Vendredi 1 février 2008
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14:33
Déclaration d'amour et d'impuissance
Sandrine Bonnaire filme une scène
de son documentaire : "Elle s'appelle Sabine"
"Gogol"? Non, autiste. L'actrice Sandrine Bonnaire a filmé sa soeur, Sabine, atteinte d'une maladie "qui a longtemps cherché son nom", dans un premier
documentaire intime et engagé.
Frimeuse, intime, agressive ou fatiguée, telles sont les attitudes de sa soeur autiste entourée de ses compagnons de souffrance que filme
avec pudeur l'actrice Sandrine Bonnaire.
A l'aide d'archives, on découvre comment les médicaments ont "bousillée" une vie qui était, certes un peu "autre", mais vivante et joyeuse.
De la belle Sabine découvrant l'Amérique en Concorde ou souriante sur des plages de Charente, il ne restera plus, après un "passage" de 5
ans en hôpital psychiatrique, qu'un être grossi par l'administration excessives des neuroleptiques mais pourtant encore conscient de ce qu'elle est.
La scène finale où elle se voit sur les vidéos de sa soeur, dans "sa vie d'avant" jeune et rayonnante, est un moment particulièrement fort d'émotion mais instructif.
Cette déclaration d'amour et d'impuissance est aussi un réquisitoire contre le système psychiatrique et ses substituts qui abiment, spoilent ces vies "différentes" qui, à défaut d'être comprises
et soignées, ne sont toujours pas acceptées des autres dits "normaux".
caphi
Critiques choisies : "Elle s’appelle Sabine est une caresse poignante, une déclaration d’amour réciproque exprimée à fleur
d’image." [Jacques Morice, Télérama]
"Documentaire émouvant et prégnant. Sandrine Bonnaire nous y dévoile aussi son propre comportement vis-à-vis de sa
sœur et c’est ce face à face parfois terrible mais toujours sensible qui nous transporte dans leur univers. Le handicap est partagé. On ressent beaucoup de sincérité et de sensibilité. A voir
absolument !" [Fredérique, artiste plasticienne et amie cinéphile]
"Lettre d’amour d’une actrice à sa sœur, documentaire à la fois impuissant et rageur sur les dérives thérapeutiques des instituts psychiatriques (...) Entre les images d’archives d’une Sabine
toute jeune fille, lumineuse, jolie, musicienne, et celles d’aujourd’hui qui la montrent défigurée par les médicaments, malheureuse et agressive, se dessine un parcours tragique, une existence
gâchée racontée avec la douceur et la sensibilité hors pair de celle qui fut l’actrice fétiche de Pialat." [tetu.com]
"Il y a de la colère mais maîtrisée. Avec la droiture qui est sa signature, Sandrine Bonnaire témoigne, dit le manque alarmant en France de centres médicalisés
adaptés aux autistes, rappelle que « l’hôpital n’est pas un lieu de vie » mais « un lieu de transition ». Elle le fait sans rien escamoter, ni sa honte passée vis-à-vis de Sabine, ni le
comportement parfois retors de sa sœur, mais en évitant toute complaisance. D’où la force de ce documentaire (remarqué à Cannes et diffusé en septembre à la télévision), à la fois engagé et
sobre, mêlant home movies et images récentes tournées dans le centre où Sabine est maintenant bien encadrée. Entre les deux sœurs, les échanges ne manquent pas, vigoureux, amusants, douloureux,
l’une comme l’autre racontant dans ce face-à-face une relation tendre compliquée par le handicap. Elle s’appelle Sabine est une caresse poignante, une déclaration d’amour réciproque exprimée à
fleur d’image." [Jacques Morice, Télérama]
"Un très beau moment de cinéma" [Le Canard Enchainé]
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caphi
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