Coloscopie de la France du XXIème

Publié le par caphi

 

 Au bal flottant de l'Eté le dimanche 27 juillet 2009, Canal de l'Ourcq à Pantin (93) - photo caphi

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"Il existe une connivence tacite, non voulue, mais réelle, entre ceux qui font peur et ceux qui ont peur." Victor Hugo, Extrait de Les Travailleurs de la Mer

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sommaire

[verbatim] "Un risque de désintégration sociale, de perte de repères" (D. de Villepin)

[Grippe A / H1N1] Un vaccin "expérimental" aux graves effets secondaires ? - "La vigilance est de règle" pour la ministre de la Santé française

[dessins] Coloscopie de la France du XXIème siècle

[média] Olivennes engage le Nouvel Obs contre Obama? Le virage à droite se confirme

[expos] « À Arles, deux regards opposés sur le corps »

rappel des blogs de caphi 

 

Au bal flottant de l'Eté le dimanche 27 juillet 2009, Canal de l'Ourcq à Pantin (93) - photo caphi

[verbatim] "Les Français pourraient devenir allergiques à l’idée même de réforme si elle était perçue comme un simple refrain politicien. L’objectif doit être de rassembler et de servir les Français avec des résultats visibles." (...) "Il y a une exaspération, une colère, et rien ne sert de le nier. Le risque est double : d’abord des bouffées de violence non canalisée, qui échappent aux syndicats. Et un risque de désintégration sociale, de perte de repères. Quand j’évoque un climat prérévolutionnaire, je ne parle pas d’une révolution politique, mais d’initiatives qui peuvent prendre des formes diverses, des mouvements de désespoir. Cela nous impose beaucoup de vigilance, mais aussi une forte mobilisation. Il faut trouver des réponses locales, nationales et globales. Or, je suis très inquiet quand je vois réapparaître les comportements d’hier, d’avant la crise financière." [Dominique de Villepin, ex. Premier Ministre dans le Parisien du 26 juillet 2009]

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[Grippe A / H1N1] Un vaccin "expérimental" aux graves effets secondaires ? Dans le quotidien conservateur anglais The Times (au Royaume-Uni*100.000 nouveaux malades de la grippe A en une semaine ont été décelés), le spécialiste des vaccins Richard Halvorsen redoute que le vaccin contre le virus de la grippe porcine n'ait pas suffisamment été testé : "Pour tester l'efficacité d'un vaccin, il doit être administré à dix mille personnes et ses effets doivent être suivis afin que l'on puisse découvrir les effets secondaires inhabituels mais à prendre au sérieux. Cela n'est apparemment pas le cas pour le vaccin contre la grippe porcine que l'on veut faire passer avec une rapidité inédite. Les petits tests de sécurité sont probablement faits sur des individus sains, et non sur ceux qui ont des problèmes de santé, c'est-à-dire ceux qui ont le plus besoin de ce vaccin mais qui sont probablement les plus sensibles aux effets secondaires. C'est un pari risqué que d'administrer à une grande partie de la population britannique un vaccin 'expérimental' contre la grippe porcine. Il pourrait sauver des vies mais aussi provoquer de graves effets secondaires et des cas mortels. La menace actuelle causée par le virus ne justifie pas ce pari." (22.07.2009) » article intégral (lien externe, anglais) - source : www.eurotopics.net/fr
* Le Royaume-Uni est l'un des pays au monde les plus touchés par la grippe porcine. La maladie y a déjà fait 31 morts.

En France : "La vigilance est de règle" pour la ministre de la Santé Roselyne Bachelot souligne ce lundi que "la vigilance est de règle" face à la grippe A(H1N1) après les propos du professeur Bernard Debré affirmant que la mobilisation contre la pandémie ne servait "qu'à nous faire peur". "La vérité, c'est que nous sommes confrontés à un virus, certes peu sévère pour l'instant, mais doté d'une très forte capacité de contamination liée, en particulier, au fait qu'il touche des populations qui ne l'ont jamais rencontré. Face à cette caractéristique majeure, la vigilance est de règle", relève la ministre dans une interview au Figaro. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le professeur Debré avait pour sa part déclaré: "cette grippe n'est pas dangereuse. On s'est rendu compte qu'elle était peut-être même un peu moins dangereuse que la grippe saisonnière". "Tout ce que nous faisons ne sert qu'à nous faire peur", ajoutait-il. Rappelant que des experts envisagent jusqu'à 20 millions de malades, Mme Bachelot juge que cela "nous mettrait face à un véritable problème de santé publique, même si le virus restait peu virulent". Si la France semble épargnée comparativement au Royaume-Uni et à l'Espagne, la ministre avance comme explication "la stratégie de confinement adoptée dès le début de l'épidémie". Cette stratégie "a consisté à hospitaliser systématiquement les malades et à surveiller les voyageurs en provenance des pays à risque et présentant des symptômes", rappelle-t-elle.

> LIRE mon DOSSIER sur la Grippe A / H1N1 (actualisé régulièrement)

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[dessins] Coloscopie de la France du XXIème siècle Parce qu’un bon dessin vaut parfois mieux qu’un mauvais discours, Lefred-Thouron nous propose un examen (de conscience ?) par le menu, une auscultation de l’intérieur – puisqu’il s’agit d’une coloscopie – de la France de 2009, alors que le premier semestre vient juste de s’achever. (par Dominique Bry, Mediapart, 23 Juillet 2009)

La santé, la politique, l’économie, le sport, l’emploi, les voyages, la jeunesse, le quotidien… rien n’échappe à l’œil exercé et au dessin affuté de Lefred-Thouron.

Lefred-Thouron croque le quotidien dans les pages des journaux, les travers de notre société et des catégories socioprofessionnelles diverses sont pour lui des sources d’inspiration inépuisables…

Dessinateur et scénariste, il collabore à Fluide Glacial, au Canard Enchaîné, à L’Equipe Magazine, à CQFD et à La Décroissance, il est l’auteur des Cahiers Judiciaires (avec Diego Aranega) et de Les Carottes sont crues (avec Yan Lindingre). En solo, il est le créateur de Je suis gland, de Nos animaux les bêtes et de Bernadette, priez pour nous.   

Avec Coloscopie de la France du XXIème siècle, Lefred-Thouron passe en revue et à la moulinette la France d’aujourd’hui. La France qui doit se lever tôt, la France qui travaille ou celle qui aimerait bien, la France qui subit la crise et qui en parle si bien, la France qui aimerait bien avoir un rendez-vous chez l’ophtalmo avant la fin des temps ou que son internet box fonctionne…  

 

 

C’est une véritable aventure intérieure, avec ses grands moments de non-sens et de sens commun de « l’homme de la rue ». Avec un humour cinglant et un mordant pétri de second degré, Lefred-Thouron balance sans militantisme exagéré, il tape, mais il tape juste.  

Parce que cet album est détaché du quotidien dans lequel il puise sa matière, l’humour prend de la hauteur, il survole les débats pour mieux fondre directement et appuyer là où ça fait rire. C’est de la frappe chirurgicale, pas de l’invasif. Parfois direct, brut, voire brutal, Coloscopie de la France du XXIème siècle est jouissif, se jouant de l’absurdité et des paradoxes de notre époque. Lefred-Thouron fait plus que regarder la France dans les yeux, il va au fond des choses.  

 

 

Cet album n’est pas remboursé par la Sécu. C’est bien dommage.

 

DB

 

Coloscopie de la France du XXIème siècle, de Lefred-Thouron, Dargaud, 15 € 50

 

 

 

 

© Lefred-Thouron / Dargaud 2009 

source : Mediapart

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[média] Olivennes engage le Nouvel Obs contre Obama? Le virage à droite se confirme

L'UMP Jean-François Copé s'adressant aux professionnels de la communication à la Nuit des Médias, Théâtre Marigny le 9 février 2009 - photo caphi

 Chouette ! Denis Olivennes a écrit sur son blog. Denis Olivennes, c'est l'homme qui incarne aujourd'hui l'hebdomadaire rebelle de la gauche, l'héritier de Jean Daniel et Claude Perdriel réunis. Olivennes, c'est à la fois la plume et le billet, la direction de la publication et la présidence du directoire, le plumeau et le manche. Par Bruno Roger-Petit, lepost.fr, 18/07/2009.

 Cette semaine, Olivennes revient sur le dernier G8. Il fait bien. Sa pensée est sombre et profonde. Il me faut vous faire partager la lecture de cet éditorial historique. En effet, si Olivennes reprend sur son blog son éditorial de la semaine dans le Nouvel Obs, c'est bien la preuve que cet écrit engage comme jamais le grand magazine de l'opposition.

"Entre ici Olivennes! Beuve-Méry, Vianson-Ponté, Giroud, JJSS et tant d'autres qui ont écrit avant toi t'attendent désormais dans le Panthéon des grandes signatures de notre temps!".

Voici donc le texte du défi (entrecoupé de remarques très personnelles, fruits de la manifestation intempestive de vieux réflexes professionnels et du respect que je dois à ma carte de presse...)

Titre: "le G vain" (Humour...)

Les ruines de L'Aquila : on ne saurait trouver décor mieux approprié pour ce sommet du G8. (Denis, tous tes lecteurs ne connaissent pas l'Aquila... Pour certains d'entre eux, c'est peut être le nom d'un bistrot... La proximité, Denis, la proximité!)
Avec la chute du mur de Berlin et la sortie de la guerre froide, les peuples s'étaient pris à rêver de lendemains qui chantent (Encore une attaque à la Sciences po, Denis on avait dit qu'on arrêtait
).

Avec la crise économique, le danger climatique, les risques de la prolifération nucléaire, les violations des droits de l'homme, voilà que le rêve tourne au cauchemar! (Le rêve qui devient cauchemar, osé comme tournure, je ne l'avais jamais lue avant...) Et les huit pays qui représentent à eux seuls 60% de la richesse mondiale se montrent dans l'incapacité de maîtriser ce monde de bruit et de fureur. (un monde de bruit et de fureur... Denis, tu ne recules devant rien aujourd'hui)

Pas de mesures nouvelles pour juguler la crise. Rien sur la régulation financière. Un recul sur les engagements collectifs à propos des gaz à effet de serre. Ou sur les aides aux pays du Sud. Face au danger nucléaire, rien de bien encourageant non plus. Silence sur les droits de l'homme. (Un effort de style... Mais on s'y perd entre les "pas" et les "rien" et le "recul". Denis, pour rythmer ton papier, tu aurais du t'en tenir au "Rien". "Rien sur. blablabla.. Rien sur blablabla"... ça l'aurait plus fait crois-moi) Hu Jintao «sèche» : c'est dire si cette réunion est importante ! ( là Denis, on ne comprend pas de quoi tu parles... Il "sèche" quoi, où, quand, comment, qui ton Hu Jintao? Relis la règle des 5 W...) La frilosité, le manque d'initiative de ces hommes les plus puissants de la planète laissent un goût amer (la frilosité qui laisse un goût amer... Tu as de la chance que Naulleau soit en vacances Denis...).

Dans ce morne concert, c'est Barack Obama qui déçoit le plus. On brûle de lui dire : «Qu'as-tu fait de ta promesse ?» (C'est bien Denis, le côté Moïse sur la colline tout ça... Mais il faut rappeler la promesse en question, sinon, on n'y comprend plus rien... Et puis défier Obama quinze jours après été convoqué pour enregistrer sur ton magnéto la com de la semaine de Sarkozy, c'est top!) Il y a quatre-vingt-dix ans, dans la tempête du premier conflit mondial, l'Amérique, par la voix de Wilson, avait lancé l'idée révolutionnaire d'une Société des Nations. Quand retrouvera-t-elle ce souffle ? (Denis, tu es bien certain que c'est un bon exemple la SDN? Pour ceux qui s'en souviennent, la SDN de Wilson s'est montré d'une rare efficacité entre 1933 et 1940, particulièrement dans les relations Sino-japonaises ou en europe centrale -Tchécoslovaquie et Autriche- vers 1938, j'ai peur qu'on se moque de toi) Ce qu'on attend d'elle aujourd'hui, c'est qu'elle ose imposer au monde de se gouverner autrement (important cette tournure de phrase, on y apprend que le Nouvel Obs est désormais 100% sous commandement intégré des Etats-Unis). Qu'elle se hisse à la hauteur de cette certaine idée de l'Amérique que nous célébrons ici. (Une certaine idée de l'Amérique? oui mais laquelle Denis?)

Et voilà! C'est pas de l'édito, ça, C'est pas digne du Nouvel Obs, ça? Ils sont pas contents Jean Daniel et Claude Perdriel de lire ça? Et les grandes signatures de l'Obs, ne sont-elles pas dignement représentées par ça? Hein?

Qu'on me pardonne cet excès de flatterie... Mais pour une fois qu'une grande signature de la presse française ose défier Obama, il était de mon devoir de le souligner, de l'encourager, et de dire: ne peut pas mieux faire.

PS; en cadeau, le T-shirt qu'il est interdit de porter en présence de Denis Olivennes lorsque l'on appartient à la rédaction du Nouvel Obs.

[expos] « À Arles, deux regards opposés sur le corps » Les 60 expositions organisées par les 40e Rencontres de la Photographie d’Arles durent tout l’été jusqu’au 13 septembre. À elles seules, les trois expositions que l’on peut voir Place de la République, consacrées à Willy Ronis, qui fête cette année ses 99 ans, à Duane Michals, et à la Collection James Allen du Center for Civil and Human Rights d’Atlanta, valent, comme on dit, le détour (par Jean-Paul Cluzel, Yagg, 27 juillet 2009)

À 100 mètres l’une de l’autre, au Palais de l’Archevêché et au Cloître Saint-Trophime, situé juste derrière, la vision du corps que proposent Duane Michals et la Collection James Allen ne peuvent laisser gays et lesbiennes indifférents. La première offre un corps sublimé par le désir et le rêve, la seconde le montre brisé ou brûlé par le lynchage, la mort par pendaison ou par le bûcher, que subirent des milliers de Noirs du sud des États-Unis depuis la fin de la guerre de Sécession jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale.

The Once and Always Now, que l’on pourrait (librement) traduire par « L’éphémère et le durable », est le titre de l’exposition de l’artiste américain Duane Michals, né en 1932. Contrairement à Lartigue ou à Willy Ronis, Duane Michals a recours à des modèles professionnels et travaille surtout en studio. Le travail présenté à Arles allie à la perfection photographique du noir et blanc des textes écrits de la main de l’artiste. Des corps jeunes, souvent vécus en rêve ou après une mort que l’on imagine paisible, s’affichent dans une beauté très classique, actuelle dans sa plastique, naturellement musclée pour les hommes mais… libérée de toute influence des stéroïdes. Un idéal esthétique né quelque part entre l’Athènes de Platon et le New York de Mapplethorpe. Les textes racontent le plus souvent une histoire, puisque Duane Michals nous propose des sortes de « story boards » où s’esquissent, à travers des séquences photographiques, des rêves érotiques ou des histoires de beaux et belles revenants. Au détour, un diptyque, là aussi très en résonance avec la Grèce antique, nous livre les idéaux fantasmés du photographe, les seins de la femme, et le mince « V » musclé et sec qui s’achève par la toison de l’homme. Duane Michals nous offre la perfection des corps, de l’image et des mots.

Without Sanctuary, que je traduirais par « Corps sans sépultures », rassemble plusieurs centaines de photos « d’amateurs », dans les deux sens du terme, c’est-à-dire non professionnelles mais aussi complaisantes voire apologétiques, de lynchages. Ces amateurs s’amusaient à photographier, pour le souvenir ou pour l’exemple, des corps d’hommes, et de femmes, noirs, avant et après leur exécution par la foule. Le contraste est terrible entre les corps musclés, façonnés, on le devine, par le travail et la peine, résignés devant la mort qui les attend, et leurs carcasses brûlées ou pendues. Il n’est pas « innocent » de remarquer qu’un bon tiers des victimes avaient été accusées de viol. Je n’ai pu m’empêcher d’imaginer de la jalousie de la part des bourreaux, que ces photos nous représentent médiocres, vis-à-vis de ces hommes ou de ces femmes dont le seul crime est sans doute d’avoir suscité le fantasme des anciens maîtres ou maîtresses blancs. Ces photos sont montrées pour la première fois en dehors des États-Unis, un hommage que le directeur exécutif du Center for Civil and Human Rights, Doug Shipman, a voulu rendre au public français et aux Rencontres d’Arles.

Il faut s’arrêter à Arles, voir et réfléchir.

Jean-Paul Cluzel

Les 40e Rencontres de la photographie d’Arles, jusqu’au 13 septembre. Plus d’infos ici.
À noter aussi, dans le même cadre des Rencontres d’Arles, l’expo de notre ami Vincent Malléa à
l’Hôtel de l’Amphithéâtre.

Jean-Paul Cluzel est associé de LGNET, la société éditrice de Yagg.

A Letter from My Father, Duane Michals, 1975:
Duane Michals

Le lynchage de Thomas Shipp et d’Abram Smith, 7 août 1930, Marion, Indiana (Center for Civil and Human Rights d’Atlanta):
Without Sanctuary

 

Auteur-e-s Yagg

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