Une mobilisation générale

Publié le par caphi

Plusieurs théâtres parisiens (La Comédie française, le Théâtre national de la Colline, l'Opéra de Paris, le théâtre des Amandiers...) ou provinciaux (Théâtre du Nord...) ont annulé leurs représentations du jeudi 19, pour cause de grève des personnels. Un exemple parmi d'autres de la très forte mobilisation des professionnels, du public comme du privé. Avant même la manifestation du 19 mars, plusieurs entreprises connaissent des perturbations (grève, manifestations....), telle l'usine Unilever de fabrication de moutarde à Dijon, dont la direction a annoncé la fermeture. Ou encore à Gonfreville l'Orcher (Seine-Maritime), chez Total dont la direction a annoncé un bénéfice net de 10,6 milliards d'euros et la suppression de 555 postes de travail, dont 199 dans la raffinerie normande.

A noter que le groupe pétrolier propose des « dispositifs de dispense d'activité » et des mises en préretraite (donc avant 60 ans) au moment même où le gouvernement allonge de fait l'âge de la retraite et taxe les indemnités patronales versées... au nom de la lutte contre les préretraites. Les employeurs veulent repousser le versement des retraites complémentaires après 61 ans (voire même 65 ans en 2020), même quand le salarié a tous ses trimestres, et refusent d'accroître les cotisations - ce qui, selon Force ouvrière, se traduirait par une diminution des pensions complémentaires versées de 20 % dès l'automne 2009. D'un côté le pouvoir accorde des facilités aux directions d'entreprises pour licencier même les plus jeunes des seniors (50 ans et plus), de l'autre il fait tout pour retarder le départ à la retraite. Pris en étau, les salariés voient leur revenu se réduire.

Il n'est pas étonnant que les révoltes se multiplient. Déjà depuis 2006-2007, plusieurs études avaient pointé la montée des mouvements de protestations, sous des formes parfois inédites. La grève du 19 mars sera un test pour les salariés comme pour le gouvernement et le patronat.


LE DOSSIER du MONDE DIPLOMATIQUE

  • « Université : Quand on cherche, on trouve », par Laurent Bonelli, mars 2009 (en kiosques).
    Pour beaucoup de hauts fonctionnaires internationaux, l’avenir de l’université passe par la création d’un nombre restreint de pôles universitaires d’élite, capables d’attirer les capitaux privés sous forme de dons et à terme largement financés par des droits d’inscription élevés. Mais sera le destin de l’immense majorité des établissements exclus de cette sélection darwinienne ?
  • « Dossier : grève nationale », 28 janvier 2009.
    Transports, métallurgie, électronique, poste, télécommunications, santé, énergie, éducation nationale, information… : la liste est longue des secteurs mobilisés pour la grève générale organisée jeudi 29 janvier à l’appel de huit syndicats. Selon les sources, entre un et deux millions et demi de manifestants ont été dénombrés. C’est peu dire que le contexte économique entretient la colère.
  • « “L’injustice sociale tue” », par Pierre Rimbert, La valise diplomatique, 2 septembre 2008.
    Au moment où les gouvernements des pays capitalistes avancés délèguent au secteur marchand une part toujours plus importante des activités de santé et transfèrent aux assurances privées des pans entiers de la couverture maladie, une étude de l’OMS relève qu’aux inégalités sanitaires entre pays s’ajoutent celles entre riches et pauvres d’un même pays.
  • « Changer le travail pour financer les retraites », par Pierre Concialdi, septembre 2008.
    Une réforme des retraites devient urgente... à condition de donner au mot « réforme » son véritable sens. Les régressions entamées au début des années 1990 ont fragilisé le système. A présent, il est nécessaire d’aller au-delà de la vision strictement comptable dans laquelle les gouvernements successifs ont voulu enfermer le débat.
  • « La Poste, société anonyme ? », La valise diplomatique, 7 juillet 2008.
    La direction de La Poste envisage de convertir l’établissement public en société anonyme. Comme cela s’est produit avec d’autres services publics, sa mise en orbite capitalistique aura été précédée d’une profonde transformation de l’entreprise.
  • « Les dossiers noirs du gouvernement » par Martine Bulard, juin 2008.
    Le fracas des cafouillages de communication dissimule la parfaite cohérence des mesures prises depuis un an. On pourrait la résumer en trois principes : s’attaquer aux derniers piliers de l’Etat de droit social ; favoriser les détenteurs de capital ; culpabiliser les pauvres.
  • « Entreprise de démolition (sociale) » (M.B.), La valise diplomatique, 18 avril 2008.
    De la suppression de la carte SNCF « famille nombreuse » à la fin du remboursement des lunettes, de la baisse du nombre d’enseignants à la réforme hospitalière en passant par celle de l’indemnisation chômage, les dispositions gouvernementales vont dans un seul sens : réduire les dépenses sociales.
  • « Le libéralisme (très actif) de la droite française », par Serge Halimi, 1er août 2007.
    Nul ne reprochera à la politique économique et sociale mise en place par M. Nicolas Sarkozy de ne pas être « lisible », pour reprendre cet adjectif très à la mode. Lisible et pédagogique...
  • « Le travail, lieu de violence et de mort », par Annie Thébaud-Mony, juillet 2007.
    Le chômage, perçu comme principal problème social, a tendance à masquer les atteintes à la santé liées au travail et à la forte dégradation des conditions de vie dans l’entreprise.
  • « Economistes en guerre contre les chômeurs », par Laurent Cordonnier, décembre 2006.
    Comment les gouvernants des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) utilisent l’arme des rapports internationaux pour imposer de fausses évidences — tout chômeur est un fraudeur en puissance, par exemple — et calmer ainsi les ardeurs revendicatives.
  • « Précarité pour tous, la norme du futur », par Florence Lefresne, mars 2006.
    Démaillage des protections — au nom de l’emploi des jeunes, de celui des femmes ou des seniors —, baisse des salaires, licenciements, contrats précaires de plus en plus nombreux... Le monde du travail est frappé de plein fouet par la nouvelle phase du capitalisme.
  • « Sécurité sociale, des propositions pour une autre réforme », par Dominique Sicot, juillet 2004.
    La vague libérale s’attaque à la protection sociale ; or, s’il faut reconstruire du collectif et de la solidarité face à la maladie, le démembrement des systèmes de sécurité sociale est fondé sur de mauvais comptes.
  • « Les médias, gardiens de l’ordre social », par Gilles Balbastre et Pierre Rimbert, septembre 2003.
    La couverture des grèves du printemps 2003 rappelle que les médias (qui appartiennent souvent à de grands groupes capitalistes) ne sont pas les simples spectateurs mais des acteurs des conflits sociaux.

Dans la boutique :

  • Offre spéciale : Le travail en question
    Isolement croissant, pression, stress : le film de Jean-Michel Carré montre la souffrance que génère aujourd’hui le travail. Un numéro revigorant de Manière de voir relate quant à lui une multitude de situations dans lesquelles les salariés ont su renverser le rapport de forces, alors même que toute résistance semblait impossible. Disponible en ligne.

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