En attendant de voir d'autres oeuvres sorties cette
semaine, je recommande aussi :
- "
Année
bissextile" de Michael Rowe (Mexique, 1H32,
interdit aux moins de 16 ans) avec Monica Del Carmen, Gustavo Sanchez
Parra. Récompensé par le prix de la
Caméra d'or du meilleur premier film à Cannes,
"
Année bissextile" met en scène un huis-clos amoureux sur fond de sado-masochisme et
révèle l'actrice mexicaine Monica Del Carmen. Ce huis-clos tourné dans le décor unique d'un
appartement, met en scène deux solitaires qui font connaissance par hasard. Après une longue série
d'aventures sans lendemain, plongée dans un terrible manque affectif, Laura croise la route
d'Arturo. Très vite, une intense relation sado-masochiste s'installe. Dans une promiscuité pesante,
servie par une photographie blâfarde et presque envoûtante, le spectateur assiste à des scènes
crues mais filmées avec retenue, où plaisir, douleur et au final, amour, se succèdent.
Mon avis
: On peut trouver ce premier film "âpre, grostesque et asphixiant" [Pierre Murat, Télérama] mais on peut y voir aussi une sorte d'"Empire
des sens" version mexicaine, la qualité esthétique en moins.
- "
Un transport en
commun" de Dyane Caye (France, 48 minutes) avec Umban Gomez de Kset,
Mbègne Kassé, Anne Jeanine, Bigué N'Doye, Antoine Diandy. A Dakar, au Sénégal à la fin de l'été. Le
temps d'un voyage de Dakar à Saint-Louis, les passagers d'un taxi-brousse croisent leurs destins et
se racontent en chansons.
Mon
avis : Le premier jour de sa sortie, comble était la seule salle parisienne (Action
Christine, 6e) diffusant ce moyen-métrage dont la presse - de Libération aux
Inrockuptibles en passant par Le Canard Enchainé ne tarit pas d'éloge en le
comparant aux comédies musicales de Jacques Demy, l'exotisme et l'humour en
plus.
"Un transport en commun", en salles cette semaine, est le 4e film de Dyana Gaye,
jeune réalisatrice franco-sénégalaise. Une comédie musicale inspirée d'histoires individuelles
captées parmi les passagers d'un taxi-brousse, qui chantent leurs aspirations, leurs joies comme
leurs drames. La cinéaste commente trois extraits.
À voir [Télérama]
Des films vus ces dernières semaines (plus rarement
qu'à l'accoutumée), je recommande en particulier
:
-> le polar transgenre et délicat "Dans ses yeux" de l'argentin Juan José Campanella
(2H09). Autour de l'enquête sur un meurtre ou plutôt sur le meurtrier, dans une mise-en-scène
virtuose, une plongée dans l'Argentine de ses années peu vertueuses. Oscar du meilleur
film étranger bien mérité.
-> la "fable grinçante sur les limites de l'activisme à l'heure
d'Internet" [Télérama] "8th
Wonderland" des français Nicolas Alberny et Jean Mach. Une
oeuvre décalée et intelligente sur les pouvoirs que nous nous
attribuons.
-> "L'enfance du
mal", le premier film d'Olivier Coussemacq, une histoire à la
Simenon bien alambiquée avec l'excellent
Pascal Greggory.
-> "L'autre rive",
le road-movie d'une poésie particulière réalisé par le georgien George Ovashvili. Pour parler avec
talent de nos "frontières" avec les yeux d'un enfant à la recherche de son
père.
-> "Nannerl, la soeur
de Mozart" de René Féret : "Il y a une
certaine nonchalance heureuse dans cette histoire d'artistes frustrés où l'amour ne se dévoile qu'à
travers les mots doux mais pudiques échangés et les notes sensibles échappées du violon de
Mademoiselle Mozart jouée avec finesse par Marie Féret."
-> "Rabia", le
"conte cruel efficace" de l'équatorien
Sebastian Cordero, "infernal alliage entre Kafka et Bunuel tourné comme un film
fantastique" ["la relation maitre-esclave en huis-clos", Le
Monde]. "A la lisière du fantastique, Sebastian Cordero signe un film troublant sur
le voyeurisme et la frustration" [Les critiques clunysiennes]. Une histoire d'amour et de rage ("rabia" en espagnol) qui vous prend par
le "né". Quand vous l'aurez vu, vous comprendrez.
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