltraitance d'Etat qui s'ajoute à celle(s) commise la veille. Probablement nous aurions intérêt à être nombreux dans les rues le 22 mai. Il faudra bien que ça cesse. Autant pas trop attendre..."

Quand la France s'ennuie...

Le 15 mars 1968, Le Monde publie un article de Pierre Viansson-Ponté sur l'état de la société française, appelé a un grand retentissement.

Ce qui caractérise actuellement notre vie publique, c'est l'ennui. Les Français s'ennuient. Ils ne participent ni de près ni de loin aux grandes convulsions qui secouent le monde. La guerre du Vietnam les émeut, certes, mais elle ne les touche pas vraiment. Invités à réunir "un milliard pour le Vietnam", 20 F par tête, 33 F par adulte, ils sont, après plus d'un an de collectes, bien loin du compte.

D'ailleurs, à l'exception de quelques engagés d'un côté ou de l'autre, tous, du premier d'entre eux au dernier, voient cette guerre avec les mêmes yeux, ou à peu près. Le conflit du Moyen-Orient a provoqué une petite fièvre au début de l'étédernier : la chevauchée héroïque remuait des réactions viscérales, des sentiments et des opinions en six jours, l'accès était terminé. Les guérillas d'Amérique latine et l'effervescence cubaine ont été , un temps, à la mode elles ne sont plus guère qu'un sujet de travaux pratiques pour sociologues de gauche et l'objet de motions pour intellectuels. Cinq cent mille morts peut-être en Indonésie, cinquante mille tués au Biafra, un coup d'Etat en Grèce, les expulsions du Kenya, l'"apartheid"sud-africaine, les tensions en Inde : ce n'est guère que la monnaie quotidienne de l'information. La crise des partis communistes et la révolution culturelle chinoise semblent équilibrer le malaise noir aux Etats-Unis et les difficultés anglaises.

De toute façon, ce sont leurs affaires, pas les nôtres. Rien de tout cela ne nous atteint directement : d'ailleurs la télévision nous répète au moins trois fois chaque soir que la France est en paix pour la première fois depuis bientôt trente ans et qu'elle n'est ni impliquée ni concernée nulle où que ce soit dans le monde.

La jeunesse s'ennuie. Les étudiants manifestent, bougent, se battent en Espagne, en Italie, en Belgique, en Algérie, au Japon, en Amérique, en Egypte, en Allemagne, en Pologne même. Ils ont l'impression qu'ils ont des conquêtes à entreprendre, une protestation à faire entendre, au moins un sentiment de l'absurde à opposer à l'absurdité. Les étudiants français se préoccupent de savoir si les filles de Nanterre et d'Antony pourront accéder librement aux chambres des garçons, conception malgré tout limitée des droits de l'homme. Quant aux jeunes ouvriers, ils cherchent du travail et n'en trouvent pas. Les empoignades, les homélies et les apostrophes des hommes politiques de tout bord paraissent à tous ces jeunes, au mieux plutôt comiques, au pis tout à fait inutiles, presque toujours incompréhensibles.

Heureusement, la télévision est là pour détourner l'attention vers les vrais problèmes : l'état du compte en banque de Killy, l'encombrement des autoroutes, le tiercé, qui continue d'avoir le dimanche soir priorité sur toutes les antennes de France.

Le général de Gaulle s'ennuie. Il s'était bien juré de ne plus inaugurer les chrysanthèmes et il continue d'aller, officiel et bonhomme, du Salon de l'agriculture à la Foire de Lyon. Que faire d'autre ? Il s'efforce parfois, sans grand succès, de dramatiser la vie quotidienne en s'exagérant à haute voix les dangers extérieurs et les périls intérieurs. A voix basse, il soupire de découragement devant la "vachardise"de ses compatriotes qui, pourtant, s'en sont remis à lui une fois pour toutes de leurs affaires. Ce qui fait d'ailleurs que la télévision ne manque pas une occasion de rappeler que le gouvernement est stable pour la première fois depuis un siècle.

Seuls quelques centaines de milliers de Français ne s'ennuient pas : chômeurs, jeunes sans emploi, petits paysans écrasés par le progrès, victimes de la nécessaire concentration et de la concurrence de plus en plus rude, vieillards plus ou moins abandonnés de tous. Ceux-là sont si absorbés par leurs soucis qu'ils n'ont pas le temps de s'ennuyer, ni d'ailleurs le cœur à manifester et à s'agiter. Et ils ennuient tout le monde. La télévision, qui est faite pour distraire, ne parle pas assez d'eux. Aussi le calme règne-t-il.

La réplique, bien sûr, est facile : c'est peut-être cela qu'on appelle, pour un peuple, le bonheur. Devrait-on regretter les guerres, les crises, les grèves ? Seuls ceux qui ne rêvent que plaies et bosses, bouleversements et désordres, se plaignent de la paix, de la stabilité, du calme social.
L'argument est fort. Aux pires moment des drames d'Indochine et d'Algérie, à l'époque des gouvernements à secousses qui défilaient comme les images du kaléidoscope, au temps où la classe ouvrière devait arracher la moindre concession par la menace et la force, il n'y avait pas lieu d'être particulièrement fier de la France. Mais n'y a-t-il vraiment pas d'autre choix qu'entre l'immobilité et la tempête ? Et puis, de toute façon, les bons sentiments ne dissipent pas l'ennui, ils contribueraient plutôt à l'accroître.

Cet état de mélancolie devrait normalement servir l'opposition. Les Français ont souvent montré qu'ils aiment le changement pour le changement, quoi qu'il puisse leur en coûter. Un pouvoir de gauche serait-il plus gai que l'actuel régime ? La tentation sera sans doute de plus en plus grande, au fil des années, d'essayer, simplement pour voir, comme au poker. L'agitation passée, on risque de retrouver la même atmosphère pesante, stérilisante aussi. On ne construit rien sans enthousiasme. Le vrai but de la politique n'est pas d'administrer le moins mal possible le bien commun, de réaliser quelques progrès ou au moins de ne pas les empêcher, d'exprimer en lois et décrets l'évolution inévitable. Au niveau le plus élevé, il est de conduire un peuple, de lui ouvrir des horizons, de susciter des élans, même s'il doit y avoir un peu de bousculade, des réactions imprudentes.

Dans une petite France presque réduite à l'hexagone, qui n'est pas vraiment malheureuse ni vraiment prospère, en paix avec tout le monde, sans grande prise sur les événements mondiaux, l'ardeur et l'imagination sont aussi nécessaires que le bien-être et l'expansion.

Ce n'est certes pas facile. L'impératif vaut d'ailleurs pour l'opposition autant que pour le pouvoir. S'il n'est pas satisfait, l'anesthésie risque de provoquer la consomption. Et à la limite, cela s'est vu, un pays peut aussi périr d'ennui.

PIERRE VIANSSON-PONTE, Le Monde du 15 mars 1968


 

 

par caphi publié dans : [les billets de caphi]
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Vendredi 9 mai 2008
par Serge Hefez

L
’ogre nouveau a surgi des fins fonds de l’Autriche. Il s’appelle Josef Fritzl.
Une photographie dévoilant les yeux verts glacés de serpent, le sourire dominateur et la fine moustache a fait le tour du monde.

Chacun se raconte en frissonnant à sa manière les détails du scénario abominable : viols, incestes, séquestrations, enfants de l’ombre, enfants martyrs, nouveaux-nés abandonnés ou dévorés par les flammes, et puis ce temps qui n’en finit pas de s’écouler, vingt-quatre ans ! Et puis tous les autres, à commencer par une mère, qui ne voient rien, qui n’entendent rien, qui vivent avec sous leurs pieds un univers parallèle dans lequel se déchaînent, en deçà de toute Loi ou de toute morale, les fantasmes les plus abominables…
Comment est-ce possible, comment peut-on, comment a-t-il pu ? Avons-nous basculé à pieds joints dans l’univers de l’impensable, de l’innommable, de l’irreprésentable ?

Et pourtant.
Un roman rencontre aujourd’hui un succès hors du commun. Il s’appelle Millénium et, malgré ses trois volumes et ses deux mille pages, il est en passe de battre tous les records des ventes dans la plupart des pays du monde. Sans vouloir en révéler l’intrigue pour les quelques lecteurs qui auraient encore échappé à ce raz-de-marée, il conjugue tous les ingrédients du drame d’Amstetten : famille suédoise dominée par un tyran sexuellement déséquilibré, séquestrations dans une cave sous la propriété familiale, viols, incestes, disparitions et tortures en tout genre dans un contexte de passé aux relents nazis.

Et pourtant.
Un autre roman, considérable, Les Bienveillantes, remporte il y a peu tous les prix littéraires. Il dissèque sur huit cents pages l’âme d’un homme qui s’enfonce toujours plus loin dans l’horreur de l’Allemagne hitlérienne, témoin et acteur du vertige de la toute-puissance, de la toute jouissance et de la domination.

Et pourtant.
Un homme, Autrichien lui aussi, a révolutionné le monde, en dévoilant en chaque être humain un monde parallèle peuplé de désirs incestueux, de fantasmes sexuels les plus étranges, de fantasmes d’emprise les plus monstrueux. Les animaux n’ont inventé ni les sex-shops, ni les chambres à gaz. Freud situe les fondements mythologiques de l’humanité dans la «horde primitive» placée sous le pouvoir du Père tyrannique tout puissant qui possède toutes les femmes du clan, à commencer par ses propres filles. La civilisation advient lorsque les fils se révoltent et assassinent le père incestueux. Il dévoile à travers ce mythe les fantasmes masculins les plus archaïques (et les femmes hébergent comme les hommes des fantasmes masculins, mais souvent dans une moindre mesure…)

Alors bien sûr, il y a sur terre des ogres, des fous et des bourreaux, et d’autres pour qui la compassion, le souci d’autrui ou le respect ont un sens.
Fritzl est un monstre qui mérite l’enfermement à vie et fait même envisager à certains la réhabilitation de la peine de mort. Le qualifier de fou, le reléguer dans un univers parallèle, le faire disparaître ne suffirait cependant pas à effacer cette abomination.
La passion Millénium a du sens. À travers celui qui a franchi toutes les barrières, c’est notre humanité que nous ne finissons pas d’interroger.
L’univers clos de la cave d’Amstetten nous fascine car il est à la mesure de cet inconscient qui se déchaîne. Il nous terrorise par ce qu’il dévoile. Il remplit d’horreur car l’humanité consiste à lutter contre la barbarie, pas seulement contre l’autre, mais aussi à l’intérieur de nous. Et cette lutte-là est quotidienne…

• Serge Hefez •

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par caphi publié dans : [sciences et conscience]
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Vendredi 9 mai 2008
par Christian Salmon, écrivain

Après les doutes distillés par les conseillers d'Hillary Clinton sur l'expertise du candidat Obama en matière économique, sa capacité à affronter des crises sur le plan international, sa volonté de dépasser les clivages raciaux, et jusqu'à l'authenticité de ses discours sur le changement, taxés par Hillary Clinton de plagiat, la querelle byzantine sur le sexe des anges vient de connaître une surprenante actualisation. Non que les anges aient fait leur apparition en Indiana ou en Caroline du Nord.

Le dernier sujet de polémique lancé par le clan Clinton, c'est le sexe d'Obama ! L'ange Obama a-t-il un sexe ? Obamâle est-il plus ou moins "couillu" qu'Hillary, "une femme, nous disent ses plus fervents supporteurs, qui en a". Malgré sa vulgarité apparente l'affaire mérite toute notre attention. "Si elle lui donnait l'une de ses couilles, ils en auraient chacun deux", n'a pas craint d'affirmer à Newsweek James Carville, le célèbre stratège de la campagne de Bill Clinton en 1994. Si elle trahit un certain désarroi, l'attaque n'est pas aussi extravagante qu'il y paraît.

Dans l'Amérique de Bush, habituée aux postures martiales, l'élection se jouera peut-être sur "l'habitus" du candidat. Sera-t-il un guerrier ou un négociateur ? Un rêveur ou un macho ? Dans un meeting où était présente la sénatrice de New York, un dirigeant syndical a souligné sa "fortitude testiculaire", et un éditorialiste du New York Post est allé jusqu'à la déclarer victorieuse dans "la primaire des couilles". Une forme de compétition que même Lewis Carroll, auteur pourtant d'une mémorable "course au caucus", assez absurde en son genre, n'avait pas imaginé : "le caucus des couilles". "Qui est le moins macho des deux ?", se demande l'éditorialiste du New York Times Maureen Dowd. Et, dans The Guardian, Nicolaus Mills qualifie les deux primaires qui viennent de se dérouler en Indiana et Caroline du Nord de "primaires de testostérone".
Mike Easley, le gouverneur de Caroline du Nord - Etat nettement remporté par Barack Obama cette semaine -, a justifié son soutien à Hillary Clinton en la comparant à Rocky Balboa, le personnage de boxeur interprété par Sylvester Stallone : "Extrêmement tenace et dur au mal, il est célèbre pour combattre avec son coeur."

On sait que "sexe" et "genre" sont deux choses différentes. "Féminité" et "virilité", plutôt que des "caractères biologiques" propres au sexe, sont "des marqueurs" construits socialement. Mais on n'a peut-être pas assez souligné à quel point ces caractères sont devenus mobiles, nomades dans la vie politique et les campagnes électorales à l'ère de ce que Judith Butler a appelé "la politique du performatif" (Le Pouvoir des mots, éd. Amsterdam, 2004).

Comme le joueur de Second Life, l'homme politique doit créer son "avatar", lui attribuer un rôle, un look, une idéologie. Autant de rituels sociaux que le "performeur" politique, s'il veut avoir une chance d'être élu, doit accomplir. Devenir "la marque qui porte son nom", se comporter comme s'il était de "gauche" ou de "droite", "homme" ou "femme".

Les campagnes électorales sont devenues des "festivals de narration" au cours desquels s'affrontent des personnages plutôt que des idéologies et où l'élection sanctionne les performances d'un acteur-candidat, sa capacité à capter l'attention et à susciter l'émotion plutôt que ses compétences.

C'est plus difficile une fois au pouvoir. Car ce n'est pas l'élection qui fait le président, mais la performance. Il faut "faire" président. Se produire comme un président-avatar. "Regardez, ne cesse de dire Nicolas Sarkozy, comme je suis devenu différent. Comme je suis devenu sobre, discret, en un mot présidentiel."

Mais la performativité ne s'acquiert pas auprès de la reine d'Angleterre, peut-être à Washington mais à "K street", la rue des agences de communication politique et de lobbying. C'est une question de "régie" plutôt que de règne.

Dans les campagnes performatives modernes, les marqueurs idéologiques, culturels, raciaux ou sexuels sont devenus interchangeables. Ils se déplacent au gré des performances de ceux qui les choisissent. Lors de la présidentielle en France, chaque camp a emprunté à l'autre des éléments de sa mythologie. La droite a pris Jaurès, la valeur travail, le changement... La gauche, la nation, l'ordre, la sécurité...

Aux Etats-Unis, on a pu constater entre les deux candidats démocrates une certaine inversion des "pôles" sexuels. La candidate jouant sur les signes de la virilité, voire du machisme : l'expertise, la compétence, l'expérience, l'endurance, la rationalité. Le candidat produisant des signes plutôt associés au pôle "féminin" : le charisme voire le charme, la capacité à séduire, les valeurs du dialogue et du compromis plutôt que celles de l'affrontement, la promesse d'un changement plutôt que les acquis de l'expérience, l'espérance plutôt que l'expertise, l'élégance plutôt que l'endurance et, comme le lui a reproché Hillary, le lyrisme des campagnes plutôt que la prose du bon gouvernement.

Les primaires démocrates évoquent à bien des égards la fable de Schéhérazade, avec Obama dans le rôle de l'épouse qui repousse l'échéance d'une nuit à l'autre en racontant des histoires, et Hillary dans celui du roi pressé d'en finir.

Obama, "la conteuse", va-t-elle triompher de la résolution de King Clinton ? C'est ce que nous verrons au prochain épisode.

Article paru dans l'édition du Monde du 10.05.08.
par caphi publié dans : [FOCUS]
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Jeudi 8 mai 2008

Anciens visuels de la Fête de l’Internet. CC xtof

source : ecrans.fr

Moins connue que celle du cinéma, carrément confidentielle par rapport à celle de la musique : la Fête de l’Internet reste encore plutôt méconnue du grand public. C’est pourtant la dixième édition de ce rendez-vous qui aura lieu du 13 au 18 mai prochain un peu partout en France.

Carte des évènements proposés

Organisé par l’association la Voix du Net, l’évènement se veut être un « moment où l’on consulte et télécharge sans complexe dans le respects des droits choisis par les auteurs », dixit le philosophe Edgar Morin, président de l’association. Les organisateurs ont donc lancé un appel au partage de créations qui seront mises en ligne sur des plateformes partenaires, parmi lesquelles Dailymotion.

Au moment où l’action —d’aucuns parleraient d’inaction— du Ministère de la Culture fait débat, et où la future loi Olivennes exaspère le Web, cette opération sera le support d’une discussion prometteuse. Le 17 mai, journée mondiale de la société de l’information, le Sénat accueillera un débat intitulé « vers un nouvel écosystème de l’économie de la culture ». Ledit débat sera par ailleurs retransmis par la Voix du net sur Second Life.

En attendant ces échanges, il est encore temps de proposer ses talents à l’association. Pour Edgar Morin, « ces dons pour la collectivité seront à l’honneur et nourriront le débat ».

par Alexandre Hervaud, 8 mai 2008

La fête du cinema c'est trois jours à des prix sacrifiés,

La  fête de l'internet c'est  aussi un moment où l'on consulte et télécharge sans complexe dans le respects des droits choisis par les auteurs. Ces dons pour la collectivité seront à l'honneur et nourriront le débat : vers un nouvel écosystème de l'économie de la culture et de l'accès aux connaissance



Historique :

Les quatre premières années étaient essentiellement et naturellement  tournées vers l'apprentissage, l'appropriation de ce nouveau médium suscitant tous les rêves et toutes les peurs, les cinq autres  évolueront vers  ce que l'on nomme aujourd'hui le web 2.0 ou le web participatif, l'ampleur du phénoméne du blog, des médias citoyens et des débats que cela provoquaient.

 Aujourd'hui  Dixième anniversaire  et journée mondiale de la société de l'information le 17 mai  présidé par Edgar Morin

 la fête amorce  un grand virage et sera rythmée par des temps forts sollicitant la participation de tous.

1 - L'appel "Ensemble, Échangeons le monde" grand moment de générosité et de partage, où tour à tour les auteurs et internautes viendront nourrir et se nourrir de la diversite des expressions créatives  qui nous relie dans notre humanité. Edgar Morin montre l'exemple et sollicite l'ensemble de ses connaissances et relations à déposer une "oeuvre"quelle qu'elle soit   aux "biens communs" à l'occasion de  la Fête de l'internet vouée au partage.

2 - Des  débats de fond sur  ce 6ème continent en consultation publique en ligne. 
Premier rendez-vous participatif Le 17 mai retransmis sur second life


Au Sénat  15 ter rue de Vaugirard paris 06

     de 10h à 12h   * Vers un nouvel écosystème de l'économie de la culture en prenant  la mesure de pratiques culturelles numériques - fondées
           sur l 'échange, le partage, l'exploration, le remix et la participation du public , dans le respect des droits choisis  par les auteurs
      
    de 14h à 16h   * Les enjeux de l'identité numérique  :
          Un regard éthique à l'heure de la monétisation de l'information sociale et de la sur-exposition numérique.

   

A la péniche Opéra
Face au 46, quai de Loire, Paris 19e

  de 17 à 19h  * Éco- citoyenneté et internet
         Un lieu d'expérimentations pour développer sa citoyenneté, où chacun à la possibilité de partager, confronter ses idées, interroger celles des autres. La démocratie plus verte passe par internet


de 15h à 17h pour les petits  animations sur les quais devant la péniche avec le village des associations
       

- Et biensûr des manifestations sur les territoires à la découverte des nouveaux modes expressions de la toile (portes ouvertes, conférences,animations, ateliers) que   vous pouvez retrouver par la carte des événements ou le moteur de recherche .

Clôture nationale à la péniche du cinéma pour paris avec web2Child

Si vous désirez être présent au Sénat et/ou à la clôture contact : valerie-eve@lavoixdunet.org Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

 

Si vous désirez aussi participer aux débats consultatifs sur les thèmes développés dans le communiqué ci-dessous trois options :1. participer en consultation publique en ligne vous pouvez vous inscrire ,  2. venir au Sénat 15 ter rue de Vaugirard paris 6 (nous le préciser par mail) ou 3. en   téléchargeant secondlife et venir ensuite sur l'agora dédié sur en vous téléportant à l'adresse suivante sur second life http://slurl.com/secondlife/Salon%20Virtuel/65/114/28


--
Valérie-Ève Moreau
La Voix Du Net
40 rue des Blancs Manteaux
75004 Paris
eve.moreau@lavoixdunet.info Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
33 (0) 6 50 21 39 74
fete-internet.fr


par caphi publié dans : [rendez-vous]
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Mardi 6 mai 2008
 
http://blogreporter.typepad.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/05/05/david_lynch_paris_blogreporter_117.jpg
David Lynch par Hugo Mayer, LE BLOGREPORTER 
 
Bon reportage, Hugo !
 
Les papys à la fête !
 
Je serais venue si je n'avais pas choisi d'aller voir, au Cinéma Publicis (Champs-Elysées), le film très efficace - genre "Rosemary's Baby" - de George Ratliff "JOSHUA" et de rencontrer auparavant, au cinéma Le Balzac, le philosophe et académicien Michel Serres à l'occasion d'une projection-débat du "Festin de Babette" (1987) en présence de son réalisateur oscarisé Gabriel Axel (90 ans !).
 
Et tout ça après le vernissage de l'expo intéressante - "LA BANDE SON de MAI 68" * à la Mairie du XVIIIe (non loin pourtant du Divan du Monde !) - en présence de personnalités dont Lionel Jospin qui refusait toutefois tout interview : "Je suis juste venu pour embrasser mes amis" m'a t-il déclaré en tendant la joue à Annick Lepetit, élue socialiste du 17e arrondissement battue de peu par Françoise De Panafieu aux dernières municipales...
L'ancien Premier Ministre Lionel Jospin au téléphone entre deux portes - photo caphi
 
Au cocktail (pas Molotoff !), on y proposait des brochettes de poulets arrosées au Champagne ou au cidre naturel. Ce qui m'a fait dire à Daniel Vaillant, le maire du 18e et ancien Ministre de l'Intérieur : "En 68, les étudiants étaient coursés par les "poulets". En 2008, leurs descendants courent après le poulet en brochette !".
Il y a manifestement une évolution...
 
caphi
 
* Le parcours ludique de "LA BANDE SON DE MAI 68" reconstitue l’appartement d’une famille du 18e arrondissement, pour redécouvrir une époque, à travers un « panier à salade », des panneaux, des vitrines, un coin archives télé (images d’actualité et aussi les Shadoks !) mais aussi à travers leurs chansons préférées, au moyen d’un des arts les plus vivants et les plus représentatifs de ce qu’elle est : ses chansons.

Une partie de l'expo - l'appartement-témoin - dans le hall de la Mairie du 18e ardt de Paris - photos caphi
 
> LA BANDE SON DE MAI 68, Mairie du XVIIIe -
métro Jules Joffrin - Jusqu'au 6 juin 2008 - ENTREE LIBRE 
 
> en kiosque
Mai 68, de l’autre côté des barricades. C’est ce que propose un numéro spécial de "Liaisons", magazine pour les personnels de la préfecture de police, à découvrir exceptionnellement en librairie. Au sommaire, des témoignages de gardiens de la paix ainsi que des photos d’archives qui devaient "enrichir les rapports destinés au préfet de police".
        
par caphi publié dans : [chroniques]
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Lundi 5 mai 2008
L'ILLUSIONNISTE>

Le Vrai Sarkozy
envoyé par reso69

Au moment où Sarkozy fête sa première année à la tête de l'Etat, il est bon de rappeler - à travers cette vidéo de 10 minutes - ce que nous préparait le candidat à LA PLUS HAUTE FONCTION un an AVANT son élection.

Depuis, malgré des réformes "audacieuses" et une Assemblée Nationale remplie de "gaudillos", ses affaires" (économiques, sociales et autres) ne se sont pourtant pas améliorées
Ceux qui ont voté pour Sarkozy en 2007 - cette "majorité silencieuse" - dont beaucoup de retraités et de jeunes "paumées" (lire les sondage qualitatifs de mai 2007 ! ) - s'en mordent aujourd'hui les doigts

Voici donc, comme le surnomme François Bayrou, "l'enfant barbare" qui a réussi à diviser le France et la rendre encore plus ingouvernable.
Et encore... L'avenir est bien plus incertain... si d'autres voix ne se font pas attendre/entendre (assez)rapidement.

Bonne lecture et bonne réflexion !
Caphi

Lire aussi cet article dans Le Monde" :


Nicolas Sarkozy, l'impossible président

Forcément, il sera comparé et il ne le supporte pas : à Giscard pour son goût du luxe, à Chirac pour son penchant pour le compromis, à Mitterrand pour sa manière de jouer avec les ambitions des uns et des autres. Il aurait bien aimé les faire oublier, ces prédécesseurs encombrants dont il voulait se démarquer. "Je ne serai pas un président-arbitre qui marche sur les eaux", avait-il prévenu. Une vision? Peut-être, mais aussi tant de mépris pour ceux qui avait occupé la fonction avant lui. Promis : il ne leur devrait rien. Un ami : "Il a le génie du présent et aucune idée du passé."

"PRÉSIDENT, C'EST LOURD"

Cet adjectif, ils sont nombreux à l'avoir entendu. "Président, c'est lourd, dit-t-il, plus lourd que ministre de l'intérieur." En ce mois de mai 2007, Nicolas Sarkozy découvre les ors et le poids de sa fonction. Il répète "c'est lourd" à propos de tout : le choix de ses ministres, la relance européenne, les premières réformes. Une manière de se convaincre qu'il a définitivement changé de registre. Candidat, tout le monde peut l'être, mais président… "Le matin, à mon réveil, je pense aux Français qui ont voté pour moi", dit-il, mais on entend comme une réminiscence de son célèbre "Je pense à la présidentielle, et pas seulement quand je me rase".

Mais ce qui a marché une fois ne peut-il pas réussir encore? Son volontarisme a séduit 53% des Français, il pourra bien résister tout un mandat, pense-t-il. C'est "lourd", oui, mais pas impossible. D'ailleurs, les premiers mois du sarkozysme sont une success story. Impuissante, la gauche, mal remise de son échec, assiste à la signature du "traité simplifié" sur l'Union européenne arrachée au bout de la nuit aux Polonais, à la libération des infirmières bulgares enlevées à leurs geôliers libyens. Quand ce n'est pas Nicolas qui triomphe à Bruxelles, c'est Cécilia qui revient en héroïne de Tripoli. Dans la majorité, on entend bien quelques pisse-froid. La réforme des universités? "Pas assez radicale." Le service minimum? "Trop mou." La loi sur le pouvoir d'achat? "Trop chère." Mais pas de quoi gâcher la fête.

"LES FRANÇAIS NE M'EN VOUDRONT JAMAIS D'ESSAYER"

Il en est sûr, il a trouvé son style. Impudique, certes, fenêtres ouvertes sur ses souffrances et foucades, mais irrésistible, croit-il. Dans les sondages, sa cote de confiance a résisté à ses vacances américaines, payée par un couple d'amis, dans une somptueuse villa de la Côte est. Sarkozy au pays de John Updike, étonnant mais ça marche! Bien sûr, son épouse, Cécilia, a boudé le dîner chez les Bush, mais il aborde septembre avec 60% d'opinions positives. Il augmente son salaire de 172%, mais se croit infaillible. Il passe sans encombre ou presque la réforme des régimes spéciaux de retraite qui avait fait trébucher Alain Juppé dix ans plus tôt. "Je suis prêt à prendre le risque de l'impopularité", avait-il glissé. Mais un soir de visite officielle à Washington, effondré dans le fauteuil de cuir d'un grand hôtel, il lâche : "Je suis un gros populaire."

La conjoncture économique se dégrade. Fort de ses bons résultats sur le front du chômage, le "président du pouvoir d'achat" continue d'arpenter les usines, haranguant les ouvriers sur une estrade dressée au milieu des courants d'air. Il ne leur offre que sa parole, la promesse d'heures supplémentaires mirobolantes et de réformes menées tambour battant. On le met en garde. "N'est-ce pas trop?" On l'enjoint à regarder ce que faisaient ses prédécesseurs, une réforme après l'autre. Il tourne les talons. Quand on doute devant lui des résultats de cette politique, il lâche : "Les Français ne m'en voudront jamais d'avoir essayé."

"QUELLES FRASQUES ?"

Automne-hiver : Sarkozy passe de mode. Pourtant, il n'a rien changé : hâbleur, toujours convaincu des bienfaits de sa politique. Mais ce qui avait séduit chez le candidat rebute soudain les Français. Son divorce d'avec Cécilia navre, paraît-il, l'électorat conservateur de droite. Ses Ray-Ban Aviator insupportent les bobos de gauche qui, d'une expression – "bling-bling" –, dénoncent un snobisme qui n'est pas le leur. La tente du colonel Khadafi plantée sur la pelouse de l'hôtel de Marigny achève de ruiner son image. Est-ce là la "diplomatie des droits de l'homme" qu'il avait promise? Le rapport Attali et ses 300 propositions brouille l'idée même de la réforme. Les élections municipales à Neuilly-sur-Seine virent au psychodrame. Le roi de France incapable de mettre de l'ordre dans son ancien duché? La droite s'inquiète, la gauche s'amuse.

Parce qu'il croit transgresser, il provoque. Son divorce à peine annoncé, au mois d'octobre, il présente aux Français sa nouvelle compagne, Carla Bruni, dans le décor de carton-pâte de Disneyland à Marne-la-Vallée. L'hiver est triste, le moral des Français en berne, il s'envole pour les pyramides d'Egypte. Le coucher de soleil jette des reflets d'or dans les cheveux de Carla. Ils s'envolent pour Pétra, en Jordanie, une meute de photographes à leurs trousses. Juché sur les épaules du président, le fils de Carla Bruni masque son visage de ses mains d'enfant. Il se marie en février dans le salon vert où il réunit tous les mercredis l'aréopage de l'UMP. Il découvre le bonheur : "Maintenant, je n'ai plus besoin de dormir", confie-t-il, émerveillé, à son ami Brice Hortefeux. Il montre les SMS de sa nouvelle compagne à ses amis, s'enthousiasme de son "intelligence". Il revit, les Français dépriment. Les sondages sont en chute libre : moins vingt points en quelques semaines… "Il a déserté psychologiquement l'Elysée", se souvient un proche. On l'alerte, lui demande de "cesser ses frasques". Lui, pincé : "Quelles frasques?" François Bayrou lui a trouvé un surnom : "L'enfant barbare."

"IL N'Y AURA PLUS JAMAIS PÉTRA"

Sarkozy ne veut rien céder, persuadé qu'il gagnera le bras de fer engagé avec l'opinion. Mais il a trop d'expérience de la politique pour ne pas donner des gages. Le Sarkozy première manière disparaît des écrans. Ses conseillers ont diminué ses apparitions médiatiques selon les règles du sevrage. Les Français ont trop vu ses lunettes, ses montres et ses cuisses nues dans un short de jogging. Les sondages le disent; ils veulent voir un président plein de pompe et de sacré. Il réapparaît le temps d'un voyage à Londres en habit et ruban rouge sur son plastron blanc. Carla Bruni-Sarkozy, aguerrie par vingt ans de podiums, défile sans faute devant la cour. "Il n'y aura plus jamais Pétra", glisse un conseiller. Voilà pour l'image perçue.

Mais dans la "soute" de l'Elysée, rien ne change vraiment. C'est le président qui dirige son parti, acquiesce aux nominations, joue les uns contre les autres. Recadre les conseillers trop bavards. L'un d'eux : "La tendresse n'est pas son fort." Recherchant la magie de sa campagne victorieuse, il a fait revenir un à un, autour de lui, les conseillers désavoués par Cécilia.