"Caramel", comédie libanaise douce-amère attachante

Publié le par caphi

Décidément la cuisine cinématographique de l'été réserve de bonnes surprises dans ses marmites !
 
Après "Ratatouille" dont je vous ai dit tout le bien dans une chronique précédente et qui s'annonce comme un grand succès public, voici "Caramel", la nouvelle comédie libanaise de Nadine Labaki (en salles françaises depuis ce 15 août 2007) qui ne vous laissera pas indifférent.
 
"Ce caramel est l'instrument d'une nécessaire souffrance, il sert de produit dépilatoire dans un salon de beauté" de Beyrouth où se côtoient cinq femmes qui aiment, sont aimées, prêtes à marier ou quittées. 
Partage de confidences dans ce pays où "la tradition est omniprésente, préjugés chrétiens ou préceptes de l'islam se rejoignent pour les maintenir dans la servitude. Tout le film est propulsé par cette contradiction entre la douceur des moments et la douleur de la vie, déclinée cinq fois en autant de destins de femmes. Jayale (jouée par la jeune co-scénariste et réalisatrice), femme libre, de confession chrétienne, patronne de sa propre affaire, habite quand même chez ses parents et vit dans la soumission une liaison sans issue avec un homme marié ; son employée, Nisrine, musulmane, est fiancée à un garçon qu'elle aime, mais elle n'est plus vierge ; Rima, la shampouineuse ne peut vivre son homosexualité ; Jamale, cliente quinquagénaire, tente de relancer sa carrière d'actrice après son divorce ; Rose, la voisine couturière, a dix ans de plus et a passé sa vie à s'occuper d'une soeur aînée qu'une mystérieuse histoire d'amour a laissée folle."
 
"Le scénario dose avec un peu trop d'habileté séquences comiques et tragiques, moments de désespoir solitaire et explosions de joie conviviales. Ces péchés restent véniels au regard de l'élégance sensuelle de la mise en scène. Servi par une belle lumière (Yves Sehnaoui), qui célèbre aussi bien la beauté des actrices qu'elle prend en compte la misère qui menace partout la splendeur beyroutine, bercé par une musique élégamment sentimentale (de Khaled Mouzanar), Caramel trouve un rythme singulier qui mêle intimement la vivacité à la pesanteur du temps qui passe." [Thomas Sotinel, Le Monde]
 
"C’est drôle, émouvant, et ça parle de toutes les contradictions du Liban, pays qui, au Moyen-Orient, semble un exemple d’émancipation pour les femmes. « C’est une façade, explique la réalisatrice. En réalité, nous vivons dans la plus totale culpabilité, déchirées entre un système traditionnel oriental et le modernisme occidental. Jeunes ou âgées, toutes les Libanaises subissent le poids de la famille, la hantise du regard des autres. »" [Elle]
 
Cette comédie douce-amère attachante, ce "Vénus beauté (Institut)" oriental mérite qu'on s'y installe. Pour le plaisir et la réflexion.
 
caphi
 
"Caramel" de Nadine Labaki. Film libanais avec Nadine Labaki, Yasmine Al-Masri, Joanna Moukarzel, Gisèle Aouad, Siham Haddad. (1 h 36.) 

BONS PLANS
| Trois euros la séance pendant trois jours.
La Mairie de Paris, en collaboration avec la Fédération Nationale des Cinémas Français, renouvelle l’opération 3 jours 3 € les 19, 20 et 21 août. Cette manifestation s’adresse à tous les publics et concerne toutes les salles de la capitale. Chacun pourra se rendre dans l’ensemble des 376 salles parisiennes, pour 3 € la place, à toutes les séances. [Paris.fr]

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