[chronique] Bon anniversaire ?

Publié le par caphi

L'ILLUSIONNISTE>

Le Vrai Sarkozy
envoyé par reso69

Au moment où Sarkozy fête sa première année à la tête de l'Etat, il est bon de rappeler - à travers cette vidéo de 10 minutes - ce que nous préparait le candidat à LA PLUS HAUTE FONCTION un an AVANT son élection.

Depuis, malgré des réformes "audacieuses" et une Assemblée Nationale remplie de "gaudillos", ses affaires" (économiques, sociales et autres) ne se sont pourtant pas améliorées
Ceux qui ont voté pour Sarkozy en 2007 - cette "majorité silencieuse" - dont beaucoup de retraités et de jeunes "paumées" (lire les sondage qualitatifs de mai 2007 ! ) - s'en mordent aujourd'hui les doigts

Voici donc, comme le surnomme François Bayrou, "l'enfant barbare" qui a réussi à diviser le France et la rendre encore plus ingouvernable.
Et encore... L'avenir est bien plus incertain... si d'autres voix ne se font pas attendre/entendre (assez)rapidement.

Bonne lecture et bonne réflexion !
Caphi

Lire aussi cet article dans Le Monde" :


Nicolas Sarkozy, l'impossible président

Forcément, il sera comparé et il ne le supporte pas : à Giscard pour son goût du luxe, à Chirac pour son penchant pour le compromis, à Mitterrand pour sa manière de jouer avec les ambitions des uns et des autres. Il aurait bien aimé les faire oublier, ces prédécesseurs encombrants dont il voulait se démarquer. "Je ne serai pas un président-arbitre qui marche sur les eaux", avait-il prévenu. Une vision? Peut-être, mais aussi tant de mépris pour ceux qui avait occupé la fonction avant lui. Promis : il ne leur devrait rien. Un ami : "Il a le génie du présent et aucune idée du passé."

"PRÉSIDENT, C'EST LOURD"

Cet adjectif, ils sont nombreux à l'avoir entendu. "Président, c'est lourd, dit-t-il, plus lourd que ministre de l'intérieur." En ce mois de mai 2007, Nicolas Sarkozy découvre les ors et le poids de sa fonction. Il répète "c'est lourd" à propos de tout : le choix de ses ministres, la relance européenne, les premières réformes. Une manière de se convaincre qu'il a définitivement changé de registre. Candidat, tout le monde peut l'être, mais président… "Le matin, à mon réveil, je pense aux Français qui ont voté pour moi", dit-il, mais on entend comme une réminiscence de son célèbre "Je pense à la présidentielle, et pas seulement quand je me rase".

Mais ce qui a marché une fois ne peut-il pas réussir encore? Son volontarisme a séduit 53% des Français, il pourra bien résister tout un mandat, pense-t-il. C'est "lourd", oui, mais pas impossible. D'ailleurs, les premiers mois du sarkozysme sont une success story. Impuissante, la gauche, mal remise de son échec, assiste à la signature du "traité simplifié" sur l'Union européenne arrachée au bout de la nuit aux Polonais, à la libération des infirmières bulgares enlevées à leurs geôliers libyens. Quand ce n'est pas Nicolas qui triomphe à Bruxelles, c'est Cécilia qui revient en héroïne de Tripoli. Dans la majorité, on entend bien quelques pisse-froid. La réforme des universités? "Pas assez radicale." Le service minimum? "Trop mou." La loi sur le pouvoir d'achat? "Trop chère." Mais pas de quoi gâcher la fête.

"LES FRANÇAIS NE M'EN VOUDRONT JAMAIS D'ESSAYER"

Il en est sûr, il a trouvé son style. Impudique, certes, fenêtres ouvertes sur ses souffrances et foucades, mais irrésistible, croit-il. Dans les sondages, sa cote de confiance a résisté à ses vacances américaines, payée par un couple d'amis, dans une somptueuse villa de la Côte est. Sarkozy au pays de John Updike, étonnant mais ça marche! Bien sûr, son épouse, Cécilia, a boudé le dîner chez les Bush, mais il aborde septembre avec 60% d'opinions positives. Il augmente son salaire de 172%, mais se croit infaillible. Il passe sans encombre ou presque la réforme des régimes spéciaux de retraite qui avait fait trébucher Alain Juppé dix ans plus tôt. "Je suis prêt à prendre le risque de l'impopularité", avait-il glissé. Mais un soir de visite officielle à Washington, effondré dans le fauteuil de cuir d'un grand hôtel, il lâche : "Je suis un gros populaire."

La conjoncture économique se dégrade. Fort de ses bons résultats sur le front du chômage, le "président du pouvoir d'achat" continue d'arpenter les usines, haranguant les ouvriers sur une estrade dressée au milieu des courants d'air. Il ne leur offre que sa parole, la promesse d'heures supplémentaires mirobolantes et de réformes menées tambour battant. On le met en garde. "N'est-ce pas trop?" On l'enjoint à regarder ce que faisaient ses prédécesseurs, une réforme après l'autre. Il tourne les talons. Quand on doute devant lui des résultats de cette politique, il lâche : "Les Français ne m'en voudront jamais d'avoir essayé."

"QUELLES FRASQUES ?"

Automne-hiver : Sarkozy passe de mode. Pourtant, il n'a rien changé : hâbleur, toujours convaincu des bienfaits de sa politique. Mais ce qui avait séduit chez le candidat rebute soudain les Français. Son divorce d'avec Cécilia navre, paraît-il, l'électorat conservateur de droite. Ses Ray-Ban Aviator insupportent les bobos de gauche qui, d'une expression – "bling-bling" –, dénoncent un snobisme qui n'est pas le leur. La tente du colonel Khadafi plantée sur la pelouse de l'hôtel de Marigny achève de ruiner son image. Est-ce là la "diplomatie des droits de l'homme" qu'il avait promise? Le rapport Attali et ses 300 propositions brouille l'idée même de la réforme. Les élections municipales à Neuilly-sur-Seine virent au psychodrame. Le roi de France incapable de mettre de l'ordre dans son ancien duché? La droite s'inquiète, la gauche s'amuse.

Parce qu'il croit transgresser, il provoque. Son divorce à peine annoncé, au mois d'octobre, il présente aux Français sa nouvelle compagne, Carla Bruni, dans le décor de carton-pâte de Disneyland à Marne-la-Vallée. L'hiver est triste, le moral des Français en berne, il s'envole pour les pyramides d'Egypte. Le coucher de soleil jette des reflets d'or dans les cheveux de Carla. Ils s'envolent pour Pétra, en Jordanie, une meute de photographes à leurs trousses. Juché sur les épaules du président, le fils de Carla Bruni masque son visage de ses mains d'enfant. Il se marie en février dans le salon vert où il réunit tous les mercredis l'aréopage de l'UMP. Il découvre le bonheur : "Maintenant, je n'ai plus besoin de dormir", confie-t-il, émerveillé, à son ami Brice Hortefeux. Il montre les SMS de sa nouvelle compagne à ses amis, s'enthousiasme de son "intelligence". Il revit, les Français dépriment. Les sondages sont en chute libre : moins vingt points en quelques semaines… "Il a déserté psychologiquement l'Elysée", se souvient un proche. On l'alerte, lui demande de "cesser ses frasques". Lui, pincé : "Quelles frasques?" François Bayrou lui a trouvé un surnom : "L'enfant barbare."

"IL N'Y AURA PLUS JAMAIS PÉTRA"

Sarkozy ne veut rien céder, persuadé qu'il gagnera le bras de fer engagé avec l'opinion. Mais il a trop d'expérience de la politique pour ne pas donner des gages. Le Sarkozy première manière disparaît des écrans. Ses conseillers ont diminué ses apparitions médiatiques selon les règles du sevrage. Les Français ont trop vu ses lunettes, ses montres et ses cuisses nues dans un short de jogging. Les sondages le disent; ils veulent voir un président plein de pompe et de sacré. Il réapparaît le temps d'un voyage à Londres en habit et ruban rouge sur son plastron blanc. Carla Bruni-Sarkozy, aguerrie par vingt ans de podiums, défile sans faute devant la cour. "Il n'y aura plus jamais Pétra", glisse un conseiller. Voilà pour l'image perçue.

Mais dans la "soute" de l'Elysée, rien ne change vraiment. C'est le président qui dirige son parti, acquiesce aux nominations, joue les uns contre les autres. Recadre les conseillers trop bavards. L'un d'eux : "La tendresse n'est pas son fort." Recherchant la magie de sa campagne victorieuse, il a fait revenir un à un, autour de lui, les conseillers désavoués par Cécilia. Aux unes de Voici et de Point de vue, l'Elysée privilégie les grands titres. Interview de Carla Bruni-Sarkozy dans L'Express, suivie d'une tribune dans Le Monde. Au départ, elle avait choisi Libération. Pierre Charon, un des plus anciens conseillers de son mari, lui a fait remarquer : "Carla Bruni écrit dans Libération. Carla Bruni-Sarkozy écrit dans Le Monde." Bonne élève, elle a obtempéré.

"JE VEUX FAIRE DU POGNON"

L'opération "Sarkozy a changé" est sur les rails. Pour l'heure, les sondages, eux, ne bougent pas. Les municipales, le premier test électoral de son mandat, ont été une catastrophe. Le président reste encalminé dans la zone des 40% de bonnes opinions. Une misère. Ne sachant se remettre en question, il tempête contre son premier ministre, François Fillon, soupçonné de gérer sa popularité en petit rentier quand il a joué la sienne en flambeur. Son gouvernement, dont il était si fier, se révèle souvent inexpérimenté. "La prochaine fois, je les vire", menace-t-il à chaque "couac", sans que cela soit suivi d'effet. Une petite musique monte dans les rangs de la majorité excédée : "Sarkozy est un faux dur." Parfois, il aurait presque envie de tout planter là. Il rêve de ne faire qu'un seul mandat, de réformer la France et de partir. "Je ne ferai qu'un seul mandat", glisse-t-il à ses visiteurs qui n'en croient pas un mot. "Je veux faire du pognon", insiste-t-il en tâtant la poche poitrine de sa veste. Le retour du naturel? Pourtant, il a fait ce qu'on lui demandait. Il a "fait" président. S'est montré discret, a remisé ses gros chronographes Breitling au placard. A la place, il porte une Patek Philippe. Une montre suisse discrète comme le sont les vraies grosses fortunes des bords du Léman. Parfois, il la fait circuler entre ses invités qui partagent sa table de déjeuner, entre deux conversations sur les réformes et la politique étrangère. "Elle vaut quatre fois plus cher que l'autre!", s'amuse-t-il. Puis il reprend sa conversation en s'efforçant de ne pas interrompre ses hôtes comme il le faisait avant. Devant eux, il joue les fiers à bras, dit qu'il n'a dû renoncer à aucune réforme, au contraire de Giscard, de Mitterrand et de Chirac, ces modèles dont on voudrait qu'ils l'inspirent. Dédaigneux, il rappelle leurs échecs. Et, fanfaron, il lâche : "Je ne repeins pas la réalité en rose, mais finalement, gouverner, c'est plus facile que je croyais."

Philippe Ridet

http://www.lemonde.fr/sarkozy-un-an-a-l-elysee/article/2008/05/05/nicolas-sarkozy-l-impossible-president_1041212_1036775.html#ens_id=998385


Aujourd'hui, dans la France Sarkozienne... (humour)

Un An
envoyé par chezwat


Edito du Monde

Désillusions

Le contraste est frappant entre la bonne santé des droites européennes et l'ambiance plus que morose qui domine le premier anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le 6 mai 2007. En Italie, la droite ne s'est pas contentée de gagner les législatives, elle vient de s'emparer de la municipalité de Rome. A Londres, un an avant des législatives menaçantes pour le Labour de Gordon Brown, un conservateur, pourtant réputé fantaisiste, l'a emporté sur le solide maire travailliste. En France, au contraire, les élections municipales de mars ont été ravageuses pour le parti du président.

Ce n'est pas que la gauche ait moins de vague à l'âme ici que chez nos voisins. Au contraire. M. Sarkozy aurait pu célébrer les succès européens de sa famille de pensée, en même temps que l'anniversaire de sa victoire, s'il n'avait suscité durant cette première année de présidence une énorme désillusion.

Les Français ont cru voter pour un politique énergique, qui semblait décidé à faire redémarrer un pays atone, voire bloqué, et qui avait su les convaincre, en particulier les plus modestes d'entre eux, qu'il améliorerait leur situation personnelle. Or, rien n'a fonctionné comme prévu. Arrivé à l'Elysée avec plus d'atouts que la plupart de ses prédécesseurs, le chef de l'Etat les a gâchés avec presque autant d'énergie qu'il avait mis à les obtenir. Hier conquérant et triomphant, le voilà décrié, affaibli, empêtré. Les premières mesures du "paquet fiscal" ont donné le signal désastreux d'une politique qui semblait faite "pour les riches", tout en privant le budget de masses financières précieuses. La conjoncture économique internationale n'a rien arrangé depuis. Au lieu du solide professionnalisme qu'on prêtait au président, amateurisme, bricolages et cafouillages ont dominé l'action de l'exécutif. Sans parler du mélange des genres entre vie privée et fonction présidentielle.

Il reste quatre ans à M. Sarkozy pour réparer les dégâts. Faute de quoi, après le regain d'intérêt, presque de passion, pour la politique qu'a permis l'élection présidentielle, il porterait une lourde responsabilité. Celle d'avoir, une nouvelle fois, creusé le fossé entre le peuple et ses dirigeants.

Publié dans [les billets de caphi]

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article