Le réveil d'une jeunesse

Publié le par caphi

Depuis plus de deux ans, les États, bon an mal an, tente de répondre à la plus grave crise financière que le monde ait eu à faire face depuis 1929.
 
Les effets sociaux (chômage, pauvreté) commencent à se faire sentir encore plus difficilement et durablement dans les pays qui n'ont pas la "sécurité" économique et l'appui des institutions telle l'Europe.
 
Ce qui se passe en Tunisie, en Algérie (et peut-être bientôt dans d'autres pays du Maghreb) doit être observé de très près car ces évènements sont précurseurs de ce qui risque bien de de passer dans les mois et les années à venir, ici en Europe et partout dans le monde.
 
Déclenchées après le suicide d'un vendeur ambulant à la mi-décembre, les récentes "manifestations" en Tunisie ont été réprimées violemment par un pouvoir policier omniprésent. De semaines en semaines, malgré cette répression policière (et des dizaines de morts), la population tunisienne est dans la rue pour montrer sa désapprobation face à la réaction du pouvoir.
 
Malgré les déclarations des dirigeants annoncant de nouvelles décisions sociales, la jeunesse de ces anciennes colonies françaises, nourrie aux nouvelles technologies de la communication, éduquée et cultivée, ne s'en laisse plus conter par leurs aïeux aujourd'hui au pouvoir.
 
En Algérie, après des "années de plomb", le choix, jusqu'à présent, n'était qu'entre soutenir un pouvoir policier, corrompu et un islamisme entretenu.
 
Aujourd'hui, dans ces pays d'Afrique du Nord, on observe qu'un sang neuf décide de sa destinée et espère peut-être trouver une troisième voie, sans idéologie religieuse ou politique.
 
Le mouvement de colère de cette jeunesse, encore incontrolée (particulièrement en Tunisie où l'opposition est muselée) doit être compris à sa juste valeur.
 
Si nous l'ignorons ou le minimisons, il peut se retourner contre nous sans distinction de situation. Et, si nous n'y prétons pas suffisamment attention, laisser la place à tous les extrémismes.
 
Pour tout démocrate digne de ce nom, il est donc important de soutenir ce réveil et de l'accompagner.
D'abord parce qu'aujourd'hui, nous ne pouvons tolérer que des pays, qui entretiennent des relations économiques avec nos démocraties, à défaut d'un rapide et meilleur assainissement financier, soient mis à l'écart du progrès humain. Ensuite, parce que si nous choisissons de "mettre le tête dans la sable", ne pas vouloir voir et comprendre, nous risquons à notre tour, pays (relativement) riches, à en subir les conséquences néfastes à moyen et long terme.
 
Caphi

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