Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a déclaré jeudi soir à Grignan dans le cadre du Festival de la correspondance "combien il avait le sentiment d'être fidèle à son oncle
(François Mitterrand) en venant ici".
"C'est une terre qu'il a fréquentée, c'était un homme romanesque et littéraire, nous sommes ici chez lui", a déclaré le nouveau ministre, avant de faire une lecture à 19h00 des premières
pages du roman d'Adrien Goetz, "La dormeuse de Naples", paru au Livre de poche.
M. Mitterrand avait promis de participer à la 14e édition du Festival drômois, qui évoquera jusqu'à dimanche les "Voyages en Italie" d'écrivains et d'artistes célèbres, alors qu'il était
encore directeur de la Villa Médicis à Rome.
"J'avais prévu de venir comme simple lecteur, le fait que mon statut ait changé depuis ne change rien à l'affaire", a-t-il souligné, après avoir salué le maire de Grignan et fondateur du
festival, Bruno Durieux, d'un "j'ai tenu ma parole", et embrassé son "amie", Claire Chazal, marraine de l'événement.
Interrogé sur le fait que son nouveau statut de ministre puisse prêter à confusion avec celui de récitant, M. Mitterrand a répondu que "la femme du président de la République étant bien
chanteuse, (il) pouvait bien être acteur".
"Qu'un ministre participe à la vie culturelle, qu'il garde son pré carré artistique à côté de ses activités plus officielles, je trouve ça extrêmement sain", a-t-il ajouté.
M. Mitterrand, qui avait prévu de lire des extraits de la correspondance de pensionnaires célèbres de la Villa Médicis, a finalement opté pour un extrait de "La dormeuse de Naples", dont les
premières pages sont une longue lettre du peintre Ingres, évoquant son aventure amoureuse avec le modèle napolitain d'un tableau aujourd'hui disparu.
Les quelque 400 personnes venues l'écouter sur le parvis de la collégiale du château de Grignan, célèbre pour avoir été la résidence de la fille tant aimée de la marquise de Sévigné, ont
applaudi le ministre à la fin de sa lecture, qui a duré deux fois plus de temps que prévu par son agenda officiel.
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[europe] Renoncement "M. Barroso va s'efforcer de rassembler autour de lui une majorité à Strasbourg. Il y
parviendra sans doute, surtout si la gauche espagnole et portugaise le soutient par "solidarité ibérique". Cette procédure trop bien réglée, qui conduit à proposer mécaniquement le candidat
du PPE, montre le danger de vouloir calquer la vie politique européenne sur la politique nationale, régie par le clivage gauche-droite. Elle ne prend pas en compte la défiance persistante des
citoyens, en particulier des classes populaires, qui se sont abstenus massivement aux élections. Elle conduit à oublier une exigence essentielle : l'esprit européen, que la Commission est
censée incarner. M. Barroso ne l'a jamais porté. Ce libéral, candidat des Britanniques et partisan de la guerre en Irak, plus soucieux de défendre le pré carré des Etats que de pousser
l'intégration européenne, a inauguré son premier mandat sur un slogan : "Moins légiférer." En clair, ne rien faire (...) M. Barroso a révélé ce qu'il était : un caméléon qui court après le
volontarisme bouillant de
Nicolas Sarkozy sous présidence française et retombe dans l'immobilisme quand survient celle des eurosceptiques tchèques
(...) Dans un monde qui change, l'Europe s'apprête à reconduire un homme du passé. C'est une faute." [
Extraits de l'édito du journal Le Monde]
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