[reportage] A Paris, la manifestation pacifique pour le "TIBET LIBRE" gazée ! ... (suivi d'une mise à jour de de l'actualité concernant le dialogue "Tibet-Chine-Occident")

Publié le par caphi

(page réactualisée le 24 mai 2008)

"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent." Victor Hugo, Châtiments

Veill-e-aux-bougies-pour-un-TIBET-LIBRE--le-16-mars-2008-Paris-8e.JPGAprès les évènements de Lhassa ("des centaines de morts" d'après le Parlement tibétain en exil et de nombreuses arrestations), un appel à manifester - notamment à Paris - avait été lançé par les associations tibétaines pour un "TIBET LIBRE" et pour "une plus grande justice" dans cette province annexée par la Chine (en 1959).

Le soutien pacifique au Peuple du Tibet (lire plus bas), ce dimanche 16 mars 2008 à Paris (8e),  pourtant autorisée par la Préfecture de Police de Paris, a été un moment interrompu par la compagnie de CRS qui a préféré, pour intimider cette "veillée aux bougies pacifique à portée de porte-voix de l'Ambassade de Chine" et ponctuée de chants et de slogans, envoyés à plusieurs reprises des gaz lacrymogènes sur les manifestant(e)s tibétain(e)s et sympathisant(e)s français présent(e)s, y compris sur des enfants en bas-âge dans les bras de leurs mamans tibétaines ! 

Une-sympathisante-fran-aise-pour-le-Tibet-Libre-touch-e-par-les-gaz-lacrymog-nes-des-CRS---la-veill-e-aux-bougies-le-16-mars-2008-Paris-8e-copie-2.JPGUne sympathisante française pour le Tibet Libre touchée par les gaz lacrymogènes des CRS à la veillée aux bougies le 16 mars 2008 Paris 8e - photo caphi

Après ce gazage, dont j'ai été moi-même victime (merci à cette femme anonyme qui m'a soignés mes yeux en les aspergant d'eau!), pendant la charge des CRS sur ces manifestants pacifiques - tibétain(e)s et sympathisants parisiens - caméra au poing, je harangue les gendarmes qui forment une haie et avancent pour faire reculer les personnes pourtant toujours pacifiques mais qui s'installent très vite pour une "veillée aux bougies" - de 17 H à 19 H 30 comme prévu.

Veill-e-aux-Bougies-pour-le-TIBET-LIBRE-le-16-mars-2008--avenue-Georges-V---Paris-8e.JPG caphi, journalisteVeill-e-au-bougies-pour-un-TIBET-LIBRE-le-16-mars-2008--Paris-16e--4-.jpg

> LIRE :  "Tibet : une cause française" sur mon blog "Notre raison d'être" Plus d'infos : www.tibet.fr

> Patrick Bloche dénonce “l’usage disproportionné” de la force contre des manifestants à Paris
Cf article AFP :
http://www.tibet-info.net/www/Patrick-Bloche-denonce-l-usage.html


[le billet de caphi]
Des causes et des effets
Au moment où les milieux financiers sont préoccupés par l'effondrement des bourses mondiales, pendant que la France digèrent encore ses résultats électoraux, un pays, le Tibet, occupé depuis 50 ans par la Chine, ne fait pas encore vraiment la UNE des journaux !
 
A partir de combien de morts comptabilisés et d'arrestations arbitraires pour qu'enfin la communauté internationale - dont l'ONU - enquête sur la situation des Droits de l'Homme dans le "Pays des Neiges" ?
 
Pour paraphraser un personnage célèbre en d'autres occasions sinistres, "Le Tibet ? Combien de divisions et combien de barils de pétrole ?" doivent se dire aujourd'hui dire les décideurs politiques, financiers et autres stratèges du monde dit "libre" ?
 
Il serait temps que le monde civilisé comprenne que toutes les mauvaises causes (et actions) pour guérir nos "maux" produiront toujours des effets de plus en plus désastreux pour nos économies mais aussi, et surtout, pour nos libertés, quelles que soient les distances.
 
caphi

LIRE "La semaine qui ébranla le Tibet" (Le Monde du 3 avril 2008)
La "voie du milieu" pour le Tibet, par le dalaï-lama (Le Monde du 9 avril 2008)

"Le combat tibétain n’est pas un combat nationaliste, mais un combat pour protéger une culture." (...) "S"il n’y a pas de dialogue entre le Dalaï-lama et Pékin...avant les Jeux Olympiques, ce sera fichu, on ne parlera plus du Tibet." [Lire l'interview de Matthieu Ricard sur Altermonde-sans-frontières]

Veill-e-au-bougies-pour-un-TIBET-LIBRE-le-16-mars-2008--Paris-16e.jpgUne enfant  allumant les bougies stoppant l'avancée des gendarmes à la veillée pacifique du 16 mars 2008 devant l'Ambasssade de Chine à Paris (16e) 






L'appel à manifester notre soutien au Peuple du Tibet lancé par la Communauté Tibétaine de France et ses amis et France-Tibet

Rassemblement de Solidarité avec Lhassa
ce dimanche 16 mars de 17h à 19h30 : Veillée aux bougies

Place de la Reine Astride, Paris 8e

métro Alma Marceau ligne 9 en bas de l'Avenue George V

(à portée de porte-voix de l'Ambassade de Chine)

A l'appel de la Communauté tibétaine de France, de France-Tibet et des associations de défense des droits des Tibétains, nous vous invitons à ce rassemblement pacifique des Tibétains et de tous les citoyens français concernés par le combat pour la liberté, pour une veillée aux bougies afin de manifester votre soutien aux Tibétains au Tibet.Depuis le lundi 10 mars 2008, des manifestations pacifiques des Tibétains contre l'occupation chinoise.

Les évènements ont débuté dans la capitale tibétaine à Lhassa, siège des trois plus grand monastères du Tibet : Drepung, Sera et Gaden. Les moines de ces monastères se sont mobilisés en masse spontanément pour commémorer le 49ème anniversaire du soulèvement des Tibétains contre l'invasion chinoise au Tibet.
Cette opposition s'est propagée dans les autres régions tibétaines Kham et Amdo et a gagné les villes de Lutsang,Labrang, Tashi Kyil, Rebkong et d'autres. On sait désormais que des centaines de Tibétains sont emprisonnés et les dernières informations recueillies font état officiellement de deux personnes tuées (lire > Le gouvernement tibétain en exil parle de 80 morts L'Express - Tibet: le Dalaï Lama demande une enquête internationale Europe 1)

Nous vous invitons à nous rejoindre avec les drapeaux du Tibet et des bougies pour exprimer votre soutien à un Tibet tibétain et libre de l'occupation chinoise.

Nous voulons relayer le message de six millions de Tibétains du Tibet en révélant les vérités au Monde entier sur ce que subissent les Tibétains nos compatriotes depuis un demi siècle sous la colonisation chinoise.

www.tibetan.fr/ - www.tibet.fr


Que se passe-t-il vraiment à Lhassa, capitale du Tibet, où des émeutes ont éclaté vendredi ?
E
lles auraient fait treize victimes selon les autorités chinoises, une centaine selon le parlement tibétain, exilé en Inde… Les sites professionnels d’informations en ligne ne sont pas les mieux placés pour répondre. Il y a bien longtemps que les journalistes, interdits de séjour, ne peuvent plus s’aventurer au Tibet. Mais que se passe-t-il du côté de la Toile ? Pour voir des vidéos de la capitale en état de siège, on file sur
YouTube où circulent toujours les mêmes images tournées par des vidéo-amateurs. On trouve aussi quelques rares informations sur des blogs de touristes, comme celui de deux Belges présents sur les lieux la semaine dernière, avant le début des affrontements. Ou sur le site du Centre tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie, une ONG restée en contact avec la population locale via téléphone portable. C’est déjà ça, mais qui est là pour vérifier l’information ? Quant à l’internaute qui habite Pékin, sa tâche est encore plus ardue : le gouvernement chinois bloque l’accès de YouTube et les sites d’informations étrangers. On n’aura sans doute pas les mêmes problèmes pour voir les jeux Olympiques en direct cet été à la télé ◆ P.A. , l'Expresso de Télérama, 18 mars 2008

Les autorités chinoises poursuivent la répression des militants tibétains

Fermées aux étrangers depuis le début des troubles, en mars, la Région autonome du Tibet, ainsi que les aires tibétaines rattachées aux provinces voisines continuent apparemment d'être le théâtre de manifestations sporadiques et d'une répression policière récurrente. Le Tibetan Center for Human Rights and Democracy (TCHRD), organisation basée à Dharamsala (Inde), tient le compte, jour après jour, du nombre de protestations ou d'arrestations, sur la foi de témoignages locaux.

Selon le TCHRD, 55 nonnes bouddhistes du monastère de Pang na tashi gephelling, situé dans la préfecture autonome de Ganzi (province du Sichuan) ont été arrêtées le 14 mai. Elles protestaient contre les campagnes de "rééducation patriotique" durant lesquelles moines et nonnes doivent rituellement dénoncer le dalaï-lama et abjurer leur foi dans le chef spirituel tibétain.

Le Monde a obtenu, à Pékin, une confirmation indépendante, crédibilisant ainsi la valeur de cette information : un Tibétain originaire de Ganzi (Kardze, en tibétain) nous a indiqué avoir reçu par téléphone un témoignage de l'un de ses parents lui racontant qu'"une cinquantaine de nonnes ont été arrêtées, le 14 mai, dans la ville de Su-ngo". Selon TCHRD, les nonnes ont organisé une marche de protestation après avoir tenu une réunion lors de laquelle elles ont proclamé : "Il vaut mieux mourir que de dénoncer, critiquer et attaquer le dalaï-lama. Si les Chinois veulent nous tuer, qu'ils nous tuent, nous ne regrettons rien."

Toujours selon des témoins de ces événements, les nonnes se sont rendues en procession vers le siège du gouvernement local en scandant "Vive le Tibet indépendant ! Longue vie au dalaï-lama !". Elles ont été arrêtées peu après par les forces de sécurité.

Depuis le 15 mai, les autorités ont restreint les libertés de mouvement dans ce district situé à 300 km à l'est de l'épicentre du séisme qui a frappé le Sichuan le 12 mai. Selon notre informateur tibétain, la zone n'aurait pas été touchée par la secousse.

Le dalaï-lama, qui est arrivé, mardi 20 mai, à Londres où il devait s'entretenir, vendredi, avec le premier ministre britannique, Gordon Brown, a semblé pour sa part adopter une attitude conciliante à l'égard de la Chine. Il a demandé aux Tibétains de "ne pas troubler" le passage de la flamme olympique au Tibet. "Nous devons (la) respecter", a-t-il dit, avant d'évoquer son éventuelle venue à Pékin pour les Jeux olympiques si la prochaine réunion entre ses émissaires et des responsables chinois se passe bien. "Cela dépendra beaucoup de cette rencontre. Si (elle débouche) sur une sorte de solution à long terme (pour le Tibet), alors je serai enchanté de me rendre (à Pékin), si on m'invite", a-t-il déclaré. Quelques jours plus tôt, le gouvernement en exil du dalaï-lama avait demandé aux Tibétains de cesser provisoirement leurs manifestations au Tibet contre le gouvernement chinois, par respect pour les victimes du séisme.

Bruno Philip

Publié dans [reportages]

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