[sciences et conscience]

Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 15:21
L'argent, ses pouvoirs et ses conséquences ont marqué la 8ème édition du Festival PARIS-CINEMA qui s'est tenu du 3 au 13 juillet 2010 dans différents cinémas parisiens.
 
La-riviere-Tumen---Arizona-Films.jpgOutre le très beau film "La Rivière Tumen" du sud coréen Zhang Lu (illustration ci-contre) qui a reçu le PRIX du JURY et celui des étudiants, deux films récompensés,  "Cleveland contre Wall Street" , le documentaire du suisse Jean Stephan Bron, "belle leçon de citoyenneté politique" pour Aude Hesbert la déléguée générale (en salles le 18 août) et "Le Braqueur" de l'allemand Benjamin Heisenberg (en salles le 3 novembre) - respectivement PRIX du PUBLIC et (nouveau) PRIX des BLOGUEURS -, a démontré l'influence de la crise financière internationale sur  le choix des jurés-cinéphiles. Et pour faire échos à leurs conséquences sociales, le MK2 Bibliothèque, centre névralgique du Festival, a été victime, trois jours avant sa clôture, d'une grève surprise du personnel pendant quelques heures, et mis ainsi en lumière les problèmes particuliers du cinéma et de ses "dérivés".
 
D'ailleurs, les films présentés ont reflétés plus largement les problèmes de nos sociétés et les conflits qu'ils engendrent : incompréhension, égoïsme et corporatisme.
Le Japon, à l'honneur cette année, a ouvert une voie originale en présentant une programmation écclectique. De "Tetsuo : the Bullet Man" de Shinka Tsukamoto (2009) au documentaire "Pyuupiru 2001-2008" de Daishy  Matsunaga (2009) - deux inédits - Il y en avait pour tous les goûts. Et même les fantasmes en tous genres !
 
Les avant-premières
 
Avec des films pourtant aussi différents que "Everyone Else", l'oeuvre intimiste de l'allemande Maren Ade ou "The Housemaid" du sud-coréen Im Sang-soo, les regards portés sur nous-mêmes n'ont jamais été aussi crus voire incisifs, ce qui n'empèche pas une certaine dose d'humour comme avec l'excellent "docu-menteur" et inclassable "Double Take" du hollandais Johan Grimonprez (en salles le 22 septembre)
 
"Mais il y a une réalité du monde : si le public ne vient pas [la 1ère semaine d'exploitation du film], il ne tiendra pas !" a rappelé la distributrice du film primé "La Rivière Tumen" (sorti en salles le 25 août), oeuvre "dure, cruelle, burlesque et kafkaïenne" pour l'écrivain Eric Reinhardt qui remettait le prix au nom du jury du festival présidé par l'actrice Charlotte Rampling qui rappela aussi que "le cinéma est abolument libre pour que tout le monde puisse s'exprimer comme il l'entend".
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"Le Dernier Eté de la boyita", chronique pudique et sensible sur la "différence" réalisée par l'argentine Julia Solomonoff, a été présentée en avant-première le dimanche 11 juillet (en salles le 8/09/2010, à partir de 12 ans)

 
L'expression des identités - sexuelles, religieuses ou nationales - a été aussi abordé, que ce soit avec l'oeuvre sensible et pudique de l'argentine Julia Solomonoff, "Le Dernier Eté de la boyita" (en salles le 8 septembre 2010), "Le Nom des gens" l'excellente comédie politique de Michel Leclerc (en salles le 24 novembre 2010) ou avec "Des hommes et des dieux" , magnifique méditation sur l'engagement et la foi du français Xavier Beauvois (Grand Prix de Cannes 2010, en salles le 8 septembre 2010) qui illustre parfaitement le rôle des hommes de bonne volonté pour tenter d'améliorer notre condition humaine face aux dangers qui nous menaçent : l'intolérance et les "frontières" - fictives ou réelles - qu'on nous impose.
 
Mais face à l'exemplarité de certains personnages (de fiction ou pas) représentés par le 7eme Art, les intentions cinématographiques louables se confrontent au vécu où l'ostracisme (qui ne dit pas son nom) et l'hypocrisie (pour le cacher) - même dans le milieu du cinéma et de certains de leurs services de presse - sont encore malheureusement des valeurs communes qu'on aimerait échanger avec de meilleures images.
 
Pourquoi n'apprend-t-on pas assez de nos "héros" qui pourtant fascinent encore nos contemporains ?
 
Caphi
 
 
Palmarès  
Le Palmarès de PARIS CINEMA 2010
- Prix du Jury : La Rivière Tumen de Zhang Lu
Doté par Screenvision. Distributeur : Arizona Films - Sortie en salles le 25 août
- Prix du Public : Cleveland contre Wall Street de Jean-Stéphane Bron
Doté par CINECINEMA, en partenariat avec JC Decaux. Distributeur : Les Films du Losange - Sortie en salles le 18 août
- Prix des étudiants : La Rivière Tumen de Zhang Lu
Doté par Imagine R, l'Etudiant, CINE FAC et l'Office franco-québécois, en partenariat avec Ma Chaîne Étudiante.
- Prix des blogueurs : Le Braqueur de Benjamin Heisenberg
Doté par Studio Ciné Live. Distributeur : ASC Distribution - Sortie en salles prévue le 2 novembre.
 
  en savoir plus
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 15:49

Spéciale DIFFÉRENCES

"La problématique TRANSSEXUELLE"

La UNE du quotidien "Libération" du vendredi 19 février 2010


VOIR > Libération, édition digitale du 19-02-2010

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"C'est de l'identité qu'est née la différence" Heinz Pagels, Extrait de L'Univers Quantique

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sommaire
[ACTU] Le quotidien français "Libération" fait sa UNE du 19 février 2010 sur "la problématiqueTRANSSEXUELLE"
[comprendre] Le parcours de soin semé d'embûches des transsexuels (dépêche AFP, 19 février 2010)
[chronique] Une âme de geisha par Le Mosellan, Le Monde
 
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[ACTU] Le quotidien français "Libération" fait sa UNE du vendredi 19 février 2010 sur "la problématiqueTRANSSEXUELLE"
A l'occasion de la parution aujourd'hui du rapport de la HAUTE AUTORITE de SANTE, et quelques jours après que le Ministère de santé français publie un décret  "dépsychiatrisant" le transexualisme, le quotidien "Libération" fait sa UNE de ce vendredi 19 février 2010 sur la "problématique" "TRANSSEXUELLE".
 

[comprendre] Le parcours de soin semé d'embûches des transsexuels
Le transsexualisme n'est plus considéré comme une maladie mentale en France, premier pays au monde à sortir le transsexualisme de la liste des affections psychiatriques." annonce Le Généraliste (12 février 2010), magazine en ligne des praticiens. 
"Un décret du ministère de la Santé paru le 10 février 2010 au JO supprime « les troubles précoces de l'identité de genre » d'un article du code de la Sécurité sociale relatif aux «affections psychiatriques de longue durée». Roselyne Bachelot s’y était engagé le 16 mai 2009, à la veille de la Gay Pride."
C'est "u
ne avancée saluée par les associations" mais «il reste encore beaucoup de choses en suspens sur cette question qui doivent être absolument traitées»  déclare Philippe Castel (Inter LGBT), citant notamment «la question du changement d'état civil». «Actuellement, la France oblige à subir une opération chirurgicale qui implique une stérilisation pour passer de M. à Mme ou l'inverse sur les papiers d'identité alors que la moitié, environ, des transsexuels ne souhaitent pas changer physiquement de sexe», a précisé M. Castel. Le Comité IDAHO, qui «félicite» Mme Bachelot, entend poursuivre son combat pour que l'OMS retire également le transsexualisme du CIM 10
...
 
 
> LIRE aussi sur Différences en particulier les pages suivantes concernant l'actualité récente :
Une belle chronique du journal Le Monde...
chronique : Une âme de geisha par Le Mosellan, Le Monde, 14.02.10
 
La France devient-elle la figure de proue du transsexualisme ? Elle cherche à l'être,en tout cas, avec ce décret qui vient de faire le tour du monde, dépsychiatrisant les transsexuels, histoire de confirmer son leadership de pays des droits de l'homme.
 
Phénomène de société ultraminoritaire, ayant suscité peu d'écho dans Le Monde, le sujet n'est pas aussi porteur que la burqa, mais profondément significatif dans le champ identitaire labouré en tous sens, et pas toujours à bon escient.
 
Le cas du transsexualisme mérite que l'on s'y arrête. C'est la lutte entre la vérité et ses apparences, où le doute existentiel n'est pas permis, mais où l'âme finalement triomphe en dépit des obstacles redoutables dressés sur son chemin.
 
La sexualité a été examinée sous toutes coutures par nos moralistes, tout en faisant l'impasse sur beaucoup de choses, dont la transsexualité. Peut-être que le sujet leur était inconnu, comme l'Amérique avant Colomb. Continent qui vient justement d'émerger tel un Kratatoa, générant un tsunami certain dont la force n'a pas été toutefois estimée.
 
Il m'a été donné d'approcher d'assez près une geisha transsexuelle...

 


LIRE aussi > Différences (blog de REFERENCE FRANCOPHONE sur la TRANSIDENTITE) (actualisé en permanence)
rappel des blogs de caphi
sélection d'informations identitaires, culturelles et citoyennes

 

>
 les PARIS de caphi : sélection de spectacles, expos, infos, images, chroniques et reportages (blog actualisé régulièrement) > http://paris-caphi.blogspot.com

> la webdromadaire de caphi
 (mon regard décalé, subjectif et citoyen sur l'identité et le sens en particulier à travers les Arts et les Sciences) > http://lawebdromadaire.over-blog.com)
 

> notre raison d'être (
actes et faits citoyens qui donnent du sens à nos vies) > http://notreraisondetre.over-blog.com
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 23:59

Appel des appels

www.appeldesappels.org

L’Appel des appels Un an après

Décembre 2009

 

Le malaise en France est bien là, profond, palpable. Misère sociale, crise financière et économique,  détresse morale, impasse politique. Le gouvernement navigue entre cynisme et opportunisme. La caporalisation des esprits accompagne la petite musique néolibérale, invitant tout un chacun à la servitude sociale librement consentie de tous. Lorsque le peuple résiste à consentir, on le réquisitionne, on l’opprime, on le licencie, on le « casse », bref le Pouvoir renoue avec les principes premiers de la tyrannie : populisme pour tous et décision d’un seul.

Au nom de « l’efficacité » mesurable  érigée en loi suprême, les réformes visent à enserrer les populations dans des dispositifs de contrôle qui les accompagnent du berceau à la tombe. Psychologisation, médicalisation et pédagogisation de l’existence se conjuguent pour fabriquer une « ressource humaine » performante. La sévère discipline d’une concurrence de tous contre tous impose à chacun de faire la preuve à tout instant de sa conformité aux standards de l’employabilité, de la productivité et de la flexibilité.  L’idéologie d’une civilisation du profit s’insinue jusque dans les subjectivités convoquées à se vivre comme un « homo economicus », un « capital humain » en constante accumulation. Cette normalisation, à la fois polymorphe et monotone, suppose que tous les métiers qui ont souci de l’humain soient subordonnés d’une manière ou d’une autre aux valeurs de rentabilité et fassent la preuve comptable de leur compatibilité avec le langage des marchés financiers et commerciaux. Convertis en entreprises de coaching psychiatrique, de recyclage psychique, de  gestion de l’intime, une trame fine de services d’accompagnement individualisé, forcément bien intentionnés,  proposent de nouvelles tutelles sociales et culturelles pour mieux mettre les hommes en consonance immédiate avec les exigences impitoyables des marchés qui nous disciplinent. Cette conversion du service public en contrôle social à la fois souple, constant et généralisé suppose que tous ceux qui concevaient encore leur métier comme une relation, un espace et un temps réservés à des valeurs et à des principes étrangers au pouvoir politique et à l’impératif de profit doivent être eux-mêmes convertis par toute la série de réformes qui s’abat sur la justice, l’hôpital, l’école, la culture, la recherche, le travail social. Contrôler les contrôleurs des populations, normaliser les normalisateurs des subjectivités, c’est la condition indispensable du bouclage des sociétés. Lorsque cela ne suffit pas, c’est à la santé que l’on recourt pour alarmer les populations sans leur donner véritablement les moyens de la préserver : à propos de la pandémie récente des professeurs de médecine parlaient du « management par la panique ».

Comme la quête illimitée de la performance ne cesse de produire ses anormaux, ses exclus, ses inutiles et ses inefficaces, elle engendre un appareil répressif proliférant, à la mesure de la peur sociale et des paniques subjectives qu’elle provoque. L’auto-alimentation de la peur et de la répression paraît sans limites. Elle produit l’espoir suprêmement dangereux pour les libertés d’une société parfaitement sécurisée, dans laquelle serait repérée et éliminée de la naissance jusqu’à la mort la dangerosité de tout individu. L’homme indéfiniment traçable par la surveillance génétique, neuronale et numérique n’est plus une figure de science-fiction, c’est un programme scientifique et politique en plein développement. La société de demain sera animale ou ne sera pas ! N’est-ce pas d’ailleurs ce que dit la « science » sur les résultats de laquelle tous les « tyrans » font cuire leur petite soupe pour justifier leur Pouvoir sans avoir à le soumettre au débat politique : c’est la Nature ou le Marché qui veut ça et on ne peut pas faire autrement que de s’y prendre comme l’on peut. Avec la Neuro-économie d’ailleurs on sait bien que la Nature et le Marché c’est du pareil au même et que le Cerveau fonctionne comme un actionnaire et réciproquement ! Il reste à apporter cette « Bonne Nouvelle » aux populations qui l’ignorent encore et les « corps intermédiaires » sont « réquisitionnés » entre deux pandémies et deux « spectacles » au cours desquels on a pu vendre à Coca-Cola un peu de temps disponible ! Entre les deux scènes le « risque » encore le « risque », vous dis-je, menace l’apathie sereine des populations managées par la peur et distraites par la télécratie.

Magistrats, enseignants, universitaires, médecins, journalistes, écrivains, travailleurs sociaux, acteurs culturels, tous doivent plier devant de nouveaux préfets qui, au nom des « risques » divers et variés, normalisent et évaluent leurs pratiques professionnelles selon des critères idéologiques de contrôle social des populations et de conformisation des individus : nouveaux préfets de santé, les directeurs des Agences Régionales de Santé contrôlent non seulement les établissements hospitaliers, les réseaux sanitaires, mais absorbent également tout le secteur social. Nouveaux inspecteurs d’université, les experts des Agences d’Évaluation (AERES et ANR) visitent les laboratoires et les équipes de recherche pour vérifier qu’en matière de production scientifique ils obéissent bien à la politique de marque des publications anglosaxonnes. Ces nouveaux préfets du savoir, descendants des inspecteurs d’université créés par Napoléon Premier et des services de marketing publicitaire des industries de l’édition et de l’information scientifique vérifient que les acteurs de la production des connaissances courbent suffisamment l’échine sous le poids de leur nouvelle civilisation. Prônant la guerre de tous contre tous, ils chantent les louanges d’une performance d’autant plus proclamée qu’elle s’avère réellement inefficace. Pour les magistrats et les éducateurs, on supprime les relais intermédiaires et les procédures qui pouvaient potentiellement assurer leur indépendance. C’est le contenu même des programmes d’éducation et de soin, de justice, de recherche et d’information que l’on modifie en définissant de nouvelles formes par lesquelles ils s’exercent ou se transmettent. Comme le pouvoir actuel n’est pas à une contradiction près, les réformes qu’il impose peuvent dans le même mouvement désavouer les débats qu’il propose : on diminue l’importance de l’histoire et de la géographie au moment même où s’ouvre un soi-disant débat sur l’identité nationale !

Pour faire oublier les inégalités sociales redoublées et délibérées, la peur de l’étranger est attisée et exploitée sans vergogne. La traque au clandestin favorise les passions xénophobes, installe insidieusement des dispositifs de vidéosurveillance des populations et de traçabilité des individus. A partir de la traque des « anormaux » et des « illégaux », par la manipulation de l’opinion par la peur, par les effets d’annonces, avec des dispositifs de contrôle, le Pouvoir prépare insidieusement et obscurément le quadrillage en réseau des populations dites « normales » et « nationales ». Cette infiltration progressive du « cancer » sécuritaire s’exerce au nom des risques que feraient courir les terroristes étrangers, les schizophrènes dangereux, les pédophiles en cavale, et ces sans domicile fixe que nous risquons tous, plus ou moins, de devenir dans la construction d’un État néolibéral qui fait de chacun d’entre nous un intérimaire de l’existence et un intermittent de la Cité. C’est cette civilisation dont nous ne voulons pas que démonte secteur professionnel par secteur professionnel le mouvement de l’Appel des appels. Civilisation de la haine qui invite à traiter les hommes comme des choses et à faire de chacun le manageur solitaire de sa servitude sociale et le contrôleur de gestion de sa faillite citoyenne.

 

De l’asphyxie à l’insurrection des consciences

Face à l’irresponsabilité des gouvernements, l’insurrection des consciences s’étend. Désobéissance individuelle, protestations, grèves, contestations multiformes : le refus d’obtempérer est la  réponse de tous ceux qui ne se résignent pas au monde de la guerre économique et à cette civilisation d’usurier qui « financiarise » les valeurs sociales et psychologiques et « calibre » les individus comme la Commission Européenne calibre les tomates.

Dans le cours de ce vaste et divers mouvement de refus, il y a un an l’Appel des appels était lancé. Au mensonge de réformes qui, partout, font pire quand elles prétendent améliorer, des dizaines de milliers de professionnels de multiples secteurs, depuis le soin jusqu’à la justice en passant par la culture, le travail  social, l’éducation et la recherche, ont dit non. Non, il n’est nulle part écrit que la concurrence de tous contre tous, que le management de la performance, que la tyrannie de l’évaluation quantifiée doivent détruire les uns après les autres nos métiers et l’éthique du travail qui lui donne son sens. Non, il n’est écrit nulle part que les ravages provoqués par un capitalisme sans limites doivent se poursuivre de crise en crise et que l’idéologie de la rentabilité doive modifier jusque de l’intérieur toutes les institutions, surtout celles qui constituent les derniers remparts à la dictature absolue du profit. Non, il n’est écrit nulle part que nous devions rester isolés et désolés face aux désastres en cours dans le monde du travail et dans le lien social.

L’Appel des appels, un an plus tard, est connu comme un des points de ralliement, de croisement et de coordination des résistances. Le travail continue. Il est double : transversalité et réflexion commune. D’abord, établir des liens concrets entre des activités qui subissent toutes la même normalisation professionnelle. Cela se fait dans les comités locaux, et par toutes les alliances locales et nationales tissées entre associations, syndicats et collectifs. Ce qui lie dans ce que nous vivons est plus fort que ce qui sépare nos activités spécialisées. 

Ensuite, approfondir la réflexion commune. L’Appel des appels, c’est désormais un premier livre collectif[1] qui propose des analyses précises des réformes et des politiques en cours, et qui  tente une compréhension globale de la situation. Pas de lutte efficace possible si l’on ne saisit la particularité du moment, tel est le sens de l’ouvrage conçu comme un outil de transversalité et un point de départ possible d’un travail collectif mené par celles et ceux qui s’inscrivent dans la démarche de l’Appel des appels.

Ici, ce ne sont pas des « intellectuels » qui s’adressent à des « travailleurs ». Ce sont des professionnels qui forment un collectif de pensée et d’action, un « nous raisonnable » qui traverse les frontières des métiers et des disciplines. Intellectuels transversaux, plutôt que spécifiques, professionnels voulant exercer en toute connaissance de cause, tels se veulent les acteurs de ce mouvement à beaucoup d’égards original. Enoncée du cœur de nos métiers notre parole est citoyenne et c’est aux citoyens sans exclusive qu’elle s’adresse pour qu’en retour elle soit non seulement entendue mais encore  relancée et redéfinie pour construire cet espace d’un dialogue dans l’espace public d’où émerge la démocratie.

L’Appel des appels, sa force, il la tient de notre conviction partagée que la division subjective et la division sociale ne peuvent être liquidées quels que soient les efforts déployés par les pouvoirs. Réduire aujourd’hui l’homme à l’unité de compte d’une anonyme « ressource humaine », à une force enrôlée dans la mobilisation générale au service de la performance et de la compétitivité, asservie par des dispositifs de management des plus sophistiqués et souvent des plus persécutifs, ne peut qu’engendrer souffrance, révolte sourde, éclats demain qui diront l’insupportable de la négation de l’humain et du social. Nul pouvoir technique, scientifique, économique, quelles que soient ses prétentions à l’instrumentalisation totalitaire, ne saurait supprimer le sujet et le conflit, acquis anthropologiques de la démocratie. C’est la raison de l’Appel des appels. C’est pourquoi, partout où nous sommes,  nous ne céderons pas, nous refuserons l’humiliation et le mépris sans le demander pour l’autre. Pari difficile pour chacun d’entre nous, dont seul le « Nous raisonnable » constitue l’assurance que nous pouvons encore et encore le gagner, pas contre mais avec l’autre, à condition et à condition seulement d’autoriser, d’accueillir et de prendre soin du conflit. Faute de quoi la reproduction de l’espèce finira par anéantir son humanité. 

 

Pour le Bureau de l’Appel des appels

Roland Gori et Christian Laval, Le 22 Décembre 2009


[1] Roland Gori, Barbara Cassin, Christian Laval (sous la dir. de), 2009, L’Appel des appels Pour une insurrection des consciences. Paris : Mille et une nuits.


 
précédemment...

["la Déclaration de Paris"] "Nous ne paierons pas pour votre crise..." : l'appel de plus de 150 représentants des mouvements sociaux, des syndicats, des ONG, venant de vingt-cinq pays européens...

 Mobilisations mardi 20 janvier 2009


"Le moment du changement est venu !" C’est le titre de la déclaration adoptée par plus de 150 représentants des mouvements sociaux, des syndicats, des ONG, venant de vingt-cinq pays européens, qui se sont réunis à Paris du 9 au 11 janvier 2009. De cette réunion est sortie "la Déclaration de Paris" que nous reproduisons ici. Elle appelle à faire du G20 de Londres, le 2 avril, un grand moment de mobilisation en Europe, en réponse aux crises financières, économiques, sociales et écologiques.

Nous ne paierons pas pour vos crises !

Plus de 150 représentants [1] de syndicats, de groupements paysans, de mouvements de solidarité internationale, de groupes écologistes, d’ONG de développement, de groupes de migrants, de mouvements confessionnels, de groupes de femmes, de mouvements de “sans”, de mouvements étudiants et de jeunes et d’organisations luttant contre la pauvreté venus de toute l’Europe se sont rassemblé les 10 et 11 Janvier 2009 à Paris afin d’analyser collectivement les crises actuelles, de développer des stratégies communes et de débattre de demandes et d’alternatives conjointes en réponses à ces crises.


Alors que la crise financière et économique s’intensifie, des millions de femmes et d’hommes perdent leur emploi, leur logement et voient leurs conditions de vie se dégrader. Des dizaines de millions d‘entre eux vont s’ajouter au 1,4 milliard de personnes qui vivent déjà dans l’extrême pauvreté.
Les crises aggravent la situation sociale, écologique, culturelle et politique dans laquelle vit la majorité de la population de notre planète.


En dépit de l’échec évident et prévisible du modèle économique actuel, les dirigeants politiques répondent en essayant de préserver un système qui est précisément responsable de ces crises
. Les gouvernements ont été prompts à offrir leur garantie aux banques, aux grands actionnaires et à leurs alliés du monde de la finance, avec des centaines de milliards d’argent public. Pour résoudre le problème, ils nomment des banquiers et des responsables de multinationales : les mêmes acteurs qui ont suscité ces crises. Les travailleurs, les chômeurs, les pauvres – tous ceux qui sont touchés – n’ont reçu aucune aide dans leur combat quotidien pour joindre les deux bouts et, pour couronner le tout, ils sont maintenant supposés payer l’addition.


Les propositions des gouvernements pour gérer la crise économique qui se déploie ne s’attaquent pas aux autres dimensions de la crise que nous devons affronter aujourd’hui – justice globale, crise alimentaire, crise climatique, crise énergétique – et par là même au besoin de transformer le système économique en un modèle qui nous permettrait de satisfaire les besoins fondamentaux de tou-te-s, de garantir tous les droits humains et de restaurer et préserver les bases écologiques de la vie sur notre planète.

Le moment du changement est venu !

Nous pouvons construire un système qui fonctionne au service des peuples et de l’environnement, un système qui réponde aux besoins de tous, un système basé sur les principes de l’intérêt collectif, de l’équité mondiale, de la justice, de la durabilité environnementale et du contrôle démocratique.

Comme premier pas, des mesures immédiates doivent être mises en oeuvre pour répondre aux impacts sociaux des crises sur les populations, tout en soutenant une transformation écologique de l’économie.

Nous appelons tous les mouvements sociaux d’Europe à s’engager dans un processus de changement. Pour commencer, nous appelons les mouvements à :

- s’engager dans la mobilisation massive pour la manifestation majeure de Londres le 28 mars 2009, en amont de la réunion du G20, ou à investir les rues de leurs propres pays ce même jour pour faire entendre leurs voix. Vingt gouvernements ne peuvent décider seuls du futur du système économique et financier mondial.

- mettre en place une journée d’action dans la semaine du G20 [2] de préférence le 1er avril (Financial Fool’s Day / poisson d’avril de la finance) partout dans le monde, pour mettre en lumière l’irresponsabilité du pouvoir financier et promouvoir un contrôle démocratique de la finance.
Cette réunion est un pas en avant dans un processus de long terme visant à construire des espaces de rencontre pour les réseaux européens.


Reconnaissant et s’appuyant sur les mobilisations passées et futures des mouvements sociaux et des organisations de la société civile en Europe et à travers le monde, ce processus se nourrit des efforts déployés dans le Forum social européen et ailleurs pour construire une Europe démocratique et socialement et

écologiquement soutenable
. Nous nous engageons à accroître la coopération et la communication entre nos réseaux et organisations dans le but de mettre en oeuvre les conditions d’une mobilisation durable et de développer des alternatives partagées. Nous nous engageons à soutenir et encourager les populations à faire entendre leurs voix pour remodeler leurs sociétés.


Nous nous rencontrerons à nouveau les 18 et 19 avril 2009 à Francfort sur le Main en Allemagne, avec l’objectif de développer les prochaines étapes de mobilisation et les stratégies pour un vrai changement. Nous appelons tous les mouvements sociaux et les organisations à rejoindre ce processus.


Déclaration de Paris
, 11 janvier 2009

bastamag.net


[1] Parmi les participants étaient notamment présents les Amis de la Terre Europe, ATD Quart Monde, le réseau des Attac d’Europe, le CCFD, le CRID, la Ligue des droits de l’homme, Oxfam, le Secours catholique, Via campesina Europe, les syndicats CGIL, CGT, FSU, Solidaires, Ver.di

[2] 30 mars-5 avril


source : Altermonde-sans-frontières

Par caphi - Publié dans : [sciences et conscience]
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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /Sep /2009 23:59



Centre du Sommeil, Hôpital de la Pitié-Salpétrière (Paris 13), mars 2009 - photo caphi
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"Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes, et non pas de leurs maladies." Molière, Extrait de Le malade imaginaire

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sommaire

[le point]
sur la GRIPPE "A" (au 27 août 2010)

[comprendre] Qu'est-ce que le virus de la grippe porcine ? - L'ABC de la grippe

[recherche] Le changement climatique accroît l'émergence de maladies animales



[le pointsur la GRIPPE A (au 27 août 2010)

VERBATIM

"Nous ne voulons pas que les gens cèdent à la panique de manière excessive", a expliqué Keiji Fukuda (O.M.S.), arguant que "passer en phase six (signifiait) que la propagation (du virus) continue... mais ne signifie pas que la gravité de la maladie a augmenté"
(11.06.2009)

[actu] Soupçons d'effets secondaires liés aux vaccins anti-H1N1

Une vingtaine de cas d'une maladie rare, la narcolepsie cataplexie, ont été détectés en Europe, dont six en France, chez des personnes vaccinées.  (source : Le Figaro, 27/08/2010)

Moins d'un mois après la fin officielle de la pandémie, la grippe H1N1 revient sur le devant de la scène, avec un épisode totalement inattendu. Jeudi, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a fait savoir que 22 cas de narcolepsie cataplexie, une maladie neurolo­gique très rare, avaient été répertoriés en Europe dont six en France - chez des personnes qui ont été vaccinées par un vaccin anti- H1N1. Vingt et un de ces cas sont survenus chez des individus qui avaient reçu du Pandemrix, le vaccin avec adjuvant de GSK, et un après injection de Panenza, le vaccin sans adjuvant de Sanofi. «Une enquête est en cours au niveau européen, mais à ce stade, aucun lien entre la vaccination anti-H1N1 et la survenue des cas de narcolepsie cataplexie n'est établi», insiste d'emblée le Dr Carmen Kreft-Jaïs, chef du département de pharmacovigilance à l'Afssaps... > LIRE LA SUITE


Rappel
 
Graves effets secondaires ?
En juillet 2009, dans le quotidien conservateur anglais The Times (au Royaume-Uni* 100.000 nouveaux malades de la grippe A en une semaine avaient déjà été décelés), le spécialiste des vaccins Richard Halvorsen redoutait déjà que le vaccin contre le virus de la grippe porcine n'ait pas suffisamment été testé : "Pour tester l'efficacité d'un vaccin, il doit être administré à dix mille personnes et ses effets doivent être suivis afin que l'on puisse découvrir les effets secondaires inhabituels mais à prendre au sérieux. Cela n'est apparemment pas le cas pour le vaccin contre la grippe porcine que l'on veut faire passer avec une rapidité inédite. Les petits tests de sécurité sont probablement faits sur des individus sains, et non sur ceux qui ont des problèmes de santé, c'est-à-dire ceux qui ont le plus besoin de ce vaccin mais qui sont probablement les plus sensibles aux effets secondaires. C'est un pari risqué que d'administrer à une grande partie de la population britannique un vaccin 'expérimental' contre la grippe porcine. Il pourrait sauver des vies mais aussi provoquer de graves effets secondaires et des cas mortels. La menace actuelle causée par le virus ne justifie pas ce pari." (22.07.2009) » article intégral (lien externe, anglais) - source : www.eurotopics.net/fr

[découverte] Une protéine naturelle pourrait constituer un rempart contre le H1N1

WASHINGTON (AFP) - 17.12.2009 17:22 - Une souche de protéines naturelles chez l'homme s'est révélée efficace pour repousser la grippe H1N1 et d'autres virus, ouvrant la voie à des traitements plus efficaces contre ces maladies, ont annoncé jeudi des chercheurs américains.

voir_le_zoom : Le virus de la grippe H1N1

Le virus de la grippe H1N1

Les chercheurs du Howard Hughes Medical Institute (HHMI) ont découvert, en étudiant des cellules humaines, que les protéines en question jouaient un rôle antiviral puissant en bloquant la reproduction des virus.

Leurs travaux, publiés jeudi dans l'édition en ligne du journal Cell, "pourraient conduire à mettre au point des traitements antiviraux plus efficaces, dont des traitements prophylactiques qui pourraient ralentir la transmission de la grippe", selon les auteurs de l'étude.

Selon eux, augmenter dans l'organisme la production de ces protéines peut permettre de totalement bloquer la reproduction du virus.

Alors qu'ils s'intéressaient au H1N1, les scientifiques ont également eu la surprise de découvrir que les protéines bloquaient aussi d'autres virus comme la dengue ou le virus du Nil occidental.

"Cette étude illustre l'interaction importante entre la réponse immunitaire innée des cellules et la reproduction des virus", a expliqué Robert Lamb, un virologue à l'Université Northwestern de l'Illinois (nord), qui n'a pas pris part à l'étude.

Selon les chercheurs, d'autres travaux sont toutefois nécessaires pour voir si ces protéines peuvent servir de base à des thérapies antivirales à l'avenir et s'assurer qu'augmenter leur production n'est pas néfaste à long terme.

Selon les dernières estimations des autorités sanitaires fédérales, la grippe H1N1 a fait environ 10.000 morts, dont 1.100 enfants, et contaminé près de 50 millions de personnes aux Etats-Unis depuis son apparition.

Grippe: une pandémie contre laquelle la vigilance restera de mise en 2010

PARIS (AFP) - 28.12.2009 - La première pandémie grippale du XXIe siècle, qui a déclenché une mobilisation mondiale, semble moins meurtrière qu'on ne le redoutait mais des populations jeunes lui paient un tribut inhabituel, selon les experts.

Aux Etats-Unis, selon les estimations des autorités fédérales, la pandémie avait touché à la mi-novembre près de 50 millions de personnes, faisant "près de 10.000 morts, dont 1.100 enfants et 7.500 jeunes adultes". Soit beaucoup plus d'enfants et de jeunes adultes que lors d'une grippe normale, selon les Centres de contrôle des maladies (CDC) américains.

L'épidémie a atteint son pic en décembre dans l'hémisphère nord mais les experts n'excluent pas qu'une nouvelle vague intervienne au début de l'année 2010.

Le nouveau virus A(H1N1), signalé pour la première fois fin mars au Mexique, est désormais prédominant dans le monde, selon l'OMS. Fin décembre, il avait tué plus de 11.500 personnes, le continent américain ayant été le plus durement frappé.

"Clairement on n'a pas affaire à un virus aussi mortel que celui de la grippe aviaire", indique à l'AFP le Dr Isabelle Nutall de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui a déclaré le monde en état de pandémie le 11 juin.

Un expert français, le professeur Antoine Flahaut, note que "cette pandémie provoque une mortalité inhabituelle chez les sujets jeunes, y compris parmi ceux en bonne santé".

"Contrairement aux virus saisonniers, le virus pandémique pénètre assez profondément dans les poumons, et cause plus de syndromes de détresse respiratoire aigu chez des sujets jeunes", précise le Dr Sylvie Briand, qui dirige le département grippe à l'OMS.

Aux Etats-Unis, selon les estimations des autorités fédérales, la pandémie avait touché à la mi-novembre près de 50 millions de personnes, faisant "près de 10.000 morts, dont 1.100 enfants et 7.500 jeunes adultes". Soit beaucoup plus d'enfants et de jeunes adultes que lors d'une grippe normale, selon les Centres de contrôle des maladies (CDC) américains.

Les femmes enceintes et les personnes atteintes d'obésités extrêmes se sont révélées particulièrement vulnérables au nouveau virus. Autre constat, les plus de 65 ans, apparemment moins touchés par le virus du fait d'une éventuelle exposition antérieure, ont plus de risque d'en mourir lorsqu'ils l'attrapent.

Même si cette grippe s'avère le plus souvent bénigne, les responsables sanitaires appréhendent d'avoir des hôpitaux -déjà sous tension en hiver- débordés par l'afflux de patients lors des pics épidémiques, empêchant une prise en charge correcte des autres malades.

D'où l'importance des campagnes de vaccination pour réduire la circulation du virus.

"C'est la première fois que l'on gère un tel problème au niveau mondial. Cette mobilisation a notamment permis de mettre au point un vaccin dans des temps records", rappelle le Dr Briand.

Le Tamiflu constitue en outre une arme efficace "pour réduire et prévenir des formes graves de la maladie et même des formes mortelles", soutient l'OMS.

Depuis le début de la saison froide au Canada, où les morts sont devenues 4 à 5 fois plus nombreuses, 67% des personnes décédées souffraient d'autres maladies dont les plus répandues sont, comme dans d'autres pays, l'asthme, les maladies cardiaques chroniques, une immunité affaiblie et le diabète, note l'OMS.

Selon une étude dirigée par Sir Liam Donaldson, conseiller santé du gouvernement britannique, le nombre de personnes atteintes qui en meurent est "considérablement" moindre à ce jour en Grande-Bretagne (0,026%) qu'on ne le craignait au départ, et nettement inférieur à celui des précédentes pandémies de 1918 (2 à 3%) ou de 1957-58 et de 1967-68 (0,2% environ).

Antiviraux, antibiotiques, vaccin anti-pneumocoque, progrès en réanimation expliqueraient ces variations.

Pour autant "il faut rester vigilant et ne pas baisser la garde", avertit le Dr Nutall, car "le virus de la grippe est totalement imprévisible".

[polémique] Un vaccin "expérimental" aux

* Le Royaume-Uni est l'un des pays au monde les plus touchés par la grippe porcine.

Vaccination H1N1 : méfiance des infirmières

vendeur_journaux.jpg Alors que nous sommes à l'aube d'une vaccination obligatoire voici  un  lien  qui n'est autre que celui du site du Syndicat National du Personnel Infirmier. (source : Mediapart, 18 Septembre 2009)

A lire attentivement,  car les médias n'en  feront pas état, afin de ne pas nuire aux lobbies des laboratoires

www.syndicat-infirmier.com/Vaccination-H1N1-mefiance-des.html



Grippe H1N1: des vaccins sous haute surveillance

PARIS - Les vaccins contre la grippe H1N1, qui vont arriver progressivement sur le marché, seront des produits nouveaux pouvant provoquer des effets secondaires inattendus qui devront faire l'objet d'une surveillance, selon les autorités de santé. (AFP, 4 septembre 2009)

Elles estiment toutefois que les avantages d'une vaccination l'emportent sur les risques éventuels.

On ne peut "connaître exactement leurs effets secondaires", note le réseau d'experts Infovac, créé à destination des pédiatres.

Infovac remarque que des vaccins similaires développés contre la grippe aviaire, "avec les mêmes adjuvants", provoquent "plus souvent des relations inflammatoires aiguës que les vaccins traditionnels contre la grippe saisonnière".

Pour ce réseau, "il n'est pas encore possible d'exclure un risque rare (1 à 10 par million) d'effets indésirables inhabituels ou graves".

Si toute la population de France métropolitaine se faisait vacciner, comme le souhaite le ministère de la santé, cela signifierait 60 à 600 cas d'effets indésirables lourds.

Pour Margaret Chan, directrice générale de l'OMS, les essais cliniques en cours devraient donner des indications sur les effets secondaires possibles de ces vaccins. Mais "du fait du nombre limité de personnes testées, des effets secondaires extrêmement rares n'apparaissent pas toujours dans les essais, dit-elle.

Elle rappelle à cet égard que le syndrome de Guillain-Barré, maladie neurologique qui peut être grave, "survient à la fréquence d'un cas pour un million de personnes vaccinées". "Nous risquons donc d'en voir", dit-elle.

L'OMS a recommandé une surveillance sanitaire après inoculation du vaccin.

Un syndicat infirmier français dit craindre "un vaccin développé trop rapidement", avec un adjuvant "susceptible de déclencher des maladies auto-immunes". "Le remède risque d'être pire que le mal", affirme le syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). Il réclame que les patients signent un document de consentement comme pour les médicaments expérimentaux.

Plus de la moitié du personnel de santé de Hong Kong, selon une étude, se dit très réticent à se faire vacciner. De même des infirmières britanniques, dont 30% auraient refusé le vaccin, selon un sondage publié par une revue professionnelle.

Certains médecins rappellent le précédent américain de 1976, où par crainte d'une épidémie de grippe porcine, une vaccination de masse avait été lancée puis arrêtée après la survenue de syndromes de Guillain-Barré. Pour Vincent Enouf, responsable adjoint du Centre national de la grippe à l'Institut Pasteur, rien n'a permis d'établir, en 1976, que les cas de Guillain-Barré étaient "liés à la vaccination".

La biologiste Michèle Rivasi estime aussi que les "risques" de la vaccination semblent "avoir été ignorés" alors que "l'expérimentation a été très limitée". Elle pointe particulièrement les adjuvants grâce auxquels on booste l'immunité.

Le Pr Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations, estime le risque de maladies auto-immunes provoqué par ces adjuvants "théorique et nullement démontré", mais juge "légitime" de le prendre en compte.

Pour le Dr Enouf, il serait effectivement "plus pertinent d'utiliser des vaccins sans adjuvants" pour les femmes enceintes notamment.

"Le contrôle de la qualité pour la production des vaccins antigrippaux s'est substantiellement amélioré depuis les années 1970", dit l'OMS, qui rappelle cependant sur son site qu'"une surveillance étroite" suite à l'administration du vaccin seront "indispensables".

L'agence française du médicament (Afssaps) a ainsi prévu de mettre en ligne sur son site une fiche de déclaration des éventuels effets secondaires.
L'Organisation internationale de la santé animale (OIE) a rappelé jeudi qu'un éventuel rôle des porcs dans l'infection "n'a pas été démontré", tout en renouvelant ses recommandations face à la pandémie de grippe A/H1N1.

Questions sur les effets indésirables du vaccin contre la grippe A

source : Sante AZ , 14/11/2009
 - Questions sur les effets indésirables du vaccin contre la grippe A
Le ministère de la Santé a annoncé, le 12 novembre, la survenue d’un cas de syndrome Guillain-Barré, observé chez une jeune femme vaccinée contre la grippe H1N1.

Il s’agit d’une « forme modérée et uniquement sensitive » rassure le ministère. Son origine est encore inconnue, et aucune relation de causalité avec le vaccin n’a été établie.

Le syndrome de Guillain-Barré touche chaque année en France environ 1 700 personnes. Il se déclenche généralement à la suite d’un épisode infectieux, bactérien ou viral dont la grippe. Dans des cas exceptionnels (1 cas sur 1 million), il peut faire suite à une vaccination.

Le syndrome de Guillain-Barré est dû à un trouble du système immunitaire qui atteint les nerfs périphériques. Il provoque des troubles neurologiques, dont souvent une paralysie progressive qui débute par les membres inférieurs, puis remonte vers le haut du corps.

Il existe des formes plus ou moins sévères de ce syndrome. Les symptômes sont généralement réversibles, avec très souvent une récupération complète. Cependant, un faible pourcentage de personnes atteintes du syndrome de Guillain-Barré décèdent. La vigilance reste donc de rigueur !

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin s’est engagée à la transparence en ce qui concerne les effets secondaires de ces vaccins.

Source : Ministère de la Santé, Afssaps.

A lire aussi le dossier :
Grippe A : se faire vacciner ou pas ?

Nouvelle grippe et grippe saisonnière : différences et similitudes

Le nouveau virus grippal A(H1N1) tel qu'on le connaît aujourd'hui présente des similitudes avec la classique grippe saisonnière (symptômes...), mais a aussi ses spécificités, comme sa grande vitesse de propagation. (AFP, 18.09.2009)

Deux vaccins anti-grippaux vont donc cohabiter cette année, le vaccin pandémique et le vaccin saisonnier. Ce dernier sera disponible en pharmacie dès le 25 septembre. Le nouveau virus grippal A(H1N1) tel qu'on le connaît aujourd'hui présente des similitudes avec la classique grippe saisonnière (symptômes...), mais a aussi ses spécificités, comme sa grande vitesse de propagation.

Q : Pourquoi parle-t-on de nouvelle grippe ?

R : Chaque année il y a une épidémie et les virus grippaux évoluent constamment (d'où un vaccin dont la composition est adaptée tous les ans), cependant beaucoup de gens possèdent une certaine immunité.

Mais la souche 2009 du virus A(H1N1) à l'origine de la pandémie actuelle, est nouvelle. La plupart des gens n'ont par conséquent aucune immunité à son encontre.

Q : Le nouveau virus va-t-il supplanter les virus saisonniers ?

R : Il est déjà majoritaire parmi les virus grippaux qui circulent, en France, selon l'Institut de veille sanitaire (InVS). Le virus pandémique qui s'installe évince ses concurrents. Mais les autorités sanitaires restent prudentes et invitent à continuer à se faire vacciner contre les virus saisonniers.

"Le seul virus qui est en train de se tailler la part du lion, c'est le H1N1/2009", souligne le professeur Antoine Flahault, Directeur de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP).

Q : La nouvelle grippe est-elle plus grave ?

R : Chaque épidémie de grippe provoque hospitalisations et décès, principalement chez les personnes âgées, celles souffrant de maladies chroniques (bronchite chronique, asthme, insuffisances pulmonaires et cardiaques, diabète...) ou les jeunes enfants.

"Le poids de la grippe saisonnière en terme de mortalité est d'environ un patient infecté pour mille, parce que l'on ne compte pas chaque décès", souligne le professeur Bruno Lina. On comptera par exemple 2.000 décès pour une grippe frappant 2 millions de personnes.

La mortalité de la nouvelle grippe semble proche de celle de la grippe saisonnière, mais comme les experts prévoient qu'une proportion très importante de la population sera touchée - le chiffre de 20 millions de personnes a été avancé pour la France - le bilan total de morts pourrait être plus élevé.

Q : Qui sont les plus menacés ?

R : La grippe est d'abord une maladie du sujet jeune et de l'enfant.

Pour le H1N1/2009 "a priori les sujets avec des facteurs de risque sont les plus susceptibles de faire des formes sévères" selon les épidémiologistes. Les femmes enceintes sont également considérées à risque.

Les personnes âgées relativement épargnées par la nouvelle grippe, risquent d'avoir si elles tombent malades "le même risque de complications qu'avec les autres virus", selon des épidémiologistes

La nouveauté c'est que le nouveau virus cause "plus souvent des formes sévères chez le sujet jeune en bonne santé que ne le font les virus saisonniers". Pour beaucoup il s'agit de pneumonies virales, tel le syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA), liées au virus lui-même.

Le virus pandémique pénètre plus profondément dans les poumons que les virus saisonniers.

La mortalité due au SDRA, sorte d'auto-noyade, "rarissime" lors de la grippe saisonnière (un décès par million de malades), serait cent fois plus fréquente dans le cas de la grippe pandémique A/H1N1, selon le Pr Flahault.

Mais rassure-t-il, 90% à 99% des malades "n'ont presque rien".

Q - Le vaccin contre la grippe saisonnière protège-t-il contre le nouveau virus H1N1 ?

R- Non, selon les experts. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la fabrication d'un vaccin spécifique a été lancée. Le vaccin saisonnier protège certes contre trois virus, dont un A(H1N1) mais pas contre le virus pandémique.

Deux vaccins anti-grippaux vont donc cohabiter cette année, le vaccin pandémique et le vaccin saisonnier. Ce dernier sera disponible en pharmacie dès le 25 septembre.

Grippe A/H1N1: toujours aucune preuve d'un rôle des porcs dans l'infection

PARIS (AFP) - 16.07.2009 - "Le virus pandémique H1N1/2009 continue de se répandre parmi les hommes dans le monde, causant actuellement des symptômes légers dans la majorité des cas. Cependant, il n'y a aucune preuve, pour le moment, que des animaux jouent un rôle" dans sa propagation, déclare l'OIE dans un communiqué.

L'OIE précise qu'elle est en train d'élargir à tous les virus grippaux affectant les animaux l'activité de ses laboratoires de référence jusque là spécialisés dans la détection de la grippe aviaire.

Elle continue de recommander aux services vétérinaires de "surveiller les populations animales à la recherche de signes cliniques d'une maladie respiratoire", et de rapporter les cas de maladie constatés "s'il y en a".

Il n'y a pas de raison d'imposer des restrictions à l'importation de porcs, ajoute l'OIE, qui souligne que "tuer des porcs ne contribuera pas à se protéger" de risques sanitaires que présente le virus A/H1N1.

Si malgré tout, des pays décident de tuer des cochons, l'OIE leur enjoint de le faire en respectant les règles qu'elle a fixées pour préserver le bien-être animal.

"Le porc et les produits porcins, manipulés en respectant les bonnes pratiques d'hygiène recommandées par l'OMS, la FAO (agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture) et l'OIE, ne sont pas une source d'infection", rappelle l'OIE.

L’origine douteuse du H1N1 La pseudo pandémie est peut-être derrière nous, mais une question reste posée : mais d’où venait donc ce virus ? > à lire sur NaturaVox, 19 janvier 2010

Rappel d'infos


Extraits dépèche AFP / GENÈVE , 11.06.2009 : L'OMS prépare activement le terrain au passage à l'alerte maximum de son échelle qui annoncera la première pandémie de grippe atypique du siècle.
Après avoir expliqué que le monde se rapprochait de la pandémie, le Dr Keiji Fukuda a reconnu que "nous en (étions) vraiment très, très près".
L
'organisation attendait pour cela des preuves que le virus A(H1N1), apparu fin mars au Mexique puis aux Etats-Unis, se propagait bien localement dans une région autre que le continent américain, critère géographique retenu par l'OMS pour déclencher la phase 6.
Cette question de la sévérité du virus a donné bien du fil à retordre à l'organisation. Son système d'alerte pandémique, pensé sur les grippes les plus meurtrières du siècle dernier et dans la perspective d'une large transmission d'un virus tel que celui de la grippe aviaire (d'une mortalité de 60% environ), s'est ainsi avéré inadapté pour un virus certes d'un genre nouveau mais encore peu virulent. Si le virus mute et venait à se combiner avec une souche plus virulente comme le craint l'OMS, l'organisation pourrait être amenée à réévaluer sa position.
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    Qu'est-ce que le virus de la grippe porcine ?  Il s'agit d'une maladie respiratoire des élevages de porcs, un virus grippal de type A. La particularité d'un virus de ce type est qu'il évolue sans cesse et qu'il peut être sujet à "des changements radicaux des protéines antigéniques du virus, avec le remplacement d’une protéine par une autre, donnant naissance à un nouveau virus, totalement différent de celui qui circulait jusque-là", peut-on lire sur le site Internet de l'Institut Pasteur.  (source  : LEMONDE.FR avec AFP, 27.04.09)

    Virus de la grippe A (sur Wikipédia)

    L'ABC de la grippe

    Voici un glossaire des principaux termes employés pour parler des grippes, y compris de l'actuelle pandémie de grippe d'origine porcine A(H1N1).

    ANTIVIRAUX : Médicaments anti-virus. Tamiflu (laboratoire Roche, molécule active : oseltamivir) et Relenza (Glaxo, zanamivir) sont des inhibiteurs de la neuraminidase (protéine) des virus grippaux. Pris précocement, ils diminuent la durée et l?intensité des symptômes. La France dispose d'un stock de 33 millions de traitements antiviraux.
    CONTAGIOSITE : Aptitude d?un virus à être transmis d?homme à homme.

    GRIPPE SAISONNIERE : Grippe courante, survenant essentiellement durant l'hiver de chacun des hémisphères. Les épidémies saisonnières sont dues à des sous-types de la grippe qui ont déjà circulé dans la population.

    GRIPPE PORCINE : à l'origine de l'actuelle pandémie, il s?agit d?une grippe causée par un nouveau virus A(H1N1) qui n?avait jamais circulé auparavant chez l?homme. Il s'agit d'un virus hybride résultant d'un réassortiment de virus porcin, aviaire et humain.

    GRIPPE AVIAIRE : est provoquée par des virus grippaux A (H5, H7, H9) d'origine aviaire touchant les oiseaux domestiques ou sauvages. La souche H5N1 a tué plus de 250 personnes depuis 2003, principalement en Asie du sud-est, le plus souvent en contact étroit avec des volailles.

    GROUPE A : responsable des pandémies. La grippe humaine est due à trois groupes de virus : A, B, C. Les virus A et B sont à l?origine des épidémies saisonnières mais seul le virus A est responsable de pandémies. Le virus C occasionne des cas sporadiques.

    H et N : deux protéines (antigènes) de la surface de l'enveloppe virale définissant les différents types de virus, l'hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N). Par exemple
    H1N1 ou H5N1.

    MASQUES : Il existe de puissants masques de protection respiratoire (type FFP2) pour les soignants et autres professionnels exposés. D'autres types de masques, dits anti-projections ou chirurgicaux, portés par les malades, visent à protéger leur entourage. La France a acquis un milliard de masques anti-projections et 723 millions de masques de protection.

    MUTATION : Les virus grippaux se caractérisent par leurs fréquentes mutations. Cette évolution génétique se fait :
    - soit par glissement lors des épidémies saisonnières,
    - soit par cassure, dans le seul cas des virus de type A. Un virus grippal d?une espèce (oiseau par exemple) peut échanger du matériel génétique avec des virus d?une autre espèce : c?est ce qu?on appelle le "réassortiment". Un nouveau virus hybride est produit: on parle alors de "cassure" ou de "saut" antigénique.

    PANDEMIE : Epidémie globale due à l?émergence d'un nouveau sous-type du virus grippal A entraînant un grand nombre de cas graves.

    Trois grandes pandémies de grippe ont été recensées au siècle dernier : grippe espagnole (virus H1N1) de 1918/19, grippe asiatique (H2N2) en 1957, grippe de Hong Kong (H3N2) en 1968.

    VACCIN : Le vaccin prépare le système immunitaire à défendre l'organisme contre une infection virale. Les vaccins antigrippaux contiennent généralement une forme affaiblie d'un virus circulant.

    Le vaccin anti-grippal annuel, contre la grippe saisonnière, est habituellement un cocktail contre deux souches virales du groupe A et une du groupe B, adapté chaque année en fonction des recommandations de l'OMS pour tenir compte des souches virales en circulation.

    Le vaccin contre la grippe saisonnière ne protège pas contre le nouveau virus H1N1. D'où la nécessité de fabriquer un nouveau vaccin qui devrait être disponible cet hiver dans l'hémisphère nord. La France a commandé 94 millions de doses de ce vaccin.

    VIRULENCE : La virulence d'une souche grippale se traduit par le taux de mortalité parmi les personnes malades, ou taux de létalité. Très contagieux, le virus actuel semble peu virulent.


    De l'influence du climat sur les maladies animales (et humaines)
    [recherche] Le changement climatique accroît l'émergence de maladies animales

    Un troupeau de moutons lors d'une manifestation place du Capitole à Toulouse, en octobre 2008
    Un troupeau de moutons lors d'une manifestation place du Capitole à Toulouse, en octobre 2008


    Le changement climatique provoque l'émergence de nouvelles maladies chez les animaux, dont certaines sont transmissibles à l'homme
    , selon une étude publiée à l'occasion de l'assemblée générale, cette semaine à Paris, de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

    Si le passage de maladies animales à l'homme est documenté depuis des siècles, le réchauffement climatique imputé à l'homme, mais aussi pour partie aux émissions de méthane des ruminants, contribue de manière croissante à l'émergence de maladies inconnues
    .

    Le changement climatique permet aussi à des épizooties déjà connues de s'étendre géographiquement
    , comme la maladie de la langue bleue des ovins, qui frappe désormais l'Europe du Nord.

    Les autres maladies vectorielles les plus fréquemment citées comme étant liées au réchauffement par 126 des 174 Etats membres de l'OIE qui ont contribué à cette étude sont la fièvre de la vallée du Rift, le virus du Nil occidental et la peste équine.

    Elevage, maladies émergentes et écosystèmes sont étroitement imbriqués
    , a souligné Peter Black, l'auteur de l'étude, devant les délégués.

    "Dans les pays qui tentent d'éradiquer une maladie ré-émergente comme la tuberculose bovine, il est concevable que les stratégies de prophylaxie entraînent des modifications de la densité et de la distribution d'autres espèces comme les blaireaux, les opossums ou les buffles", selon le rapport remis à l'OIE.

    "Ces changements auront à leur tour des effets collatéraux sur l'écosystème", poursuit le texte.

    "Rien n'indique que le taux d'émergence (de nouvelles maladies) va diminuer", a déclaré M. Black à l'AFP. "D'une manière générale, la pression sur l'écosystème augmente et les maladies infectieuses émergentes sont un symptôme d'une planète stressée", poursuit cet épidémiologiste.

    "De plus en plus de pays attribuent au changement climatique l'apparition d'au moins une maladie émergente ou réémergente, sévissant ou ayant sévi sur leur territoire", a déclaré pour sa part Bernard Vallat, directeur général de l'OIE, dans un communiqué.

    Selon l'étude, 71% des pays participant "ont déclaré être extrêmement inquiets quant à l'impact attendu du changement climatique sur les maladies animales".

    En effet, si l'émergence de certaines maladies animales, comme les arboviroses, "peut être prévue avec une certaine fiabilité", d'autres problèmes sanitaires du type syndrôme respiratoire aigu, comme le SRAS, ou des infections à virus Nipah, ne peuvent être prédites.

    Pour endiguer les épizooties et les épidémies à venir, l'OIE prône un renforcement de la collaboration entre organisations, notamment avec la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).

    Les objectifs de réduction de gaz à effet de serre et la santé animale ne sont pas toujours faciles à concilier.

    En modifiant la nourriture des animaux, l'intensification de l'élevage permet de limiter les émissions de gaz à effet de serre des ruminants.

    Mais "l'intensification crée aussi des circonstances favorables à l'émergence de maladies animales", explique M. Black. Non seulement à cause d'une plus grande promiscuité entre animaux, mais aussi à cause d'une moins grande diversité génétique entre individus.
    (source : AFP transmis par TV5MONDE, 25/05/2009)

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Par caphi - Publié dans : [sciences et conscience]
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Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /Juil /2009 00:30
"Il faut avoir un haut sentiment d'impunité pour se livrer à des actes indignes d'un Etat de droit" (Eric Fottorino, Directeur du Monde, novembre 2008)

La CNDS dénonce le menottage et les fouilles systématiques
AP Verena von Derschau,  AP / Yahoo! Actualités, 28 avril 2009
Qu'ils soient policiers ou agents de l'administration pénitentiaire, ils ont trop facilement recours au menottage abusif et à la fouille à nu. Des "comportements malheureusement habituels" a déploré mercredi le président de la Commission nationale de la déontologie de la sécurité (CNDS), Roger Beauvois, lors de la présentation du rapport annuel à la presse.

Présidée par ce magistrat, la CNDS, une autorité administrative indépendante chargée de veiller au respect des règles de déontologie par les personnels chargés de la sécurité, a traité 147 dossiers en 2008, dont 44 ont été jugés irrecevables. Dans les 103 dossiers restants, la Commission a constaté des manquements à la déontologie dans 60% des cas (62 dossiers). Elle a remarqué en début 2009 une augmentation de ses saisines de 30%.

"Le nombre d'affaires qui nous est soumis est infime au regard du nombre d'interventions des forces de l'ordre", a tempéré M. Beauvois. "Mais ces faits répétitifs et récurrents donnent à penser que la réalité dépasse largement les affaires dont nous avons eu à connaître et que le contrôle strict est nécessaire dans un régime démocratique".

Fait inhabituel, la CNDS a décidé en 2008 de publier deux rapports spéciaux au Journal officiel jugeant que les autorités saisies n'avaient pas suffisamment pris en compte ses recommandations. Dans l'un des dossiers, il s'agissait de violences commises en prison et "traitées de manière inadéquate par la direction de l'établissement", dans l'autre de violences subies par un étranger après son refus d'embarquement.

Comme tous les ans, la plupart des dossiers transmis à la CNDS concernent la police nationale (106 sur 147) et plus particulièrement des gardes à vue. Dans ce contexte, "la Commission constate pour la sixième année consécutive, que le menottage continue à être la règle et non l'exception". Elle déplore également que de nombreux fonctionnaires "pratiquent de manière quasi-systématique des fouilles à nu" au détriment du "respect de la dignité de la personne".

Elle a notamment été saisie du cas d'un couple de retraités, âgés de 70 ans, qui se sont rendus à une convocation au commissariat d'Athis-Mons (Essonne) où la femme a dû se déshabiller complètement, sous-vêtements compris, tandis que son mari a été palpé en slip et en t-shirt.

Plus sévère, la CNDS a rappelé que le menottage de détenus lors de transfert à l'hôpital ou à l'hôpital pouvait constituer un traitement inhumain ou dégradant, tout comme des fouilles répétées des cellules et des prisonniers dès qu'ils entrent ou sortent de leurs cellules.

Plusieurs membres de la CNDS se sont rendus l'an dernier en Guyane et à Mayotte où ils se sont particulièrement penchés sur les problèmes de reconduites à la frontière et de conditions dans les centres de rétention. La commission s'indigne de textes dérogatoires spécifiques pour l'outre-mer qui "ne font qu'accroître les inégalités de droits et de traitement entre les personnes retenues".

"Il est incontestable que l'existence de feuilles de route et de quotas de reconduite à la frontière amène les services de police ou de gendarmerie qui n'ont pas les moyens de faire des procédures de qualité à bâcler les procédures", a déploré Dominique Commaret, avocate générale honoraire à la Cour de cassation qui s'est notamment rendue en Guyane avec d'autres rapporteurs. "En Guyane, entre 2006 et janvier 2008 toutes les procédures concernant les clandestins arrêtés par la police aux frontières étaient irrégulières".

Comme par ailleurs en France, la CNDS s'est dit "très préoccupée par la présence d'enfants en attente d'expulsion" à Mayotte. Elle "condamne l'organisation du centre" de rétention dans l'île "qui engendre une zone de non-droit, où le déni de dignité est accepté par la puissance publique à l'encontre de personnes en situation précaire".

Enfin, la commission s'est inquiétée de la prise en charge inadaptée de personnes sous l'influence de l'alcool ou de drogue notamment dans les locaux de garde à vue. Elle "préconise la généralisation de dispositifs de vidéosurveillance à toutes les cellules de dégrisement et de garde à vue"

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REVUE DE PRESSE
Journaliste et "pire que la racaille" (l'affaire de Filippis et ses suites)
Cela se passe en France, au petit matin, quand la police vient arrêter un journaliste à son domicile. Il s'agit de Vittorio de Filippis, journaliste à Libération, membre de la direction du journal, qui a été PDG et directeur de la publication de juin à décembre 2006. Interpellé chez lui à l'aube, vendredi 28 [novembre 2008] , il a été menotté, humilié, insulté devant ses enfants. Motif de cette mesure d'extrême urgence : le site de Libération a hébergé un commentaire d'internaute contesté...(Le Monde) > LIRE PLUS BAS

Tout va bien, l'ex-PDG de Libé a été traité "selon la procédure"... (Rue89) : "Ainsi, dans l'affaire du journaliste de Libération humilié par la police, tout se serait déroulé selon "les procédures". C'est la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui l'a assuré dans un entretien à l'AFP..."
L'appel à manifester
du personnel de «Libération»
:
"L'enjeu dépasse de loin la défense d'intérêts catégoriels. Il concerne l'ensemble des citoyens..."

> L'appel de la Colline. Mediapart lance un appel pour défendre la presse libre et indépendante.
> L'appel de L'Obs, Mediapart, Marianne, Rue 89 et les Inrocks

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Journaliste et "pire que la racaille"

C
ela se passe en France, au petit matin, quand la police vient arrêter un journaliste à son domicile. Il s'agit de Vittorio de Filippis, journaliste à Libération, membre de la direction du journal, qui a été PDG et directeur de la publication de juin à décembre 2006. Interpellé chez lui à l'aube, vendredi 28, il a été menotté, humilié, insulté devant ses enfants. Motif de cette mesure d'extrême urgence : le site de Libération a hébergé un commentaire d'internaute contesté...

M. de Filippis a été interpellé sur réquisition de la juge d'instruction Muriel Josié, vice-présidente du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, saisie d'une plainte en diffamation de Xavier Niel, fondateur du fournisseur d'accès à Internet Free.

Le récit des conditions de cette interpellation a provoqué la stupeur au sein du journal, qui consacre une page à cette affaire dans son édition de samedi 29 novembre. "C'est une attaque de la maréchaussée à l'aube, fouille au corps et enfermement temporaire. Tout ça pour quoi ? Pour un procès en diffamation dans lequel nous avons déjà obtenu gain de cause à deux reprises", écrit Laurent Joffrin, PDG de Libération.

L'affaire est racontée sur le site de Libération (
www.liberation.fr).

"Vendredi matin, à 6 h 40, j'ai été réveillé par des coups frappés sur ma porte d'entrée. Je me suis trouvé face à trois policiers"
, raconte M. de Filippis. Ils lui lancent : "Habillez-vous, on vous emmène."

Le journaliste proteste. "Réveillé par le bruit, mon fils aîné, qui a 14 ans, assiste à toute la scène. Son frère, 10 ans, ne sort pas de sa chambre, mais j'apprendrai qu'il était réveillé et qu'il a très mal vécu ce moment. Je dis aux flics qu'il y a peut-être d'autres manières de se comporter. Réponse devant mon fils : "Vous, vous êtes pire que la racaille !"" Les policiers lui signifient qu'il est sous le coup d'un mandat d'amener au TGI.

Vers 7 h 15, les policiers emmènent le journaliste au commissariat du Raincy (Seine-Saint-Denis), où il réside. Il demande la présence des avocats du journal. En vain. Il est menotté, puis emmené à Paris dans les sous-sols du TGI.

"On me demande de vider mes poches, puis de me déshabiller
(...) Je me retrouve en slip, ils refouillent mes vêtements, puis me demandent de baisser mon slip, de me tourner et de tousser trois fois." Le journaliste s'exécute et se rhabille. Les policiers l'enferment dans une cellule. Interrogé vendredi par Le Monde, le commissariat de Raincy a répondu : "Nous ne pouvons vous passer aucun gradé. Nous ne pouvons rien vous dire.".

Deux gendarmes viennent ensuite chercher le journaliste et lui demandent une deuxième fois de se déshabiller complètement. Autre vexation : "Je leur signale que j'ai déjà été fouillé d'une manière un peu humiliante et je refuse de baisser mon slip à nouveau. Bien que comprenant l'absurdité de la situation et mon énervement, ils me répondent que c'est la procédure."

Rhabillé, on l'emmène, menotté, dans le bureau de la juge Muriel Josié. Le journaliste lui demande une nouvelle fois de pouvoir parler à ses avocats. Sans succès. Il refuse de répondre aux questions. Interrogé vendredi soir, le cabinet de la juge Muriel Josié nous a répondu : "Nous n'avons rien à dire sur le sujet."

M. de Filippis est mis en examen, puis relâché près de cinq heures après son interpellation. Il est 11 h 30. Il appelle son journal, ses avocats et arrive à Libération, pâle, choqué, fatigué, outré, avec la trace des menottes au poignet encore visible.

Quel est l'objet du délit ? Une affaire de diffamation. L'article 42 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881 stipule que le directeur de publication d'un journal - M. de Filippis à l'époque - est "l'auteur principal" du délit de diffamation publique envers un particulier, le journaliste auteur du papier incriminé n'étant que "complice".

Ce n'est pas la première fois que le fondateur de Free, M. Niel, porte plainte contre Libération. Il l'a fait pour des articles de Renaud Lecadre relatant les démêlés judiciaires de l'homme d'affaires. A chaque fois, le plaignant et ses sociétés ont été déboutés, pour "procédures abusives", et condamnés à verser des dommages et intérêts, explique Emmanuel Soussen, l'un des avocats de Libération.

Début 2007, M. Niel a déposé une nouvelle plainte. Elle vise le commentaire d'un internaute publié sur le site de Libération, sous un article titré "Deux ans avec sursis pour le patron de Free". Publié dans Libération le 27 octobre 2006, cet article mentionnait la condamnation de M. Niel, par le tribunal correctionnel de Paris, pour "recel d'abus de biens sociaux" dans une affaire liée à des faits de proxénétisme entre 1992 et 2004.

Des juristes avancent : "Il n'est pas acquis qu'un directeur de publication soit responsable des commentaires des internautes." "C'est la stupeur", confiait vendredi Fabrice Rousselot, directeur adjoint de la rédaction. Lorsqu'il était responsable du site, il se souvient avoir vu débarquer les huissiers il y a un an et demi. "Je ne comprends pas un tel acharnement."

Initialement confiée à la juge Emmanuelle Ducos, cette affaire a été transmise en mai à la juge Muriel Josié. Cette dernière a, selon M. de Filippis, fait procéder à des vérifications de son domicile, alors que son adresse, celle du journal et de ses avocats, sont dans l'annuaire et dans le dossier...

"Je suis l'avocat de
Libération depuis 1975 et c'est la première fois que je vois un directeur de publication faire l'objet d'une interpellation et d'un mandat d'amener", a constaté Me Jean-Paul Lévy. "Il suffisait d'envoyer une convocation par courrier au siège de Libération ou de nous appeler pour convenir d'un rendez-vous : cela n'a pas été fait", ajoute-t-il. "C'est invraisemblable et inacceptable, si on permet des perquisitions et des interpellations de cette nature, on contourne la loi", ajoute Me Yves Baudelot, avocat du Monde. D'autant plus qu'il s'agit d'un délit qui n'est pas passible de prison.

La Société civile des personnels de Libération (SCPL, actionnaire du journal) dénonce, dans un communiqué, "des méthodes judiciaires intolérables" et "inadmissibles". La SCPL demande "qu'une enquête soit ouverte sans délais sur ces méthodes".

C'est l'aboutissement d'un climat délétère, au moment où se tiennent les états généraux de la presse"
, regrette Jean-Michel Dumay, président du Forum des sociétés de journalistes. " On se demande dans quel pays on vit", dit M. de Filippis.

Pascale Santi
Article paru dans l'édition du Monde du 30.11.08.
 
Sur le même sujet
Tout va bien, l'ex-PDG de Libé a été traité "selon la procédure"

Ainsi, dans l'affaire du journaliste de Libération humilié par la police, tout se serait déroulé selon "les procédures". C'est la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui l'a assuré dans un entretien à l'AFP.

Selon l’article préliminaire du Code de procédure pénale, "les mesures de contraintes" dont un suspect peut faire l'objet:

"Doivent être strictement limitées aux nécessités de la procédure, proportionnées à la gravité de l'infraction reprochée et ne pas porter atteinte à la dignité de la personne."

Ce principe a donc été suivi, à écouter Michèle Alliot-Marie, pour l'interpellation de Vittorio de Filippis, coupable d'avoir abrité en 2006 sur le site internet du journal dont il était directeur de la publication par intérim, Libération, un commentaire jugé diffamatoire par Xavier Niel, fondateur de Free, et d'avoir oublié de répondre aux convocations du juge.

On est heureux d'apprendre qu'arrêter un homme, soupçonné d'une infraction au droit de la presse qui n'est même pas passible de prison, devant ses enfants laissés seuls dans la maison, est donc conforme aux procédures.

Lui dire, lors d'une arrestation en présence de ses enfants, qu'il est "pire que la racaille" est un élément indispensable au bon déroulement de l'opération.

Ne pas notifier le mandat d'amener dès l'interpellation du suspect (et attendre pour cela d'être au commissariat) est tout à fait conforme aux règles, si l'on en croit la ministre.

Passer les menottes au journaliste est évidemment incontournable, puisque l'article 803 du code de procédure pénale explique que:

"Nul ne peut être soumis au port des menottes ou des entraves que s'il est considéré soit comme dangereux pour autrui ou pour lui-même, soit comme susceptible de tenter de prendre la fuite."

Au dépôt, déshabiller le suspect, organiser une fouille corporelle (dos penché, fesses écartées, obligation de tousser trois fois très fort) pour s'assurer que le journaliste n'aurait pas caché dans cette région de son anatomie quelque arme létale ou dose d'héroïne est également un épisode que la police judiciaire ne pouvait contourner. Certes, la loi est muette sur le contrôle des orifices corporels, mais selon la ministre, la procédure l'exige.

Les cafards, dans la cellule, sont également prévus dans la procédure.

Répéter la fouille corporelle deux heures plus tard était également conforme à la celle-ci (c'est une évidence: Vittorio de Filippis aurait pu entretemps trouver une arme dans la cellule, entre deux cafards, et la cacher dans son slip).

La ministre de l'Intérieur, selon la même dépêche de l'AFP, a promis de "lancer au début de l'année 2009 une série de rencontres entre la police et la population afin que la première 'explique ses procédures' à la seconde".

Bon courage, Madame.

A lire aussi:
Un journaliste de Libération humilié par la police
Journaliste en France, un métier de plus en plus risqué
L'analyse du récit de Vittorio de Filippis par Me Eolas

source Rue89  (y lire aussi les commentaires des riverains)

L'appel à manifester du personnel de «Libération»

Le personnel de Libération, réuni en Assemblée Générale, appelle les journalistes et les citoyens attachés à la liberté de la presse à une manifestation vendredi.
Les journalistes ne sont pas des citoyens au dessus des lois. Pas plus que les magistrats chargés de les faire respecter. Jusqu'à preuve du contraire, le délit de diffamation ne relève pas de la qualification de terrorisme. Ceux censés s'en rendre coupables ne méritent pas le traitement réservé aux prisonniers des quartiers de haute sécurité. Le directeur de publication d'un journal quel qu'il soit n'offre pas le profil habituel des clients de la brigade de répression du grand banditisme.

Pourtant au vu des conditions de l'arrestation -il n'y a pas d'autres termes- de l'ancien directeur de la publication de Libération, Vittorio de Filippis, au petit matin vendredi 28 novembre, on pourrait en douter.

A l'heure où la presse écrite traverse une crise sans précédent et où des états généraux sont convoqués afin de garantir sa survie économique, indispensable au libre débat démocratique et citoyen, l'initiative, exceptionnelle et digne d'une procédure d'exception, prise par la vice-présidente du Tribunal de Grande Instance de Paris, sonne comme un triste avertissement, presque comme une mesure d'avertissement à priori. Comme pour mieux faire comprendre que la presse doit rester dans les clous au risque de se voir couper le robinet des aides d'états. L'enjeu se situe à ce niveau et dépasse de loin la défense d'intérêts catégoriels. Il concerne l'ensemble des citoyens, de la société civile, des associations, des lecteurs habitués à leur quotidien du matin et à l'exercice d'une critique citoyenne sans concession ni soumission.

Cet acte ne doit pas se répéter, au risque de soumettre les journalistes à la crainte d'informer, et les citoyens à celui d'une presse muselée.

Ne laissons pas faire ! Nous exigeons une enquête, réparation, et l'engagement des plus hautes autorités judiciaires et politiques de stopper net cette dégradation insuportable de l'Etat de droit, des libertés publiques et de la liberté de la presse.

MANIFESTATION DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE de Paris
VENDREDI 5 DECEMBRE à 13 HEURES
La SCPL (source : Libération)

L'appel de la Colline

A l'occasion de la soirée organisée par Reporters sans frontières et Mediapart au Théâtre de la Colline,
Mediapart a lancé un appel pour défendre la presse libre et indépendante.

Signez en ligne et faites circuler


APPEL DE LA COLLINE, le 24 novembre 2008
Mediapart et Reporters sans frontières

Par caphi - Publié dans : [sciences et conscience]
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Dimanche 31 mai 2009 7 31 /05 /Mai /2009 23:59
Chérie, je peux mettre ta jupe noire, aujourd'hui ?" Il y a encore peu de chances de surprendre un homme posant cette question à sa femme avant d'aller travailler. Pourtant, cette situation est beaucoup moins surréaliste qu'il n'y paraît. De plus en plus d'hommes achètent des vêtements de femmes, et inversement.

Article paru dans l'édition du Monde du 31.05.09.

Dans un contexte économique sinistré, la marque
The Kooples a ouvert en France 25 boutiques en moins d'un an. Le concept de ce nouveau label, comme son curieux nom l'indique, est de proposer des vêtements basiques (chemises, vestes, parkas...) qui s'adressent aussi bien aux hommes qu'aux femmes. "Les premiers se permettent plus d'extravagance et assument un côté dandy, tandis que les secondes puisent dans le vestiaire masculin", observe Alexandre Elicha, le directeur artistique de la marque.

Chez Bless, une griffe allemande, la plupart des pièces de la prochaine collection n'ont pas été imaginées spécialement pour un sexe. "Notre mode ne peut être définie comme extraordinairement féminine. Nous partageons notre vestiaire avec nos hommes et leur piquons très souvent des pièces", racontent
Désirée Heiss et Inès Kaag qui dessinent la collection.

S'il prend de l'ampleur, ce phénomène n'est pas totalement nouveau. "La mode unisexe est une réalité depuis soixante ans, s'exclame la créatrice Agnès B. Les femmes sont en unisexe un jour sur deux." "Beaucoup de produits peuvent porter cette terminologie : les tee-shirts, l'écharpe, les tennis, les sacs ou les pulls en maille", renchérit Paul Smith. "Il n'est pas rare que certaines femmes s'aventurent dans les rayons hommes pour piquer quelques articles", observe-t-il. En 2006, le styliste britannique avait introduit une nouvelle collection femmes baptisée "Men Only" dérivée du vestiaire homme.

Chez
Yves Saint Laurent qui, dans les années 1960, avait adapté le smoking pour la femme, Stefano Pilati s'est inspiré des costumes, blazers, chemises, pantalons et trench de l'homme pour proposer 17 pièces en édition limitée. Cet hiver, les femmes pourront enfiler des vestes d'hommes démesurées taillées par Marc Jacobs pour Louis Vuitton. Dans d'autres maisons, les lignes hommes et femmes n'ont en commun que la même inspiration créatrice. "Elles ont des éléments communs, mais nous ne sommes pas une marque unisexe", souligne par exemple Christopher Bailey, le directeur artistique de Burberry.

CRÊPE DE CHINE ET ORGANZA

C'est qu'en majorité les hommes sont encore réticents à puiser dans la garde robe de leur copine. "Une femme est magnifique en chemise blanche d'homme ou dans la veste de son petit ami. Le contraire est plus difficile. Peut-être l'écharpe ou le foulard de la compagne d'un homme ajoutera une touche de couleur ou de motifs", juge
Jason Basmajian, le directeur artistique de Brioni. "La coupe d'un pantalon masculin ne sera jamais la même que celle d'un pantalon pour femmes. Je ne crois donc pas à l'unisexe", tranche Kris Van Assche, le directeur artistique de Dior Homme.

Toutefois, les couturiers n'ont pas renoncé à féminiser le vestiaire masculin. La collection été d'Yves Saint Laurent pour l'homme a été confectionnée avec des matières habituellement utilisées pour les femmes comme le crêpe de Chine, l'organza, le crêpe Georgette ou encore la soie sèche.

"Sous Louis XIV, les tenues masculines étaient encore plus riches et invraisemblables que celles des femmes"
, pointe
Jean Paul Gaultier, le réinventeur de la jupe pour homme. "Avec les débuts de l'ère industrielle, la représentation du féminin et du masculin s'est beaucoup différenciée. L'homme est tombé dans une sorte de minimalisme monolithique" regrette-t-il. Mais les choses changent, semble croire le couturier : "Beaucoup d'hommes acceptent maintenant leur part de féminité et les filles aiment ça."

Joël Morio

lien de l'article :
http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2009/05/30/quand-hommes-et-femmes-se-chipent-leurs-tenues_1200275_3238.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20090601-%5Bcoldte%5D&ens_id=1126901

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Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /Mai /2009 16:57

Dans un entretien avec Jean-Marie Pontaut pour l'Express, l'ex-juge d'instruction, Eva Joly, candidate aux européennes sous la bannière d'Europe Ecologie, dénonce la mainmise de Nicolas Sarkozy sur la justice.

L'ex-juge d'instruction, Eva Joly, dénonce la mainmise de Nicolas Sarkozy sur la justice.
AFP/Frank Fife

Que pensez-vous de la réforme de la procédure pénale, proposée par le comité Léger mais inspirée des souhaits du président de la République?

Elle poursuit un but purement politique et ne devrait pas prospérer. Supprimer le juge d'instruction consiste à éliminer un contre-pouvoir. Je ne veux pas faire un procès d'intention à Nicolas Sarkozy, mais cette réforme survient alors que des juges d'instruction enquêtent justement sur des personnes très proches de lui.

A qui faites-vous allusion?

Je pense à des choses précises. Vous n'avez qu'à chercher. Sur le fond, éliminer le juge d'instruction sans rendre le parquet indépendant revient à mettre la justice entre les mains du pouvoir. Une mesure rêvée par beaucoup d'Etats au monde. Dans les faits, le parquet de Paris a déjà intégré les désirs du président de garder le contrôle des affaires. Ainsi, les autorités allemandes ont transmis à la France une liste de sociétés, Adidas, Michelin, Elf, qui auraient détenu des comptes dans un paradis fiscal, mais le procureur n'a pas ouvert d'instruction ni sollicité une entraide judiciaire. Autre exemple: pensez-vous que le parquet de Paris requerrait contre les groupes Bolloré ou Bouygues, dirigés par des intimes de Nicolas Sarkozy?

Pourtant, le pouvoir des juges d'instruction a été mis en question lors de l'affaire d'Outreau ou de la garde à vue d'un dirigeant de Libération...

Nicolas Sarkozy s'est servi de ces affaires pour habiller sa réforme à la sauce humaniste, mais c'est absurde. On ne peut pas se fonder sur des fautes commises par quelques juges qui auraient perdu le sens commun pour porter atteinte à l'indépendance de la justice. Et puis, qui peut croire que la police, sous les ordres du parquet, lui-même sous les ordres du ministère de la Justice, commettrait moins d'erreurs? De plus, je suis choquée par le comportement du président à l'égard de quelques magistrats. Je ne comprends pas qu'il puisse décorer la juge ayant réglé son divorce ou faire commandeur du Mérite le procureur de Nanterre, qui est l'un de ses proches. Je rappelle que ce dernier a été nommé à Nanterre contre l'avis du Conseil supérieur de la magistrature!

Vous vous présentez aux élections européennes sous la bannière d'Europe Ecologie: comment situez-vous la France par rapport aux systèmes judiciaires des autres pays?

Nicolas Sarkozy a déclaré quelque chose d'incroyable, de presque comique: "On ne peut pas faire comme si le droit européen n'existait pas." Or, justement, la Cour européenne, dans un arrêt datant du mois de janvier, a signifié que "les procureurs n'étaient pas des autorités judiciaires indépendantes". La France a fait appel, appel qui a été examiné le 6 mai dernier. La décision n'est pas encore connue, mais il est probable qu'il confirmera le premier arrêt. L'évocation par Nicolas Sarkozy du droit européen est un pas de trop dans la mauvaise direction. Le système français était jusqu'ici envié dans toute l'Europe. La Grande-Bretagne, par exemple, est incapable d'enquêter sur des affaires financières. D'ailleurs, elle ne le fait pas... Les Italiens ont bien supprimé les juges d'instruction, mais les ont remplacés par des procureurs réellement indépendants, dotés d'une compétence nationale. Dernièrement, Berlusconi a modifié les textes pour se protéger. Une mesure indigne, qui est d'ailleurs l'une des raisons de ma candidature.

Selon un sondage récent, 71% des Français soutiennent le rôle d'enquêteur du juge d'instruction : qu'en pensez-vous?

Cela signifie qu'ils sont moins bêtes que leurs dirigeants. On tente de faire passer en force une réforme que l'opinion juge dangereuse.

Entretien avec Jean-Marie Pontaut, l'Express, publié le 26/05/2009

lien de l'article :
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/le-j-accuse-d-eva-joly_762896.html?XTOR=EPR-181

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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 11:00

(dossier susceptible d'être mis à jour régulièrement en fonction des faits et futures analyses)

A l'occasion de son voyage en Terre sainte du 8 au 15 mai 2009, le pape Benoît XVI a salue le "courage singulier" des chrétiens de Terre Sainte en particulier aux femmes et la dénonciation de "l'industrie du divertissement" (lire plus bas dans ma REVUE de PRESSE)

[actus]  Le pape sur les lieux saints de l'islam et du judaïsme à Jérusalem

12.05.09 | 11h17

Le pape Benoît XVI a consacré sa cinquième journée de pèlerinage en Terre sainte à une visite des lieux saints musulmans et juifs à Jérusalem, avant une messe prévue dans l'après-midi en ville sainte.

Après une certaine déception causée la veille en Israël par ses interventions sur la Shoah jugées "froides" et un incident avec un dignitaire musulman palestinien qui s'est livré à un réquisitoire contre Israël, cette journée se déroulait à ce stade sans accrocs.

Le pape a entamé le deuxième jour de son séjour en Israël par une visite sur le troisième lieu saint de l'islam, l'esplanade des Mosquées, dans le secteur oriental de Jérusalem annexé par Israël en 1967.

A cette occasion, il est devenu le premier pape à pénétrer dans la mosquée du Dôme du Rocher où il a été accueilli par le mufti de Jérusalem Mohammed Hussein.

Avant de pénétrer dans la mosquée, comme le veut l'usage, il a ôté ses chaussures rouges.

Dans une allocution sur l'esplanade en présence du mufti, il a appelé à surmonter les conflits du passé et ouvrir la voie à un dialogue "sincère" entre les religions.

"Dans un monde tristement déchiré par les divisions, ce lieu sacré sert de stimulant et met aussi les hommes et les femmes de bonne volonté au défi de travailler afin que soient dépassés les malentendus et les conflits du passé et que soit ouvert le chemin d'un dialogue sincère destiné à construire un monde de justice et de paix pour les futures générations", a-t-il dit.

Le mufti a pour sa part appelé le souverain pontife à "jouer un rôle actif" pour mettre fin à l'"agression" israélienne contre les Palestiniens.

"Nous aspirons à un rôle actif de votre Sainteté pour mettre fin à l'agression (israélienne) contre notre peuple, notre terre et nos lieux saints à Jérusalem, à Gaza et en Cisjordanie", a-t-il déclaré en lisant une lettre qu'il a ensuite remise au pape.

Sous la protection d'un épais cordon de la sécurité israélienne qui a imposé un véritable couvre-feu dans la Vieille ville de Jérusalem, le pape s'est ensuite rendu en voiture blindée au Mur des Lamentations, lieu saint du judaïsme et ultime vestige du Second Temple de Salomon.

Après avoir lu le psaume 121 en latin, le pape s'est recueilli debout devant le mur pendant plusieurs minutes, après avoir introduit un bout de papier entre les interstices des pierres millénaires où il avait inscrit un extrait du Livre des Lamentations (3:25) : "Dieu est bon avec ceux qui l'attendent, avec l'âme qui le cherche".

Il a ensuite été reçu par les deux Grands Rabbins d'Israël, le sépharade Shlomo Amar et l'ashkenaze Yona Metzger dans la Grande Synagogue de Jérusalem, au centre-ville.

Il y a affirmé l'engagement "irrévocable" de l'Eglise catholique à la réconciliation avec les juifs.

"Aujourd'hui, m'est offerte la possibilité de répéter que l'Église catholique est engagée de façon irrévocable sur le chemin choisi par le Concile Vatican II en faveur d?une réconciliation authentique et durable entre les Chrétiens et les Juifs", a-t-il dit.

La veille, lors d'une rencontre inter-religieuse à Jérusalem, le Cheikh Tayssir al-Tamimi, chef des tribunaux islamiques palestiniens, s'était emparé du microphone, demandant au pape de faire "pression sur le gouvernement israélien pour qu'il stoppe son agression contre le peuple palestinien".

Il avait également proclamé devant ce forum de dignitaires religieux juifs, musulmans et chrétiens, Jérusalem "capitale éternelle, politique, nationale et spirituelle de la Palestine" contrairement à la position d'Israël qui a annexé la partie orientale de la ville sainte après sa conquête et proclamé Jérusalem "capitale éternelle d'Israël".

Le pape, qui devait recevoir des cadeaux à la fin de l'assemblée, a quitté la salle avant cette cérémonie, le Vatican exprimant peu après son mécontentement.

Un incident qui a fait suite à un certain malaise provoqué en Israël par les diverses interventions du pape sur la Shoah.

"Il vous aurait suffi d'exprimer des regrets. C'est tout ce que nous voulions entendre (...) Il manquait à vos discours la substance", a écrit mardi un éditorialiste du Yédiot Aharonot, plus gros tirage du pays.

source : AFP transmis par
Le Monde.fr - lien de l'article : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-39273311@7-37,0.html SAVOIR PLUS >

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Revue de presse européenne de www.eurotopics.net/fr (12/05/2009)

À LA UNE
Le pape condamne l'antisémitisme

Le pape
Benoît XVI a commémoré lundi les victimes de l'holocauste à Jérusalem. Il a en outre condamné l'antisémitisme dans une allocution au mémorial de Yad Vashem. La presse européenne commente ces actions de manière mitigée.

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Le quotidien Frankfurter Rundschau évoque la visite du pape Benoît XVI en Israël : "Benoît XVI n'a encore rien dit d'inapproprié. Ce n'est pas une raison pour l'encenser car le prix de cette retenue a un caractère superficiel. Condamner la Shoah n'est pas une performance intellectuelle, c'est une évidence morale. L'avertissement sur 'le caractère repoussant' de l'antisémitisme n'engage à rien si le chef de l'Eglise pointe le monde du doigt sans indiquer qu'il a lui-même ramené un négationniste dans le giron de l'Eglise catholique. Le pape n'est pas de ce monde quand il parle de la paix comme d'un cadeau. Ce n'est pas très réaliste de la part du pape de parler de la paix comme d'un cadeau alors qu'en soi-disant Terre sainte, chaque enfant sait aujourd'hui qu'on n'offre la paix à personne, mais qu'il faut négocier et travailler dur pour l'acquérir, avec un risque d'échec permanent." (12.05.2009) » article intégral (lien externe, allemand)

La Repubblica - Italie

Dans le quotidien progressiste de gauche La Repubblica, Gad Lerner compare la visite en Israël de Benoît XVI à celle de son prédécesseur : "[Le pape Jean-Paul II] est devenu 'Juif parmi les Juifs' et a déposé son mea culpa sur le Mur des lamentations. Il s'est adressé au Seigneur dans la langue liturgique des Juifs. Comme à son habitude, il a dépassé l'obstacle de la théologie avec le cœur et l'humilité du croyant. … Les efforts de Joseph Ratzinger ne sont pas animés par des sentiments mais par la théorie. Motivé par un pessimisme qui a grandi avec les tensions mondiales consécutives au 11 septembre, Benoît XVI a d'abord entretenu la division avant l'unité. Cela a entraîné des incidents fâcheux qui ont failli menacer le dialogue entre Juifs et chrétiens. … Ainsi à Yad Vashem, dans son discours passionné contre le racisme et le négationnisme, il a également préféré éviter toute autocritique sur la responsabilité de l'Eglise dans le déclenchement des exterminations du 20e siècle, critique pourtant courageusement entreprise par son prédécesseur." (12.05.2009) » article intégral (lien externe, italien)

Karjalainen - Finlande

Le quotidien Karjalainen estime qu'un voyage du pape, quel que soit son objectif, a toujours également une portée politique : "Avec son arrivée en Israël, la partie la plus délicate du pèlerinage du pape Benoît XVI au Proche-Orient a débuté hier. Le rôle du Vatican et du pape [de l'époque] Pie XII dans l'Allemagne nazie est toujours interprété de façon contradictoire. On n'est pas loin de soupçonner que le pape tente ainsi de jeter un pont vers l'aile ultraconservatrice de l'Eglise. Et en la personne du Britannique Richard Williamson, on a affaire à un représentant [de cette aile] qui est négationniste. Le pape doit faire un geste de pénitence et de réconciliation lors de son voyage. Mais tout ce qu'il fera en dehors du Vatican sera perçu en fonction de points de vue politiques. … Le voyage en Israël de Joseph Ratzinger, âgé de 82 ans, conjure des souvenirs vivaces remontant près de 70 ans en arrière, lorsque celui-ci, âgé de 14 ans, faisait partie des Jeunesses hitlériennes. Pour ces raisons, un discours du pape nazi ne servira pas à grand chose." (12.05.2009) » article intégral (lien externe, finnois)

Le Figaro - France

A l'occasion de la visite du pape en Israël, le quotidien Le Figaro se penche sur la situation politique au Proche-Orient : "Le pape Benoît XVI n'a pas choisi au hasard la date de son voyage en Terre sainte. Dans quelques semaines, tout indique que les fondations seront jetées pour une reprise du processus de paix. ... Lundi prochain, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, sera reçu à la Maison-Blanche [par le président américain Barack Obama]. On ne peut imaginer de moment plus crucial dans les relations entre les deux pays que cette rencontre entre un président américain dont le père était musulman, décidé à faire la paix avec le monde arabe, et un dirigeant israélien opposé à la solution des deux États. L'appel explicite du Saint-Père, à son arrivée à l'aéroport Ben-Gourion, en faveur de la coexistence des deux peuples 'dans des frontières sûres et internationalement reconnues' ne pouvait donc être plus opportun." (12.05.2009) » article intégral (lien externe, français)

[verbatimL’identité occidentale vue par Benoît XVI (source : Sed Contra)

[tribunes] "L´Europe est un continent culturel et non pas géographique. C´est sa culture qui lui donne une identité commune. Les racines qui ont formé et donc permis la formation de ce continent sont celles du christianisme" (Le pape Benoît XVILIRE >  Benoit XVI et l'Islam : Une croisade au XXIe siècle (alterinfo.net)


Le salut du pape  au "courage singulier" des chrétiens de Terre Sainte
AMMAN (AFP) - 10/05/2009 08h26 -
Le pape Benoît XVI a salué le "courage singulier" des chrétiens de Terre sainte dans une région de conflits lors d'une grande messe au stade d'Amman, dimanche, au troisième jour de son pèlerinage sur les lieux sacrés de la foi chrétienne en Jordanie, Israël et dans des territoires palestiniens.

"La fidélité à vos racines chrétiennes, la fidélité à la mission de l'Eglise en Terre sainte réclament à chacun de vous un courage singulier", a déclaré le pape lors de son homélie prononcée devant 50.000 personnes, dont des chrétiens d'Irak et de Syrie.

Il a cité "le courage de la conviction", celui "de dialoguer et de travailler
" à la "solidarité avec les pauvres, les personnes déplacées et les victimes des grandes tragédies humaines" et celui "de construire de nouveaux ponts pour rendre possible la rencontre fructueuse des personnes de religions et de cultures différentes.

Benoît XVI a affirmé qu'il attendait depuis longtemps ce voyage et l'occasion d'"encourager" les catholiques "à persévérer dans la foi" alors qu'ils sont "profondément" touchés "par les difficultés et les incertitudes qui affectent tous les peuples du Proche et Moyen-Orient", une région de conflits politques et religieux où les chrétiens forment une minorité.

Il les a assurés de "la solidarité affectueuse" de l'Eglise et il s'est félicité de "la riche diversité de l'Eglise catholique en Terre sainte", où il existe six rites différents.

Le pape a aussi rendu un hommage appuyé aux femmes de ces régions.

"Qui peut dire ce que l'Eglise ici présente doit au patient, aimant et fidèle témoignage d'innombrables mères chrétiennes, religieuses, enseignantes, médecins ou infirmières !", a-t-il lancé.

"Qui peut dire ce que votre société doit à toutes ces femmes qui, de différentes et parfois très courageuses manières, ont consacré leurs vies à construire la paix et à promouvoir l'amour !", a-t-il ajouté.

Et il a regretté que "ce rôle des femmes (n'a) pas toujours été suffisamment compris et estimé", même si l'Eglise et la société ont commencé à saisir le "besoin urgent" des "femmes comme porteuses d'amour (...) artisans de paix, apportant chaleur et humanité à un monde qui trop souvent juge la valeur des personnes d'après les froids critères de l'utilité et du profit".

Benoît XVI dénonce la mauvaise influence de "l'industrie du divertissement"
AMMAN (AFP) - 09/05/2009 16h09 -
Le pape Benoît XVI a dénoncé samedi la mauvaise influence de l'industrie du divertissement sur les enfants et les personnes vulnérables, lors de vêpres célébrées dans la cathédrale grecque-melkite catholique Saint-Georges à Amman.

"Qui, en tant que parent (...) pourrait ne pas être troublé par les influences néfastes si présentes dans notre monde globalisé, notamment les facteurs destructeurs présents dans l'industrie du divertissement qui exploite sans coeur l'innocence et la sensibilité des jeunes et des personnes vulnérables", a dit le pape lors de sa première homélie de son pèlerinage, au deuxième jour de son voyage en Terre sainte.

La sécularisation de la société est un sujet constant de préoccupation pour Benoît XVI
.

Le pape a souligné que certaines "préoccupations" et certains "soucis" dépassent les frontières culturelles et religieuses, notamment "les espoirs et les aspirations des parents pour leurs enfants".

Lors de cette célébration en rite grecque-melkite, Benoît XVI a également salué le "trésor antique et vivant des traditions des Eglises orientales" qui ne devrait "jamais être compris uniquement comme un objet à préserver".

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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /Mai /2009 19:00

Edwy Plenel, le président de Mediapart

Edwy Plenel, le président de Mediapart

Une pétition de soutien au site d'informations en ligne Mediapart, poursuivi en diffamation par François Pérol et les Caisses d'épargne, a été signée par 77 personnalités politiques et culturelles, a rapporté Mediapart lundi.

Parmi les politiques ont signé notamment Martine Aubry (PS), Ségolène Royal (PS), Olivier Besancenot NPA), Daniel Cohn-Bendit (Verts), François Bayrou (Modem) ou encore Laurent Fabius (PS).

Côté culture le texte à été signé par la comédienne Anouk Grinberg, le philosophe Régis Debray ou l'éditeur François Gèze.

Le président de Mediapart, Edwy Plenel, et le journaliste Laurent Mauduit sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Paris le 12 mai "à la demande de François Pérol qui poursuit Mediapart en diffamation pour avoir affirmé que sa nomination" à la tête des Caisses d'épargne et des Banques populaires "était entachée d'illégalité", selon le site.

Le 26 mai, MM. Plenel et Mauduit doivent ensuite être entendus par la même juridiction pour répondre de "dix plaintes déposées l'an passé par l'ancienne direction des Caisses d'épargne".

L'annonce au début de l'année du choix de François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée et proche du président de la république, pour prendre la tête des banques populaires avait soulevé un tollé dans l'opposition.

Pour les signataires de l'appel, "Mediapart a rempli sa mission, celle d'une information libre et honnête à propos d'un sujet relevant de l'intérêt général".

Ils "s'indignent que François Pérol, au travers de ces onze plaintes, cherche à intimider ou à faire taire le journal" et "rappellent avec force que la liberté de la presse est une liberté fondamentale dans une démocratie, comme l'énonce régulièrement la Cour européenne des droits de l'homme".

(AFP, 4/05/2009 18h42)

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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 23:59

Au moment où l’ensemble des organisations syndicales des psychiatres publics constate qu’en l’espace de deux mois, les réformes annoncées pour la psychiatrie constituent de graves menaces pour la discipline, les soins, les patients et les libertés publiques, et alors que la tradition psycho-dynamique française semble voler en éclats face aux modèles cognitivo-comportementalistes nord-américains, nous arrive d’outre-atlantique un essai réjouissant.

par Serge Hefez,

Dans son livre «Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions», Christopher Lane, spécialiste des cultural studies, dénonce le modèle comportementaliste américain présenté aujourd’hui dans le monde comme le parangon du réalisme scientifique.

Prenant l’exemple de la timidité, qui n’est en rien une maladie mais une émotion ordinaire, l’auteur souligne la manière dont le fameux DSM (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), véritable bible de la psychiatrie internationale, élaboré par l’APA (American psychiatric association), peut s’avérer inefficace voire carrément dangereux. C’est pourtant ce DSM, volumineux catalogue de l’ensemble des symptômes que l’être humain est capable de produire qui est adopté dans le monde entier à travers l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme outil diagnostique et donc comme guide thérapeutique. Ce répertoire a toujours rencontré la méfiance d’une psychiatrie française davantage intéressée par le sens des symptômes que par leur description.


Le DSM s’inscrit en effet volontiers dans une logique hygiéniste et sécuritaire, nous invitant à tous nous considérer comme des malades mentaux dangereux pour les autres ou pour nous-mêmes
.


L’essai de Lane décrypte comment on a progressivement transformé en maladie mentale nos émotions les plus banales, pour le plus grand bonheur d’une industrie pharmaceutique soucieuse de rentabiliser ses précieuses molécules
 : contre l’angoisse de mourir quand on est atteint d’une maladie mortelle, contre le désir de bien manger parfois avec excès ou de boire un verre de vin par jour.

Si les deux premiers DSM, rédigés entre 1952 et 1968, respectaient une logique psychodynamique, prenant en compte la subjectivité des individus, à partir des années 1970, sous la pression des laboratoires et des départements de neurosciences soucieux de réintégrer la psychiatrie dans une vaste science du cerveau, le DSM se dirige résolument vers une analogie entre troubles mentaux et maladies organiques.


Entre 1980 (DSM 3) et 1987 (DSM 3 révisé) on procéda à un «balayage athéorique» se basant sur les psychologies du conditionnement. Les concepts classiques de la psychiatrie sont bannis au profit de la seule notion de trouble (disorder). Ceci permet de faire entrer dans le DSM 4 de 1994 trois cent cinquante nouvelles maladies dont une foule de nouveaux syndromes baptisés addictions tels que l’activité sexuelle libertine, l’apathie, l’amour de la gastronomie ou encore le plaisir de déambuler sur Internet.


Toutes les émotions, y compris les plus banales, sont répertoriées. La dépression connaît sous toutes ses formes son heure de gloire, y compris la tristesse liée à un deuil, pour la plus grande gloire des antidépresseurs.


Faire entrer d’un côté l’existence ordinaire des hommes dans des tableaux pathologiques pour la normaliser par des traitements et de l’autre susciter la terreur de la folie en montant en épingle le moindre fait divers, en renforçant les logiques d’enfermement, de surveillance et d’exclusion, conforter la peur de soi et la frayeur des autres
, voilà un beau programme qui devrait inciter chacun de nous à se tenir à carreau…


P.S.
Dans la série la peur des autres, j’apprends que l’avant projet de loi sur le statut de tiers auquel j’avais précédemment fait référence a été ajourné, vraisemblablement sous la pression des associations familiales catholiques et de l’entente parlementaire contre l’homoparentalité….
Il aurait un peu facilité le quotidien des familles recomposées et des familles homoparentales. Surveiller et exclure, encore et encore…

Par caphi - Publié dans : [sciences et conscience]
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