[COUP de COEUR CINE] "Pour un instant la Liberté" d'Arash T. Riahi

Publié le par caphi

A travers le destin de réfugiés iraniens en route pour la liberté, une histoire de la mondialisation. Une réussite du genre.
Caphi

C
e film suit le parcours de familles et d’individus ayant fui l’Iran et bloqués en Turquie dans leur long périple vers l’Europe ; il pose un regard plein d’humour, de sensibilité sur leurs déboires, les violences subies, mais aussi les contradictions qui les traversent dans cette situation sans issue : les rapports hommes / femmes, l’attitude par rapport à la religion...

critiques
"Film désarmant, puissant et parfois dur, Pour un instant la liberté est pour un premier long, une vraie réussite. De celles qui remuent et émeuvent" [dvdrama.com]

Réfugiés

Le calvaire des réfugiés politiques iraniens. Poignant. Au début de l'ère des ayatollahs, des femmes et des hommes fuient leur pays, l'Iran, au péril de leur vie.

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La première scène s'ouvre sur une exécution, la dernière aussi. Nous sommes au début de l'ère des ayatollahs, au pouvoir en Iran depuis trente ans. Des femmes et des hommes fuient leur pays au péril de leur vie. Deux jeunes gens, qui rêvent d'étudier en Europe et de batifoler avec les filles, Ali et Merdad, quittent clandestinement l'Iran, accompagnés de leurs cousins Asy, sept ans et Arman, cinq ans, qu'ils doivent ramener à leurs parents, réfugiés à Vienne. Leur route croise celle d'autres candidats à l'exil : un jeune Kurde d'Irak ; un vieux professeur iranien, un couple et leur enfant. La route est longue : bus, camionnette, marche, cheval et la Turquie, première étape, n'est qu'une porte ouverte sur la liberté.

D'Erzurum, d'Ankara à l'Autriche, il y a un monde peuplé de logeurs indélicats, de bureaucrates obtus, de barbouzes iraniennes officiant sous uniforme turc. « Pour un instant la liberté » n'est pas une autobiographie, mais le réalisateur Arash T. Riahi (trente-sept ans) a débarqué à Vienne à dix ans.

Dérision

Documentariste, il maîtrise cette première fiction en gardant la juste distance entre le témoignage et l'émotion. Lorsque celle-ci est trop forte, il botte en touche vers la dérision. Tantôt il penche du côté du sobre Turc Yilmaz Güney, tantôt vers les rivages du baroque Serbe Emir Kusturica. Comment ne pas sourire lorsque deux personnages faméliques se lancent dans la capture d'un cygne pour se mitonner un ragoût « à la sauce réfugiés » ? « Pour un instant la liberté » a été primé par plusieurs festivals, le dernier en date étant celui du film d'histoire de Pessac. Ce n'est que justice.
EMMANUEL HECHT, Les Echos, 29/01/09



Le film d’Arash T. Rihahi est sorti en salles, en France, depuis le 28 janvier 2009 ; Nous nous y associons car nous pensons qu’il peut contribuer à changer le regard des français sur les migrants, en l’occurrence iraniens (et un kurde) mais la situation est assez universelle, malheureusement (Fin 2007, on estimait à 11,4 millions le nombre de réfugiés dans le monde).
  [resf.info]

> Pour voir la bande annonce, allez sur le site resf.info
 

Synopsis


Ali et Merdad tentent de fuir l’Iran avec leurs cousins Asy, 7 ans, et Arman, 5 ans, dans le but de les ramener à leurs parents qui vivent en Autriche. Mais ils doivent d’abord passer par la Turquie et attendre un hypothétique visa qui tarde à venir. Ils font alors la connaissance d’autres réfugiés iraniens : un couple et leur petit garçon cherchant à prouver aux pouvoirs publics qu’ils sont persécutés pour des motifs politiques ou encore un professeur et un jeune Kurde qui surmontent leurs difficultés quotidiennes grâce à un incroyable sens de l’humour… Des hommes et des femmes qui espèrent de toutes leurs forces entrer en Europe, terre de liberté…

Extrait de l’interview de Arash T Rihahi

À un moment donné, l’un des enfants se demande pourquoi les gens ont besoin de papiers pour retrouver leurs parents. Même si cela est formulé de manière un peu naïve, on peut dire qu’il s’agit de l’un des thèmes-clés du film et d’une question majeure de notre société…
Malheureusement, la bureaucratie est considérée comme la meilleure solution à la plupart des problèmes de société. Et lorsqu’on apprend qu’un réfugié s’est jeté par la fenêtre et s’est tué parce qu’il ne voulait pas être renvoyé dans son pays, nous devrions revoir en profondeur notre conception de la bureaucratie. Il faut être vraiment désespéré pour en venir à de telles extrémités, non ?


source : Altermonde-sans-frontières, samedi 31 janvier 2009

Pour un instant la liberté
Un film d'Arash T. Riahi
Avec Navid Akhavan, Pourya Mahyari, Kamran Rad, Payam Madjlessi
Durée : 1h50


Publié dans [cinéma]

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