La cuisine est souvent révélatrice de tendances. La mode du « slow-food », née en Italie il y a quelques années, nous apprend ainsi
peut-être quelque chose sur ce qui est en train de se jouer dans l'économie, à l'issue de la crise : un retour du temps long et une réhabilitation de la patience. Le fast-food avait été
un incontestable progrès - il nous avait fait... gagner du temps et de l'argent. On s'est aperçu qu'il nous a aussi fait perdre la ligne et le goût. D'où sa remise en cause. La
restauration rapide subsiste - et subsistera sans doute encore longtemps ; la restauration lente, celle qui procure plaisir et convivialité, a néanmoins retrouvé quelques éclats.
Halte au court-termisme
Il en va de même en économie. Loin des idéologies de la décroissance, on voit partout monter une contestation du court-termisme et de la vitesse comme fin en soi. Après la slow-food, la «
slow-économie » : c'est le titre, par exemple, de l'essai d'un journaliste italien qui parcourt le monde, Federico Rampini - il était hier en Chine, il est aujourd'hui aux États-Unis - et
qui a, notamment, pour talent de bien sentir les grands mouvements de la planète. « Trop vite ! Pourquoi nous sommes prisonniers du court terme. » C'est le titre du prochain ouvrage de
Jean-Louis Servan-Schreiber, un autre excellent détecteur de tendances. La littérature américaine managériale pullule, elle aussi, de textes qui, s'ils ne font pas l'éloge de la lenteur,
plaident en faveur d'une révision de nos horloges. Deux directeurs associés du BCG plaident ainsi, dans leur ouvrage « Accelerating out of the Great Recession » en faveur d'une meilleure
prise en compte, dans l'entreprise, de la réalité politique des sociétés dans lesquelles elle vit et du long terme. C'est aussi Jacques Attali qui, dans ses écrits sur la sortie de crise,
parle de la nécessité de l'émergence d'un « capital patient ».
En cause, la finance
La finance, la technologie et la mort des frontières avaient en fait, au cours des trente dernières années, complètement cassé nos horloges. Le temps avait explosé. Il s'était rétréci.
Demain, c'était aujourd'hui, c'était presque hier. Il fallait avoir tout, tout de suite et partout, accessible en continu. Une promesse devait être un résultat. Dans la course folle à la
productivité et à la croissance, nous étions finalement tombés sous le joug d'une nouvelle dictature, celle du court terme. On imaginait déjà des sociétés cotées du Net amenées à publier
minute par minute l'évolution de leurs chiffres d'affaires et de leurs résultats. S'il n'est pas mort, ce monde-là est en tout cas profondément affecté par la crise d'aujourd'hui.
De fait, les grands enjeux de la sortie de crise annoncent bien un retour spectaculaire de la patience, de la lenteur et de la vision à long terme. On peut en voir de multiples signes.
Pour nos besoins énergétiques, pour le développement de nos grands réseaux aussi, il va falloir engager, partout, d'énormes travaux d'infrastructure. La protection de l'environnement
nécessite la mise en oeuvre de stratégies à long terme. Ce qui fait d'ailleurs aujourd'hui la force de la Chine, c'est justement une relation au temps bien moins tendue que dans nos pays
occidentaux. Quand, à Wall Street, les entreprises vivent au rythme de leurs trimestriels, sinon de leurs mensuels, à Shanghai, on investit pour les générations futures sans trop se
préoccuper d'une rentabilité financière immédiate. Quand, à Paris ou à Washington, tout se conçoit en fonction du journal TV du soir, à Pékin, tout se définit dans une perspective de dix,
quinze ou vingt ans.
Le retour du temps long
Le retour du temps long s'inscrit dans un mouvement de balancier classique. Après une course folle, un peu de répit, voire de repos, s'impose. La lenteur ne veut pas dire pour autant le
sommeil. Et c'est le grand risque. La croissance vient de la productivité. La productivité, c'est produire plus, plus vite, avec moins. Le risque, c'est, à trop se complaire dans la
lenteur, de transformer la « slow-growth » en « no-growth ». Il n'est pas sûr que ce soit là, pour nos sociétés minées par le chômage, la piste à suivre. Même lentement.
17 septembre 2009 – 25 mars 2010 : que de temps pour tenter de répondre à votre question pourtant essentielle à la vie de nombreuses-x transgenres français, « SANS PAPIER» (adéquat) dans leur propre pays !
Monsieur le Sénateur,
Je pense que vous connaissez le blog « Différences» – http://caphi.over-blog.fr (aujourd’hui PORTAIL de REFERENCE FRANCOPHONE sur la TRANSIDENTITE et l’INTERSEXUATION) – dont je suis l’initiatrice et que je met à jour inlassablement et gracieusement depuis juillet 2007.
Je suis française, journaliste (depuis 1985) et transsexuelle. J’ai 51 ans. J’ai fais ma « transition» il y a déjà 7 ans.
Pourtant, nous subissons TOUTES plus ou moins les effets quotidiens de la discrimination comme d’autres « minorités» . Et même quelquefois, pour rester « pudique» avec plus d’acuité.
Face à l’incompréhension et au déficit d’études sur cette population estimée entre 40 et 60 000 en France, j’ai donc jugé plus qu’utile de créer ce site d’information sur la TRANSIDENTITE (appelée improprement transsexualité) pour remettre les pendules à l’heure du « vivre ensemble» afin qu’il ne reste pas qu’un slogan publicitaire, fourre-tout électoral bien pratique en temps d’élection.
Revue de presse et de blogs, vous trouverez dans « Différences» toute l’actualité – autant en France que partout dans le monde – ainsi que des dossiers thématiques sur cette « population» discriminée, objet autant de fantasmes que de rejets et pourtant si peu (et surtout) si mal étudiée ou trop souvent maltraitée par des médias racoleurs.
J’ai pourtant l’occasion, de par mes contacts et grace à mon entregent, de rencontrer des décideurs et en particulier des politiques de droite, du centre ou de gauche dont votre camarade socialiste, Michèle Delaunay, députée de la circonscription bordelaise qui a organisé avec « Homosexualités et Socialisme » un colloque sur la « problématique» des « Transidentitaires» en octobre 2009 qui n’a réuni qu’à peine 20 personnes, orateurs compris.
Je suis donc étonnée du manque d’ouverture et d’intérêt porté par les « politiques» et du suivi effectués sur les problématiques de notre « minorité» (trop ?) visible mais pourtant moins tapageuse que d’autres, contrairement aux idées reçues sur ces citoyen(ne)s encore considéré(e)s « de seconde zone» et qu’on montre toujours du doigt au XXIe siècle voire, à entendre certains tenants de pensées fandamentalistes sur des sites démocratiques tel celui du Figaro (sans véritable « modération» contrairement à leur charte), qu’on serait prêt à brûler comme les « sorcières» d’un temps heureusement révolu !
Malgré les moyens d’information en notre possession aujourd’hui, il reste un grand travail à faire pour mieux INFORMER et EDUQUER (les jeunes aussi). Les idées ne me manquent pas.
La peur de TOUTES différences (race, sexe, religion, handicap…) aurait-elle raison de notre déficit de curiosité et d’action dans notre beau pays de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ?
A l’instar des malheureux licenciés d’entreprises du CAC 40 contraints de séquestrer leurs dirigeants, faudra-il que les « Transidentitaires» passent aussi à d’autres formes d’actions plus « tapageuses» pour être enfin écouté(e)s sérieusement ?
Merci de votre attention et pour les prochaines décisions que j’espère vous serez amené à prendre dans le cadre de vos différents mandats.
Je suis prête à vous rencontrer si vous le souhaitez.
caphi, trans’ à Paris (17e) et (toujours) précarisée malgré mes talents reconnus par vos collègues – dont des élus socialistes – qui me lisent « avec intérêt» (comme ils disent)
http://caphi.over-blog.fr
(» Différences» )
NOTA : Egalement, et ce depuis 9 ans déjà, j’édite une newsletter appelée « la Webdromadaire»
Ensemble de chroniques et (re)vues de presse « décalées, subjectives et citoyennes» , elle est envoyée irrégulièrement par mail à plus d’un millier d’abonné(e)s : décideurs culturels, économiques, politiques, médiatiques et d’autres membres de la société civile.
Considérée par le site Place Publique / http://www.place-publique.fr [Média citoyen, relais d'engagements associatifs et outil de démocratie participative] comme « une des meilleures lettres citoyennes électroniques» , la Webdromadaire est quelquefois reprises sur mon blog la webdromadaire de caphi > http://lawebdromadaire.over-blog.com