[reportage] Le "gardien" du pont Charles-de-Gaulle

Publié le par caphi

Une table en bois, une gazinière, un buffet avec des verres bien propres et bien rangés, c'est le "spectacle" quotidien que vous pouvez apercevoir lorsque vous passez sous le Pont Charles-de-Gaulle qui fait la jonction entre la gare de Lyon et celle d'Austerlitz.

André, 65 ans "habite" ici depuis 2 ans avec son ami Jacky, 60 ans.
Tout près, des tentes alignées estampillées "Médecins du monde" qui abritent ses autres compagnons d'infortune.

André travaille. Il fait des extras de cuisinier chez l'habitant ou sur les bateaux luxueux qui l'environnent.

Originaire du Tarn-et-Garonne, précédemment installé à Antibes, l'homme est arrivé ici après des déboires familiaux. Il a tout abandonné sauf ses quelques meubles qui lui a permis de recomposer un appartement à l'air libre.
L'électricité ? Il ne peut que la brancher le soir.

André a choisi de rester : "Je suis bien ici ; c'est mon choix de vie"
Seulement, voilà : il a reçu récemment un avis d'expulsion.
Mais une pétition circule. Même des agents de la Police et de la RATP l'ont signé.

André ne ressemble pas à ces "SDF" emmurés dans leur solitude : il invite régulièrement les passants curieux à faire causette.

Le week-end, un troisième ami vient les rejoindre : "C'est sa résidence secondaire. Ici, c'est toujours la fête ! La porte est ouverte..." ironise André, assis à sa table de cuisine en compagnie d'une invitée - "une cadre de la RATP" - qui vient lui rendre régulièrement visite.


On lui reconnaît même une fonction de gardien pour faire face aux exactions qui peuvent se produire ici.  
André, à sa manière, s'est donc recyclé et est utile. Alors pourquoi le chasser ?

Caphi

Publié dans [reportages]

Commenter cet article