Mercredi 14 mai 2008
 
"Et pendant ce temps là, la carlita enregistre son CD, son mec passe sa Patek dans un dîner, de convive en convive, en expliquant que c'est plus cher qu'une Rolex, Darkos dit qu'il en bougera pas, Boutin inarticule un discours à l'assemblée ..
La France ne s'ennuie pas*, elle se crispe...
La misère monte...
La colère gronde...
demain manif !
"
 
* "La France ne s'ennuie pas" en référence certainement à l'article - prophétique  - intitulé "Quand la France s'ennuie..." de Pierre Viansson-Ponté dans Le Monde...  de mars 68 ! (lire plus bas)


VOIR LA VIDEO
(explications par les protagonistes -: un étudiant, une mère de famille, un professeur de français  - tous des "mal logés" - et la première adjointe du maire du 3e arrondissement de Paris...)


Eudiants, mère de famille et travailleurs "mal logés" expulsés de l'Impasse
envoyé par rue89

petit pain écrit (à 17H29) :"Je suis sans voix. Non pas que la situation de ces concitoyens soit une pure découverte... Plutôt que chaque jour c'est une maltraitance d'Etat qui s'ajoute à celle(s) commise la veille. Probablement nous aurions intérêt à être nombreux dans les rues le 22 mai. Il faudra bien que ça cesse. Autant pas trop attendre..."

Quand la France s'ennuie...

Le 15 mars 1968, Le Monde publie un article de Pierre Viansson-Ponté sur l'état de la société française, appelé a un grand retentissement.

Ce qui caractérise actuellement notre vie publique, c'est l'ennui. Les Français s'ennuient. Ils ne participent ni de près ni de loin aux grandes convulsions qui secouent le monde. La guerre du Vietnam les émeut, certes, mais elle ne les touche pas vraiment. Invités à réunir "un milliard pour le Vietnam", 20 F par tête, 33 F par adulte, ils sont, après plus d'un an de collectes, bien loin du compte.

D'ailleurs, à l'exception de quelques engagés d'un côté ou de l'autre, tous, du premier d'entre eux au dernier, voient cette guerre avec les mêmes yeux, ou à peu près. Le conflit du Moyen-Orient a provoqué une petite fièvre au début de l'étédernier : la chevauchée héroïque remuait des réactions viscérales, des sentiments et des opinions en six jours, l'accès était terminé. Les guérillas d'Amérique latine et l'effervescence cubaine ont été , un temps, à la mode elles ne sont plus guère qu'un sujet de travaux pratiques pour sociologues de gauche et l'objet de motions pour intellectuels. Cinq cent mille morts peut-être en Indonésie, cinquante mille tués au Biafra, un coup d'Etat en Grèce, les expulsions du Kenya, l'"apartheid"sud-africaine, les tensions en Inde : ce n'est guère que la monnaie quotidienne de l'information. La crise des partis communistes et la révolution culturelle chinoise semblent équilibrer le malaise noir aux Etats-Unis et les difficultés anglaises.

De toute façon, ce sont leurs affaires, pas les nôtres. Rien de tout cela ne nous atteint directement : d'ailleurs la télévision nous répète au moins trois fois chaque soir que la France est en paix pour la première fois depuis bientôt trente ans et qu'elle n'est ni impliquée ni concernée nulle où que ce soit dans le monde.

La jeunesse s'ennuie. Les étudiants manifestent, bougent, se battent en Espagne, en Italie, en Belgique, en Algérie, au Japon, en Amérique, en Egypte, en Allemagne, en Pologne même. Ils ont l'impression qu'ils ont des conquêtes à entreprendre, une protestation à faire entendre, au moins un sentiment de l'absurde à opposer à l'absurdité. Les étudiants français se préoccupent de savoir si les filles de Nanterre et d'Antony pourront accéder librement aux chambres des garçons, conception malgré tout limitée des droits de l'homme. Quant aux jeunes ouvriers, ils cherchent du travail et n'en trouvent pas. Les empoignades, les homélies et les apostrophes des hommes politiques de tout bord paraissent à tous ces jeunes, au mieux plutôt comiques, au pis tout à fait inutiles, presque toujours incompréhensibles.

Heureusement, la télévision est là pour détourner l'attention vers les vrais problèmes : l'état du compte en banque de Killy, l'encombrement des autoroutes, le tiercé, qui continue d'avoir le dimanche soir priorité sur toutes les antennes de France.

Le général de Gaulle s'ennuie. Il s'était bien juré de ne plus inaugurer les chrysanthèmes et il continue d'aller, officiel et bonhomme, du Salon de l'agriculture à la Foire de Lyon. Que faire d'autre ? Il s'efforce parfois, sans grand succès, de dramatiser la vie quotidienne en s'exagérant à haute voix les dangers extérieurs et les périls intérieurs. A voix basse, il soupire de découragement devant la "vachardise"de ses compatriotes qui, pourtant, s'en sont remis à lui une fois pour toutes de leurs affaires. Ce qui fait d'ailleurs que la télévision ne manque pas une occasion de rappeler que le gouvernement est stable pour la première fois depuis un siècle.

Seuls quelques centaines de milliers de Français ne s'ennuient pas : chômeurs, jeunes sans emploi, petits paysans écrasés par le progrès, victimes de la nécessaire concentration et de la concurrence de plus en plus rude, vieillards plus ou moins abandonnés de tous. Ceux-là sont si absorbés par leurs soucis qu'ils n'ont pas le temps de s'ennuyer, ni d'ailleurs le cœur à manifester et à s'agiter. Et ils ennuient tout le monde. La télévision, qui est faite pour distraire, ne parle pas assez d'eux. Aussi le calme règne-t-il.

La réplique, bien sûr, est facile : c'est peut-être cela qu'on appelle, pour un peuple, le bonheur. Devrait-on regretter les guerres, les crises, les grèves ? Seuls ceux qui ne rêvent que plaies et bosses, bouleversements et désordres, se plaignent de la paix, de la stabilité, du calme social.
L'argument est fort. Aux pires moment des drames d'Indochine et d'Algérie, à l'époque des gouvernements à secousses qui défilaient comme les images du kaléidoscope, au temps où la classe ouvrière devait arracher la moindre concession par la menace et la force, il n'y avait pas lieu d'être particulièrement fier de la France. Mais n'y a-t-il vraiment pas d'autre choix qu'entre l'immobilité et la tempête ? Et puis, de toute façon, les bons sentiments ne dissipent pas l'ennui, ils contribueraient plutôt à l'accroître.

Cet état de mélancolie devrait normalement servir l'opposition. Les Français ont souvent montré qu'ils aiment le changement pour le changement, quoi qu'il puisse leur en coûter. Un pouvoir de gauche serait-il plus gai que l'actuel régime ? La tentation sera sans doute de plus en plus grande, au fil des années, d'essayer, simplement pour voir, comme au poker. L'agitation passée, on risque de retrouver la même atmosphère pesante, stérilisante aussi. On ne construit rien sans enthousiasme. Le vrai but de la politique n'est pas d'administrer le moins mal possible le bien commun, de réaliser quelques progrès ou au moins de ne pas les empêcher, d'exprimer en lois et décrets l'évolution inévitable. Au niveau le plus élevé, il est de conduire un peuple, de lui ouvrir des horizons, de susciter des élans, même s'il doit y avoir un peu de bousculade, des réactions imprudentes.

Dans une petite France presque réduite à l'hexagone, qui n'est pas vraiment malheureuse ni vraiment prospère, en paix avec tout le monde, sans grande prise sur les événements mondiaux, l'ardeur et l'imagination sont aussi nécessaires que le bien-être et l'expansion.

Ce n'est certes pas facile. L'impératif vaut d'ailleurs pour l'opposition autant que pour le pouvoir. S'il n'est pas satisfait, l'anesthésie risque de provoquer la consomption. Et à la limite, cela s'est vu, un pays peut aussi périr d'ennui.

PIERRE VIANSSON-PONTE, Le Monde du 15 mars 1968


 

 

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Lundi 5 mai 2008
L'ILLUSIONNISTE>

Le Vrai Sarkozy
envoyé par reso69

Au moment où Sarkozy fête sa première année à la tête de l'Etat, il est bon de rappeler - à travers cette vidéo de 10 minutes - ce que nous préparait le candidat à LA PLUS HAUTE FONCTION un an AVANT son élection.

Depuis, malgré des réformes "audacieuses" et une Assemblée Nationale remplie de "gaudillos", ses affaires" (économiques, sociales et autres) ne se sont pourtant pas améliorées
Ceux qui ont voté pour Sarkozy en 2007 - cette "majorité silencieuse" - dont beaucoup de retraités et de jeunes "paumées" (lire les sondage qualitatifs de mai 2007 ! ) - s'en mordent aujourd'hui les doigts

Voici donc, comme le surnomme François Bayrou, "l'enfant barbare" qui a réussi à diviser le France et la rendre encore plus ingouvernable.
Et encore... L'avenir est bien plus incertain... si d'autres voix ne se font pas attendre/entendre (assez)rapidement.

Bonne lecture et bonne réflexion !
Caphi

Lire aussi cet article dans Le Monde" :


Nicolas Sarkozy, l'impossible président

Forcément, il sera comparé et il ne le supporte pas : à Giscard pour son goût du luxe, à Chirac pour son penchant pour le compromis, à Mitterrand pour sa manière de jouer avec les ambitions des uns et des autres. Il aurait bien aimé les faire oublier, ces prédécesseurs encombrants dont il voulait se démarquer. "Je ne serai pas un président-arbitre qui marche sur les eaux", avait-il prévenu. Une vision? Peut-être, mais aussi tant de mépris pour ceux qui avait occupé la fonction avant lui. Promis : il ne leur devrait rien. Un ami : "Il a le génie du présent et aucune idée du passé."

"PRÉSIDENT, C'EST LOURD"

Cet adjectif, ils sont nombreux à l'avoir entendu. "Président, c'est lourd, dit-t-il, plus lourd que ministre de l'intérieur." En ce mois de mai 2007, Nicolas Sarkozy découvre les ors et le poids de sa fonction. Il répète "c'est lourd" à propos de tout : le choix de ses ministres, la relance européenne, les premières réformes. Une manière de se convaincre qu'il a définitivement changé de registre. Candidat, tout le monde peut l'être, mais président… "Le matin, à mon réveil, je pense aux Français qui ont voté pour moi", dit-il, mais on entend comme une réminiscence de son célèbre "Je pense à la présidentielle, et pas seulement quand je me rase".

Mais ce qui a marché une fois ne peut-il pas réussir encore? Son volontarisme a séduit 53% des Français, il pourra bien résister tout un mandat, pense-t-il. C'est "lourd", oui, mais pas impossible. D'ailleurs, les premiers mois du sarkozysme sont une success story. Impuissante, la gauche, mal remise de son échec, assiste à la signature du "traité simplifié" sur l'Union européenne arrachée au bout de la nuit aux Polonais, à la libération des infirmières bulgares enlevées à leurs geôliers libyens. Quand ce n'est pas Nicolas qui triomphe à Bruxelles, c'est Cécilia qui revient en héroïne de Tripoli. Dans la majorité, on entend bien quelques pisse-froid. La réforme des universités? "Pas assez radicale." Le service minimum? "Trop mou." La loi sur le pouvoir d'achat? "Trop chère." Mais pas de quoi gâcher la fête.

"LES FRANÇAIS NE M'EN VOUDRONT JAMAIS D'ESSAYER"

Il en est sûr, il a trouvé son style. Impudique, certes, fenêtres ouvertes sur ses souffrances et foucades, mais irrésistible, croit-il. Dans les sondages, sa cote de confiance a résisté à ses vacances américaines, payée par un couple d'amis, dans une somptueuse villa de la Côte est. Sarkozy au pays de John Updike, étonnant mais ça marche! Bien sûr, son épouse, Cécilia, a boudé le dîner chez les Bush, mais il aborde septembre avec 60% d'opinions positives. Il augmente son salaire de 172%, mais se croit infaillible. Il passe sans encombre ou presque la réforme des régimes spéciaux de retraite qui avait fait trébucher Alain Juppé dix ans plus tôt. "Je suis prêt à prendre le risque de l'impopularité", avait-il glissé. Mais un soir de visite officielle à Washington, effondré dans le fauteuil de cuir d'un grand hôtel, il lâche : "Je suis un gros populaire."

La conjoncture économique se dégrade. Fort de ses bons résultats sur le front du chômage, le "président du pouvoir d'achat" continue d'arpenter les usines, haranguant les ouvriers sur une estrade dressée au milieu des courants d'air. Il ne leur offre que sa parole, la promesse d'heures supplémentaires mirobolantes et de réformes menées tambour battant. On le met en garde. "N'est-ce pas trop?" On l'enjoint à regarder ce que faisaient ses prédécesseurs, une réforme après l'autre. Il tourne les talons. Quand on doute devant lui des résultats de cette politique, il lâche : "Les Français ne m'en voudront jamais d'avoir essayé."

"QUELLES FRASQUES ?"

Automne-hiver : Sarkozy passe de mode. Pourtant, il n'a rien changé : hâbleur, toujours convaincu des bienfaits de sa politique. Mais ce qui avait séduit chez le candidat rebute soudain les Français. Son divorce d'avec Cécilia navre, paraît-il, l'électorat conservateur de droite. Ses Ray-Ban Aviator insupportent les bobos de gauche qui, d'une expression – "bling-bling" –, dénoncent un snobisme qui n'est pas le leur. La tente du colonel Khadafi plantée sur la pelouse de l'hôtel de Marigny achève de ruiner son image. Est-ce là la "diplomatie des droits de l'homme" qu'il avait promise? Le rapport Attali et ses 300 propositions brouille l'idée même de la réforme. Les élections municipales à Neuilly-sur-Seine virent au psychodrame. Le roi de France incapable de mettre de l'ordre dans son ancien duché? La droite s'inquiète, la gauche s'amuse.

Parce qu'il croit transgresser, il provoque. Son divorce à peine annoncé, au mois d'octobre, il présente aux Français sa nouvelle compagne, Carla Bruni, dans le décor de carton-pâte de Disneyland à Marne-la-Vallée. L'hiver est triste, le moral des Français en berne, il s'envole pour les pyramides d'Egypte. Le coucher de soleil jette des reflets d'or dans les cheveux de Carla. Ils s'envolent pour Pétra, en Jordanie, une meute de photographes à leurs trousses. Juché sur les épaules du président, le fils de Carla Bruni masque son visage de ses mains d'enfant. Il se marie en février dans le salon vert où il réunit tous les mercredis l'aréopage de l'UMP. Il découvre le bonheur : "Maintenant, je n'ai plus besoin de dormir", confie-t-il, émerveillé, à son ami Brice Hortefeux. Il montre les SMS de sa nouvelle compagne à ses amis, s'enthousiasme de son "intelligence". Il revit, les Français dépriment. Les sondages sont en chute libre : moins vingt points en quelques semaines… "Il a déserté psychologiquement l'Elysée", se souvient un proche. On l'alerte, lui demande de "cesser ses frasques". Lui, pincé : "Quelles frasques?" François Bayrou lui a trouvé un surnom : "L'enfant barbare."

"IL N'Y AURA PLUS JAMAIS PÉTRA"

Sarkozy ne veut rien céder, persuadé qu'il gagnera le bras de fer engagé avec l'opinion. Mais il a trop d'expérience de la politique pour ne pas donner des gages. Le Sarkozy première manière disparaît des écrans. Ses conseillers ont diminué ses apparitions médiatiques selon les règles du sevrage. Les Français ont trop vu ses lunettes, ses montres et ses cuisses nues dans un short de jogging. Les sondages le disent; ils veulent voir un président plein de pompe et de sacré. Il réapparaît le temps d'un voyage à Londres en habit et ruban rouge sur son plastron blanc. Carla Bruni-Sarkozy, aguerrie par vingt ans de podiums, défile sans faute devant la cour. "Il n'y aura plus jamais Pétra", glisse un conseiller. Voilà pour l'image perçue.

Mais dans la "soute" de l'Elysée, rien ne change vraiment. C'est le président qui dirige son parti, acquiesce aux nominations, joue les uns contre les autres. Recadre les conseillers trop bavards. L'un d'eux : "La tendresse n'est pas son fort." Recherchant la magie de sa campagne victorieuse, il a fait revenir un à un, autour de lui, les conseillers désavoués par Cécilia. Aux unes de Voici et de Point de vue, l'Elysée privilégie les grands titres. Interview de Carla Bruni-Sarkozy dans L'Express, suivie d'une tribune dans Le Monde. Au départ, elle avait choisi Libération. Pierre Charon, un des plus anciens conseillers de son mari, lui a fait remarquer : "Carla Bruni écrit dans Libération. Carla Bruni-Sarkozy écrit dans Le Monde." Bonne élève, elle a obtempéré.

"JE VEUX FAIRE DU POGNON"

L'opération "Sarkozy a changé" est sur les rails. Pour l'heure, les sondages, eux, ne bougent pas. Les municipales, le premier test électoral de son mandat, ont été une catastrophe. Le président reste encalminé dans la zone des 40% de bonnes opinions. Une misère. Ne sachant se remettre en question, il tempête contre son premier ministre, François Fillon, soupçonné de gérer sa popularité en petit rentier quand il a joué la sienne en flambeur. Son gouvernement, dont il était si fier, se révèle souvent inexpérimenté. "La prochaine fois, je les vire", menace-t-il à chaque "couac", sans que cela soit suivi d'effet. Une petite musique monte dans les rangs de la majorité excédée : "Sarkozy est un faux dur." Parfois, il aurait presque envie de tout planter là. Il rêve de ne faire qu'un seul mandat, de réformer la France et de partir. "Je ne ferai qu'un seul mandat", glisse-t-il à ses visiteurs qui n'en croient pas un mot. "Je veux faire du pognon", insiste-t-il en tâtant la poche poitrine de sa veste. Le retour du naturel? Pourtant, il a fait ce qu'on lui demandait. Il a "fait" président. S'est montré discret, a remisé ses gros chronographes Breitling au placard. A la place, il porte une Patek Philippe. Une montre suisse discrète comme le sont les vraies grosses fortunes des bords du Léman. Parfois, il la fait circuler entre ses invités qui partagent sa table de déjeuner, entre deux conversations sur les réformes et la politique étrangère. "Elle vaut quatre fois plus cher que l'autre!", s'amuse-t-il. Puis il reprend sa conversation en s'efforçant de ne pas interrompre ses hôtes comme il le faisait avant. Devant eux, il joue les fiers à bras, dit qu'il n'a dû renoncer à aucune réforme, au contraire de Giscard, de Mitterrand et de Chirac, ces modèles dont on voudrait qu'ils l'inspirent. Dédaigneux, il rappelle leurs échecs. Et, fanfaron, il lâche : "Je ne repeins pas la réalité en rose, mais finalement, gouverner, c'est plus facile que je croyais."

Philippe Ridet

http://www.lemonde.fr/sarkozy-un-an-a-l-elysee/article/2008/05/05/nicolas-sarkozy-l-impossible-president_1041212_1036775.html#ens_id=998385


Aujourd'hui, dans la France Sarkozienne... (humour)

Un An
envoyé par chezwat


Edito du Monde

Désillusions

Le contraste est frappant entre la bonne santé des droites européennes et l'ambiance plus que morose qui domine le premier anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le 6 mai 2007. En Italie, la droite ne s'est pas contentée de gagner les législatives, elle vient de s'emparer de la municipalité de Rome. A Londres, un an avant des législatives menaçantes pour le Labour de Gordon Brown, un conservateur, pourtant réputé fantaisiste, l'a emporté sur le solide maire travailliste. En France, au contraire, les élections municipales de mars ont été ravageuses pour le parti du président.

Ce n'est pas que la gauche ait moins de vague à l'âme ici que chez nos voisins. Au contraire. M. Sarkozy aurait pu célébrer les succès européens de sa famille de pensée, en même temps que l'anniversaire de sa victoire, s'il n'avait suscité durant cette première année de présidence une énorme désillusion.

Les Français ont cru voter pour un politique énergique, qui semblait décidé à faire redémarrer un pays atone, voire bloqué, et qui avait su les convaincre, en particulier les plus modestes d'entre eux, qu'il améliorerait leur situation personnelle. Or, rien n'a fonctionné comme prévu. Arrivé à l'Elysée avec plus d'atouts que la plupart de ses prédécesseurs, le chef de l'Etat les a gâchés avec presque autant d'énergie qu'il avait mis à les obtenir. Hier conquérant et triomphant, le voilà décrié, affaibli, empêtré. Les premières mesures du "paquet fiscal" ont donné le signal désastreux d'une politique qui semblait faite "pour les riches", tout en privant le budget de masses financières précieuses. La conjoncture économique internationale n'a rien arrangé depuis. Au lieu du solide professionnalisme qu'on prêtait au président, amateurisme, bricolages et cafouillages ont dominé l'action de l'exécutif. Sans parler du mélange des genres entre vie privée et fonction présidentielle.

Il reste quatre ans à M. Sarkozy pour réparer les dégâts. Faute de quoi, après le regain d'intérêt, presque de passion, pour la politique qu'a permis l'élection présidentielle, il porterait une lourde responsabilité. Celle d'avoir, une nouvelle fois, creusé le fossé entre le peuple et ses dirigeants.

par caphi publié dans : [les billets de caphi]
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Samedi 10 novembre 2007
Tout est parti d'une annonce parue sur le site de l'ANPE-spectacle : "Urgent : le Théâtre du Rond-Point recherche, pour la figuration du spectacle de Rodrigo Garcia du 8 au 18 novembre 2007, 15 jeunes femmes aux cheveux longs acceptant de se faire raser la tête pendant le spectacle (rémunération 200 euros brut)."
 
"C'est une annonce pour l'ANPE qui ne paye pas de mine. Bien sûr, il ne s'agit que d'un job de quatre heures. Mais, en regard du tarif des figurants, ces quatre heures ne sont pas trop mal payées, 200 euros brut ! Et puis, même les débutantes sont acceptées !... " écrit Philippe Cohen dans Marianne en préambule de son article : "Au théâtre de Rodrigo Garcia, on se paye des tondues pour 200 euros ! ". Vient ensuite l'objection : "Il y a quelque chose de dégueulasse à exploiter la détresse d'actrices prêtes à tout pour exercer ce qu'elles croient être leur métier mais qui n'est en fait qu'un simulacre de jeu dans un simulacre de pièce (...) Ce metteur en scène très tendance a oublié que le théâtre était un jeu qui, en principe, mobilise le talent des metteurs en scène et des acteurs pour jouer et représenter la réalité, non pour la reproduire."
 
"La profession sort du marasme, un avenir radieux s'offre aux artistes" ironise, dans le même hebdomadaire, Fanny Carrel, comédienne et auteur de romans et de théâtre avant d'expliquer son opposition : "On pense également à Fantine, l'héroïne infortunée des Misérables, qui dut vendre ses cheveux, puis se faire arracher les dents pour nourrir sa petite Cosette. On n'en est pas encore aux dents, mais les cheveux vont bel et bien y passer. Encore Fantine ne fut-elle qu'une héroïne de roman, une créature imaginaire. Or ce n'est pas en imagination qu'on nous offrira au théâtre du Rond-Point le spectacle dégradant de cette mutilation « live »." (Lire ici la diatribe de Fanny Carrrel "En attendant qu'on lui arrache les dents !" à la suite de l'article de Philipe Cohen)
 
"En rappelant l'humiliation de la pauvreté, et celle de l'épuration, Fanny Carel touche deux points sensibles en France - surtout le second" analyse dans Le Monde du 8 novembre, Brigitte Salino dans son article "Tempête sur un crâne". "On peut comprendre qu'une femme rasée lui évoque ces images et qu'elle s'en émeuve. Est-ce une raison pour dénoncer "le spectacle dégradant de cette mutilation "live"" ? La journaliste ne prend pas vraiment partie et reprend même les arguments des organisateurs du spectacle : "aucune des femmes qui sont allées sur la scène à Rennes, ou iront à Paris, ne l'ont fait ni ne le feront "avec un fusil dans le dos". La critique rappelle également : "Quant à leur rémunération, elle correspond aux tarifs en vigueur..."
 
"Avec un fusil dans le dos" ? Certes non. Mais cette proposition étonnante, prêtant à caution, n'est-elle le signe avant-coureur pour d'autres dérives soit-disant artistiques ?
 
Ce théâtre-là ne se rapproche-t-il pas de la télévision-poubelle, pour s'attirer un nouveau public, celui avide d'images trash voire sadiques ?
 
Quelles que soient les qualités artistiques de l'auteur, à ce spectacle "tiré par les cheveux", je ne dirai donc pas mon "Chapeau" !
 
Après l'apologie de la tauromachie par Philippe Caubère, à l'occasion d'un débat organisé récemment par Télérama, on s'attendait à mieux dans ce théâtre dirigé par Jean-Michel Ribes où ce spectacle est joué tous les soirs jusqu'au 18 novembre.
 
caphi
 
par caphi publié dans : [les billets de caphi]
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Jeudi 8 novembre 2007
cocktail-au-Prix-de-Flore-18-11-2004-Paris.JPGDans l'actualité politique, sociale et culturelle, du Sarkozy l'américain à la Gallimarredesque remise des prix littéraires, congratulations autour de petits fours germanopratins, il n'y a que louanges et lauriers pour les uns et les autres, représentants du "prêt à penser".
 
Sur les plateaux télévisés, toujours les mêmes intervenants. A l'heure où le citoyen lambda est déjà sous la couette, des philosophes et politologues estampillés spécialistes parlent au nom du peuple et décryptent l'actualité.
 
Pendant que la ministre de l'Éducation Nationale se justifie face à la grogne montante des étudiants, que Brice Hortefeux organise l'immigration économique, que les officiers de police font  du zèle [Le Figaro], pendant qu'à l'approche de l'hiver, la situation s'enlise pour les laissés-pour-compte de notre société [Pas d'avancée pour les mal-logés de la rue de la Banque / Témoignage sonore d'une mère en colère [L'Express], La « meute » au chenil [Libération], la gauche institutionnelle se tait et laisse plutôt faire. En espérant des lendemains meilleurs pour elle ?
 
Après le rachat du quotidien Les Echos par l'homme d'affaires Bernard Arnaud, les journalistes, eux, ont des raisons d'être inquiets. [L'indépendance de la presse économique française en jeu, Courrier International].
 
Pourtant, la presse, schizofrénétiquement (je viens d'inventer ce mot), préfère se passionner pour le cas de Romain Dupuy ["J'ai pris l'infirmière pour un mort-vivant" Le Figaro, Dupuy, le terrifiant récit Le journal du dimanche en ligne, «Je me prenais pour Predator» Libération]
 
Aujourd'hui, c'est pourtant LA journée des intersexué(e)s.  "A l'heure où l'on dénonce l'excision, un nombre considérable d'enfants sont légalement mutilés en France. Parce qu'ils sont nés avec des organes génitaux différents des standards garçon/fille..." (lire plus bas).
 
Mais qui en parle ? Qui informe ? Que dit la presse ? Rien.
 
"Paroles, paroles..." chantait la merveilleuse Dalida, chérie des bobos du Marais.
 
On a encore du soucis à se faire pour la démocratie représentative et des choix des éditorialistes.
 
caphi, journaliste transgenre

photo : cocktail au Prix de Flore (Paris VIe, 18-11-2004)
 
> Lire aussi mon blog Différences - http://caphi.over-blog.fr - consacré à la transidentité

[l'évènement] ce jeudi 8 novembre 2007, journée des personnes intersexuées
A l'heure où l'on dénonce l'excision, un nombre considérable d'enfants sont légalement mutilés en France. Parce qu'ils sont nés avec des organes génitaux différents des standards garçon/fille, on les normalise chirurgicalement au moyen de l'ablation de leurs organes de plaisir, gland supposé trop petit ou clitoris supposé trop grand. Ces opérations sont tellement taboues qu'on « omettra » de les annoter dans le dossier médical et on se gardera bien de révéler à la personne concernée qu'elle a été assignée.
Ceux d'entre nous qui ont fini par découvrir ce qui leur avait été fait, ont souvent trouvé du soutien et de la compréhension dans un témoignage vieux de plus d'un siècle : les mémoires d'Herculine Barbin ( Michel Foucault, Herculine Barbin dite Alexina B, Gallimard, 1978, EAN : 9782070299607 ).

Née le 8 novembre 1838 à St. Jean d'Angély, Herculine Barbin est déclarée de sexe féminin. Elle grandit dans une institution pour jeunes filles où elle reçoit une éducation d'institutrice. A l'âge de 22 ans, elle ressent de violentes douleurs au ventre et doit consulter un médecin qui découvre des organes génitaux qu'il qualifie de masculins. En quelques mois, Herculine est encouragée par les médecins et son confesseur à « devenir » juridiquement un homme. Elle devient Abel Barbin et perd son statut d'institutrice. Rejetée de tous, vivant dans la misère et ne trouvant pas sa place dans la société, elle mettra fin à ses jours en février 1868. Près de son corps a été trouvé un manuscrit dans lequel elle raconte son vécu.
100 ans après, ce texte n'a rien perdu de sa force, bien que tronqué par deux fois : en 1874, lors de sa première édition puis en 1978, lors de sa réédition par le philosophe Michel  Foucault. Mais plus étonnant encore, malgré l'émergence des questions de genre au cours de ces trente dernières années en Occident, rien ou presque n'a changé pour les hermaphrodites, appelés désormais intersexes ou intersexués.

Nous sommes peu nombreux à avancer à visages découverts mais aujourd'hui, 169 ans après Herculine, nous crions notre existence et notre droit à disposer librement de nos corps, le droit de choisir de se vivre en homme en femme ou différemment, mais certainement pas que d'autres choisissent à notre place par des mutilations définitives au nom d'un ordre moral que malgré nous nous remettons en cause.

A voir :
xxy1-petit.jpg•  XXY, de Lucia Puenzo
(Argentine-Espagne-France, 91 min., 2007)
Un film très juste sur l'intersexualité qui montre bien que nous ne sommes ni des monstres, ni des ambigus et que bien souvent, nous aimons nos organes génitaux et ne souhaitons pas être autre chose que ce que nous sommes. Ce film a obtenu le Grand Prix de la Semaine internationale de la Critique cette année. Nous espérons qu'il permettra un éclairage nouveau auprès du grand public.
 
> Projection en avant-première, le mardi 13 novembre 2007 à 20h30 au Rex 2 à Paris (http://www.ffglp.net/)
Sortie en salles prévue pour le 26 décembre 2007
 
•  Le mystère Alexina de René Feret
(France, 96 min., 1985)
Inspiré du manuscrit d'Herculine Barbin
Samedi 17 novembre 2007 à 12h00
Cinéma Rex 2, Paris
•  L'hypothèse hermaphrodite de Alain Burosse
(France, 26 min, 1997)
Un documentaire historique sur l'hermaphrodisme
Samedi 17 novembre 2007, juste après Le mystère Alexina
•  L'ordre des mots par Cynthia et Melissa Arra
(France, 75 min., 2007)
Un reportage sur des militants des questions de genre dont un intersexe. La projection sera suivie d'une rencontre-débat.
Dimanche 18 novembre 2007 à 12h30, Cinéma Rex 2, Paris

Pour en savoir plus :

http://www.intersexualite.org

Contacts :
Vincent Guillot
vincentguillot608@gmail.com
+33 (0)2 96 24 94 81

Arthur Cocteau
arthurcocteau@gmail.com
+33 (0)6 42 49 35 21

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Vendredi 5 octobre 2007
Cher(e) visiteur(se) régulier(e) ou occasionnel(le),

Si vous souhaitez en savoir plus sur l'actualité artistique et les idées de sorties à Paris, allez voir sur mon nouveau blog que j'alimente plus régulièrement :
http://paris-caphi.blogspot.com. (Le Paris de caphi) :  Informations pratiques (spectacles, expos, déplacements...) et images de mon Paris.

Bien à vous
caphi

P.S. : Pour mes autres blogs, voir dans mes liens.
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