Mardi 22 juillet 2008

De jour en jour dans les journaux, presque d'heure en heure sur les blogs, « l'affaire Siné » prend de l'ampleur. Les partisans de Siné et ceux de Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, se répondent à coup de lettres ouvertes, pétitions, diatribes, engageant chacun sinon à se rallier, du moins à se positionner sur le prétendu antisémitisme du caricaturiste de Charlie. Difficile devant l'emballement médiatique d'y voir clair. D'autant que le différend entre Siné, 79 ans, et Philippe Val, 55 ans, s'il explose aujourd'hui, ne date pas d'hier. Cette chronologie tente de résumer les prises de positions des deux camps.

11 juin
Dans un post-scriptum à son article publié dans Télérama et consacré à Denis Robert et à ses nouveaux démêlés avec l'institution financière luxembourgeoise Clearstream, notre consœur Weronika Zarachowicz rappelle qu'« ironie de l’affaire : Clearstream a pour (excellent) avocat Richard Malka, qui défend aussi Charlie Hebdo. La liberté de la presse, ça va un temps… il faut bien vivre. »

25 juin
Dans son éditorial de Charlie Hebdo, Philippe Val prend la défense de son avocat, Richard Malka et résume les années d'enquête de Denis Robert à de la diffamation. Juste avant de diffamer à son tour Weronika Zarachowicz en assimilant son article aux Protocoles des sages de Sion, faux document antisémite notoire, rédigé au XIXe pour accréditer la thèse d'un complot juif mondial.

Blessée, notre consœur adresse un droit de réponse à Philippe Val, qu'il refusera de publier : « Vous établissez un lien entre mon travail et les Protocoles des Sages de Sion, impliquant que je suis donc adepte du grand complot antisémite. C'est abject. Diffamatoire. Et d'autant plus rance de la part de quelqu'un qui donne des leçons de déontologie et affiche sans cesse sa prétention à défendre les grands principes. »

C'est Richard Malka en personne, l'avocat schizophrène, qui lui répond dans une lettre à la rhétorique pour le moins tordue dans laquelle éclate le conflit d'intérêts lié à sa double casquette d'avocat de Charlie et de Clearstream. « Et, au-delà de ma personne, vous rendez vous compte que Clearstream, loin d’être une abstraction fantasmagorique, constitue une société dans laquelle 1.500 personnes travaillent et qui, toutes, ont également été blessées d’être assimilées à des commanditaires de tueurs russes, rôle que vous attribuez aux tribunaux français. Cette comparaison ne vous paraît-elle pas relever quelque peu des excès que vous dénoncez ? »
Dans son blog sur bakchich.info, Sébastien Fontenelle, est l'un des rares à faire cas de la polémique : lire Philippe Val fait sa vilénie mercredique.

2 juillet
Dans sa chronique hebdomadaire de Charlie Hebdo, si judicieusement intitulée « Siné sème sa zone », Siné s'abstient de donner son point de vue (contradictoire) sur « l'édito-lynchage » de son rédacteur en chef et choisit de remplacer sa prose par un bandeau « Autocensure ». Juste en dessous de ce qui sera perçu comme une ultime provocation, Siné ironise sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy avant son mariage annoncé par la presse avec la fille du fondateur des magasins Darty :
« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

8 juillet
Le journaliste Claude Askolovitch, commente l'article sur RTL dans l'émission On refait le monde, dont il est l'un des chroniqueurs : « C'est une affaire qui a mon avis va faire beaucoup de bruit. C'est un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas qui s'appelle Charlie hebdo. »

17 juillet
La machine médiatique est lancée, comme le résume cet article de Rue89. Val saute sur l'occasion pour engager une procédure de licenciement à l'encontre de son collaborateur qui refuse de s'excuser et dénonce le procès en sorcellerie dont il s'estime victime.

18 juillet
Guy Bedos, ami proche de Denis Robert (tout se tient), se fend d'une lettre ouverte au directeur de la publication de Charlie Hebdo dans laquelle il n'hésite pas à comparer les méthodes de managment de Philippe Val à celle de Nicolas Sarkozy : Philippe Val, Tu es à Charlie Hebdo ce que Sarkozy est à la France. Lettre dans laquelle Bedos estime que le prétendu antisémitisme de Siné n'est qu'un prétexte avancé Val pour se débarraser une fois pour toutes de celui dont il n'a jamais partagé les prises de positions contradictoires sur le conflit israélo-palestinien. Siné s'en prenant presque toutes les semaines à la politique israélienne. Val ayant la facheuse tendance à confondre Palestinien et terroriste.

Un peu plus tard dans la journée, c'est au tour de Gisèle Halimi, qui a participé à la création de Charlie, d'apporter son soutien au dessinateur et de dénoncer le « prétexte » : « Siné n'est pas ce qu'il est convenu d'appeler un ami. Sa misogynie volontairement primaire nous a tenus éloignés l'un de l'autre, malgré quelques causes communes essentielles (anticolonialisme, antiracisme etc.). La direction de Charlie Hebdo vient de le licencier brutalement. Motif allégué : propos antisémites. A la lecture attentive de ses quelques lignes, je suis en mesure d’affirmer – en spécialiste du droit de la presse – qu’il ne s’agit que d’un prétexte ; un procès pour antisémitisme n’aurait guère de chances d’aboutir. »

Sur le Net, une pétition de « soutien inconditionnel » à Siné circule, réunissant les dessinateurs – Willem, Pétillon, Pichon, Philippe Geluck, Desclozeaux –, des écrivains tels Gilles Perrault, François Maspero et Raphaël Confiant, des philosophes comme Michel Onfray et Daniel Bensaïd, les humoristes Guy Bedos et Christophe Alévêque, l'écrivain et cinéaste Fernando Arrabal, le réalisateur Pierre Carles, des enseignants, des journalistes – Denis Robert, Denis Sieffert... –, la comédienne Marina Vlady, le porte-parole de la LCR Alain Krivine, l'entarteur Noël Godin...

22 juillet
Les amis de Philippe Val ne sont pas en reste. La Licra et SOS Racisme soutiennent le directeur de Charlie Hebdo. Ainsi que Bernard-Henri Lévy, qui prend la défense de son ami dans une tribune du Monde : « Bouffer du curé, du rabbin, de l'imam – jamais du « Juif » ou de l'« Arabe ». »
A suivre...

Jérémie Couston

PS : Jérémie Couston et Weronika Zarachowicz et Thierry Leclère ont signé la pétition de soutien à Siné.

source : Le fil idées - Télérama.fr, 22 juillet 2008 à 19h35


revue de presse et de blogs
Siné viré, Charlie Hebdo en deuil, Philippe Val dans la tourmente


Derrière les récents "dérapages", la crise que traverse le journal satirique met en lumière les contradictions de son directeur.

> lire aussi en bas de page "De quoi Siné est-il le nom ?" par Bernard-Henri Lévy

'C'est dur d'être payé par des cons', caricature de Siné par Ga.

par Augustin Scalbert | Rue89 | 17/07/2008 | 10H37

Charlie Hebdo est "en deuil", selon l'expression du dessinateur Charb. Le départ de Siné, dessinateur de presse depuis la IVe République, a sonné le bourdon dans la rédaction. Dans le numéro du 2 juillet, celui que Pierre Desproges avait traité -dans ce qui pouvait passer en 1982 pour une quittance d'indépendance- de "seul gauchiste d'extrême droite en France", a écrit une brève que l'on peut qualifier, au minimum, de très ambiguë:

"Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le parquet (encore lui!) a même demandé sa relaxe! Il faut dire que le plaignant est arabe! Ce n'est pas tout: il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit!"

 

La brève de Siné parue dans Charlie le 2 juillet.

 

A Charlie, personne n'a tiqué avant ou après publication: Siné est connu pour son athéisme ultra-militant, particulièrement à l'encontre des trois religions du Livre. En juin non plus, nul n'avait moufté quand il avait écrit ceci:

"J’avoue que, de plus en plus, les musulmans m’insupportent et que, plus je croise les femmes voilées qui prolifèrent dans mon quartier, plus j’ai envie de leur botter violemment le cul!"

Michel Polac: "Il n'y a plus de presse libertaire"

C'est le journaliste du Nouvel Observateur Claude Askolovitch qui a le premier qualifié le texte sur Jean Sarkozy d'"antisémite", le 8 juillet sur RTL, en évoquant "un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas". "Sous-entendu, pour faire du chemin dans la vie, vaut mieux être juif", commentait Askolovitch.

La direction de Charlie Hebdo demande alors à Siné de s'excuser. Après quelques tractations, il finit par accepter de signer ce texte. Mais renonce quand il apprend qu'il sera publié à côté de celui-ci, où la rédaction réprouve "unanimement" sa chronique. La rédaction de Charlie n'était effectivement pas unanime. Michel Polac, par exemple, se dit "furieux qu'on puisse taxer Siné d'antisémitisme. Et je suis bien placé pour parler d'antisémitisme" (Polac est juif, ndlr):

"Siné a écrit dix fois des choses énormes, c'est un énergumène. Dire qu'il n'a pas sa place à Charlie, c'est dire qu'il n'y a plus de presse libertaire."

Bilan: Siné, 79 ans, prend la porte, comme l'a confirméPhilippe Val à l'AFP. Le directeur de la publication se justifie, dans les colonnes du numéro de ce mercredi, en assumant n'avoir pas lu l'article incriminé, en rappelant que la conversion de Jean Sarkozy au judaïsme est "une fausse rumeur", et en expliquant que "le lien" entre cette conversion et la réussite sociale n'était "ni acceptable ni défendable devant un tribunal".

La famille de Jean Sarkozy n'envisage pas de procès, selon un collaborateur

Le patron de Charlie Hebdo, ainsi que d'autres journalistes contactés par Rue89, redoutent de voir le nom de leur journal accolé au terme "antisémite". Philippe Val l'assure:

"La famille Sarkozy va porter plainte contre nous. Ce n'est pas qu'ils l'envisagent: ils vont le faire."

Val tient cette certitude de Claude Askolovitch. Ce dernier explique pourtant n'avoir pas dit à Val que les Sarkozy "vont" porter plainte, mais "qu'ils envisagent de le faire", selon ce que lui auraient dit "des proches" de la famille régnante.

Mais quand on se rapproche un peu plus de Jean Sarkozy, le son de cloche est légèrement différent: "La famille n'a jamais menacé Charlie Hebdo de procès, et ne l'envisage plus depuis que le journal s'est séparé de Siné. Ni Jean Sarkozy ni sa fiancée n'ont eu de contact avec Charlie Hebdo", martèle un collaborateur du jeune héritier.

En clair, si l'on en croit le principal intéressé, l'argument du procès ne tient pas pour renvoyer Siné. C'est un prétexte, ou un signe que Val a mal interprété les informations qu'il a reçues. Reste le dérapage. Siné, qui explique que sa première épouse et leur fille "sont juives", assume seulement d'avoir dépeint Jean Sarkozy en "opportuniste":

"Il est prêt à tout pour épouser une femme riche, et il se trouve qu'elle est juive."

Val reprend les thèses de son avocat, qui défend aussi Clearstream

Dérapage antisémite ou pas, une telle polémique détonne à propos de Charlie, l'héritier de Hara-Kiri, l'hebdo des caricatures du prophète Mohammed, défendu à l'époque par Nicolas Sarkozy. Le journal, aussi, qui laissait Siné s'autocensurer -juste au-dessus de sa désormais fameuse chronique sur Jean Sarkozy- à propos du journaliste Denis Robert.

La semaine précédente, le 25 juin, Philippe Val a signé l'édito qui a déclenché la crise actuelle. Sous le titre "L'avocat de Clearstream se nourrit aux OGM", Val y publiait une fiction humoristique tournant en dérision les enquêtes de Denis Robert sur la chambre de compensation luxembourgeoise. Le journaliste, qui venait de renoncer à se défendre publiquement dans cette affaire(ce que ne mentionnait pas Val), y était dépeint comme paranoïaque. Avec des arguments -Robert "a perdu ses procès"; les erreurs de son enquête en font une enquête erronée- très proches de ceux de Clearstream, dont l'avocat, Me Richard Malka, est aussi celui de Charlie Hebdo. Arguments partiaux, comme le démontre sur Agoravoxle Grolandais Francis Kuntz.

L'édito se concluait sur une attaque de la journaliste de Télérama Weronika Zarachowicz, coupable d'avoir écrit un articleoù elle rendait hommage au travail de Robert, sans préciser qu'elle avait cosigné avec lui un entretien avec Noam Chomsky, que Val fustigeait aussi, en passant. Il associait l'article de Zarachowicz, qui se terminait par un rappel des deux clientèles de Me Malka, aux Protocoles des Sages de Sion, un faux document antisémite du XIXe siècle utilisé depuis par l'extrême droite. Philippe Val se justifie:

"Je voulais juste dire que c'est la même mécanique, quand les gens croient ce qui est faux car ils ont envie de le croire."

Une journaliste de Télérama a "blessé" les salariés de Clearstream

La journaliste de Télérama n'a pas du tout apprécié:

"Ce grand défenseur de la liberté d'expression ne supporte pas qu'on questionne le fait que l'avocat de Charlie soit aussi celui de Clearstream, et ça le conduit à des associations nauséabondes."

Elle lui a envoyé un droit de réponse. Val a refusé de le publier, car il était "imbécile et pas du tout dans les clous de la loi". Le journaliste, qui précise dans le même édito que les deux jobs de l'avocat n'entachent pas l'indépendance du journal, a laissé Me Malka répondre à Zarachowicz. On voit dans sa lettre que la frontière n'est pas si hermétique:

"Au-delà de ma personne, vous rendez-vous compte que Clearstream, loin d'être une abstraction fantasmagorique, constitue une société dans laquelle 1500 personnes travaillent et qui, toutes, ont également été blessées d'être assimilées à des commanditaires de tueurs russes, rôle que vous attribuez aux tribunaux français."

L'éditorial de Val a suscité une fronde en interne, avec menace de démission de plusieurs journalistes, finalement non suivie d'effet. Siné était en pointe de la contestation.

Aujourd'hui, certains journalistes sont amers, comme Michel Polac:

"Ce journal est mal parti en ce moment. Il y a un problème Philippe Val, en tous cas avec l'affaire Clearstream et l'affaire Siné."

D'autres ne font "pas de commentaire." Le rédacteur en chef adjoint Charb admet que l'attaque contre Denis Robert était "disproportionnée":

"Mais ce qui me sidère, c'est toutes les haines que Val concentre contre lui."

Addendum le 17/07/2008 à 15h10:dans un communiqué envoyé jeudi par son avocat à l'AFP, Siné annonce sa décision "de déférer au tribunal correctionnel de Paris du chef de diffamation le journaliste Claude Askolovitch et tous ceux qui, en le traitant injustement d''antisémite' et d''ordure', ont provoqué son licenciement par Charlie Hebdo et ruiné l’engagement de toute une vie en faveur de la tolérance, de la liberté d’expression et de l’égalité entre les usagers de la planète Terre".

Rectifié le 17/07/2008 à 17h19après un appel du collaborateur de Jean Sarkozy, qui précise n'être pas son "porte-parole" comme nous l'avions écrit, et ajoute, vérification faite, que la famille a bel et bien envisagé de porter plainte contre Charlie Hebdo, avant de renoncer après le départ de Siné. Il confirme donc ce qu'expliquait Philippe Val dans Libération ce jeudi matin.

Addendum le 17/7 à 15h10:Dans les commentaires et par mail, les dessinateurs se lâchent contre la décision de Philippe Val. Petit florilège.

 

D'autres ont ressorti de vieilles couvertures de Charlie Hebdo première version, dont la parution s'est arrêté en 1981. Autre temps, autres moeurs... autre sens de l'humour.

source : Rue89


Quant à la crainte des procès politiques là encore ils devaient se poser moins de questions...

   

 
source : Rue89

Bedos: "Val est à Charlie ce que Sarkozy est à la France"

Par Guy Bedos | Humoriste | 18/07/2008 | 13H04

L'humoriste Guy Bedos, qui soutient de longue date le journaliste Denis Robert dans la bataille de prétoires l'opposant à Clearstream, a fait parvenir à Rue89 cette lettre ouverte à Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, dans laquelle il réagit au renvoi du dessinateur Siné.

"Philippe Val,

Tu es à Charlie Hebdo ce que Sarkozy est à la France.

A la différence près que lui a été élu; toi, dans des conditions qui m’échappent et dont je me tape, tu as fait un coup d’Etat. Me revient une phrase que j’avais écrite à propos de certains politiques, de droite ou de gauche, et qui, au regard de ton attitude, te concerne aujourd’hui: "Ce n’est pas en crachant dans les miroirs qu’on guérit de l’eczéma. Ça les démange et ils se grattent sur la peau des autres."

 
A lire aussi

Après t’être acharné -c’était une urgence!- sur Denis Robert, dont manifestement tu ne connais ni les livres ni les films, voilà que tu t’en prends à Bob Siné, que, brutalement, tu vires pour antisémitisme. Il y a longtemps que les lecteurs attentifs de "Charlie" savent ce qui vous oppose à propos du conflit israélo-palestinien. Prétexte, donc.

Antisémite, Siné? As-tu lu David Grossman et Amos Oz, écrivains israéliens qui, sans relâche, luttent, en Israël, contre l’actuel pouvoir israélien? Antisémites eux aussi?

Moi, qui ai dit sur la scène de l’Olympia "je ne confondrai jamais Ariel Sharon et Bibi Netanyahu avec Anne Franck et Primo Levi", suis-je pour autant un néonazi qui s’ignore?

Je pourrais te mépriser, je te plains."

source : Rue89



Par Bigseb
15H03    18/07/2008

Charlie est mort, heureusement pour nous le Canard bouge encore...

Par Spirou

15H06    18/07/2008

Val est passé du côté des néo-cons après le 11/09. Son torchon a relayé allégrement les thèses de Bush et des extremmistes de la MB. Il est en croisade, avec Caroline Fourest et les autres prétendus journaleux. Et dans cette croisade, il y a les bons et les méchants. Les bons sont les gentils occidentaux et Israël, qui incarnent la démocratie, la liberté et balblabla. Les méchants, c'est les autres, c'est à dire ceux qui ne pensent pas comme VAL et Fourest et qui refusent de hurler avec les loups quand il s'agit du phénomène religieux ou du conflit israélo-palestinien.

Tout le monde a remarqué son penchant pro-Bush et pro-israélien. Cela transpire dans son journal et dans ses interventions TV. Lui et Fourest sont entrés en croisade et quiconque s'aventurerait à les contredire sera châtié. Bedos à raison, VAL n'appréciait pas les dessins qui dénonçaient l'attitude d'Israël.

Voilà comment in musèle la presse et comment on aboutit épurer les médias de tous ceux qui parlent en mal d'Israël : accusation d'antisémitisme.

C'est arrivé au journaliste de RFI et à bien d'autres.

Par boeuf mode

15H23    18/07/2008

Il était un petit canard qui avait bien bien rigolé au milieu d'une presse terne et frileuse. Inventif, irrévérencieux, iconoclaste, le journal bête et méchant regorgeait de talent. Fondé en 1960 par le professeur Choron et François Cavanna, on pouvait y lire avec délectation de bien belle signatures tes que Topor, Reiser, Delfeil de Ton, Cabu, Gébé ou encore Wolinski. Des couvertures aussi impertinentes qu'hilarantes bravaient la censure avec brio. Sous de Gaulle, des interdictions de parution frappaient régulièrement le mensuel mais à chaque fois, le baveux bavard renaissait de ses cendres encore tièdes et continuait son œuvre salvatrice. Il s'appelait Harakiri.

Suite à la mort du grand Charles, une manchette jugée déplacée engendrait une nouvelle interdiction et obligeait le désormais hebdomadaire à changer de nom pour continuer à exister. Ainsi naissait Charlie Hebdo. Il allait nous faire rire jusqu'en 81. Suite à des problèmes financiers et à son refus de bénéficier de revenus publicitaires, le journal s'arrêtait. En 92, Pas mal d'anciennes signatures historiques plus un certain Philippe Val reprenaient le journal. En 2004, après le décès de Gébé, Val, déjà rédacteur en chef, devenait en outre directeur de la publication. Doté des pleins pouvoirs, il allait sensiblement transformé Charlie Hebdo. L'attitude autoritaire et les prises de position de l'ancien gauchiste devenu réactionnaire provoquaient démissions et licenciements au sein de la rédaction. Friand de plateaux télé et de stations de radios, il inondait désormais nos ondes de sa pensée un brin néo-libérale et un tantinet islamophobe.

Le vieux Siné, anar patenté et anticlérical notoire, faisait figure de dinosaure au sein de la nouvelle équipe. De nombreux conflits l'opposaient déjà à l'ambitieux Philou. Sa dernière saillie allait provoquer sa perte. Le 2 juillet, il écrivait : “Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! ” On peut trouver ça déplacé, pas drôle, acide… Mais est-ce qu'au sein d'un journal satirique, la rédaction d'un tel paragraphe doit aboutir au licenciement de son auteur pour antisémitisme ?

Le mois dernier, le même Siné avait lancé dans la même tribune: ” j’avoue que, de plus en plus, les musulmans m’insupportent et que, plus je croise les femmes voilées qui prolifèrent dans mon quartier, plus j’ai envie de leur botter violemment le cul ! J’ai toujours détesté les grenouilles de bénitier catholiques vêtues de noir, je ne vois donc pas pourquoi je supporterai mieux ces patates à la silhouette affligeante et véritables épouvantails contre la séduction !” On peut trouver ça déplacé, pas drôle, acide… Mais personne à l'époque, surtout pas Val n'avait trouvé à redire. Pourtant, dans le même esprit, les propos du dessinateur auraient pu être aisément qualifiés d'anti-islamiques. Y'avait-t-il deux poids deux mesures chez Val ? Qu'était donc devenu l'apôtre de la liberté d'expression de l'affaire des caricatures de Mahomet ? Les religions n'étaient-elles pas toutes traitées à la même enseigne sous le crâne dégarni du fossoyeur de Charlie ? Etait-ce la crainte du procès envisagé par la famille de Jean Sarkozy qui avait provoqué cette décision ubuesque ? En mémoire du formidable brûlot qu'avait été ce fleuron de la presse libertaire, on avait juste envie de dire : Val, de grâce, quittez vite ce journal, vous lui ôtez son âme…
http://ruminances.unblog.fr/

Par Ours breton

15H59    18/07/2008

j'ajoute mon " Merci Monsieur Bedos" à celui des autres
je voudrais dire à : Cavanna,Oncle Bernard,Luz,Polac,Catherine,Riss,Charb et tous les autres muets de Charlie Hebdo .... Quelle déception !!!!!!
Mais qu'avez vous fait de ce Journal ?
Ce n'est plus un journal pour ..... des lecteurs C'est devenu LE Journal de Philippe VAL et si les lecteurs ne s'y retrouvent plus , qu'importe !!!!!!

Il y avait en France 2 journaux qui vivaient sans Pub : Charlie et Le Canard
il n'y en a plus qu'un : Le Canard....
Ce sont les "annonceurs" (Darty,Sarkozy..) qui font maintenant la loi comme dans un Figaro,France-soir,le Nouvel Obs ou Libération.......

Message personnel à Siné : Restez le même on a besoin de gens comme vous et il faut être "inculte" pour vous taxer d'antisémitisme

Par Ga

16H04    18/07/2008
16H22    18/07/2008

Au-delà de l'idéologie et de tout anti-anti-(...)antisémitisme, ça m'a surtout l'air d'une bonne vieille querelle de personnes et d'égos...

Bedos répond, le grolandais Kuntz commente l'affaire sur Agoravox, on publiera bientôt les mots sur le frigo?

J'aimerais que le licenciement de la caissière de chez Leclerc suscite autant de solidarités...

Siné a bien raison dans cette affaire mais j'ai vu sa (magnifique) maison dans "L'avocat de la terreur", alors je ne m'inquiète pas trop...

Par Yaumegui_from_Paris

16H30    18/07/2008

Pour que la caissière licenciée abusivement puisse un jour espérée être défendue correctement, il s'agirait déjà que les "hautes sphères" se comportent correctement entre eux. Sinon, une caissière sous-payée qui vole un peu de viande pour en donner à ses gosses se fera toujours virer pour faute grave sans vergogne.
Puis, je ne crois pas que les gens s'inquiètent de la perte de revenus de Siné, mais de la manipulation de Val pour faire une voix discordante.
Enfin, la défense de la liberté d'expression c'est souvent une bagarre entre égos.

Par newf

19H31    18/07/2008

Peut-être serait-il temps de se calmer là non? A lire les posts on a basculé dans le grand n'importe quoi: on compare Val à Sarko, Siné serait subitement devenu un penseur incontournable, bientôt vous allez dire que Charlie devient un journal de droite! Faudrait peut-être pas pousser mémé. La vérité est que tout çà n'est qu'une affaire d'égo entre 2 journalistes et que Siné, qui d'habitude conchie les médias est en train de s'en servir pour régler ses comptes. On pense ce qu'on veut de Val mais il a au moins le mérite de tenir son journal et çà doit pas être simple tous les jours de manager une équipe d'anars par définition ingérables. Quant à Bedos, il fait comme d'habitude, il mélange tout et notamment l'antisémitisme et l'antisionisme et il est persuadé être un grand penseur parce qu'il a la faculté de gueuler plus fort que tout le monde. La vérité est qu'il est une boursouflure autosuffisante qui s'érige en donneur de leçons alors qu'il est le symbole même de la gauche caviar. Justement lui est plutôt nouvel obs que Charlie. Et comme il a un sens de la répartie hors du commun, je pense qu'il m'infligerait un de ses célèbres "je t'emmerde" qui a le mérite d'élever le débat.

Par Toby E

19H22    18/07/2008

Cette affaire nous apprend entre autres :
- que Cavanna et Cabu sont bien morts, contrairement à une légende tenace. En effet, tous ceux qui les ont connus savent qu'ils se seraient immédiatement et publiquement solidarisés avec Siné;
- que, quand on lui demande poliment, Askolowitch est en mesure de dire à Val où il doit faire;
- que Val fait où on lui dit de faire.

Par Yaumegui_from_Paris

20H06    18/07/2008

Polac est intervenu en disant que Cavanna quand il parlait de Charlie Hebdo avait des tremolos dans la voix.

source : Rue89 

De quoi Siné est-il le nom ?
par Bernard-Henri Lévy (philosophe) dans l'édition du Monde du 22.07.08.
Extraits choisis :
"(...) Et si les temps, précisément, avaient changé et qu'il appartenait aux humoristes, non moins qu'aux écrivains, aux artistes, de prendre acte de ce changement en admettant qu'on ne rit plus aujourd'hui, ni tout à fait des mêmes choses, ni tout à fait de la même manière, qu'au temps des années 1930 ou 1950 ? Allons, Siné. Tu as encore le choix. Ou bien la répétition, le stéréotype, le même éternel retour du même humour de cabaret qui ne te fait, j'en suis sûr, plus rire toi-même - mécanique plaquée sur du vivant, ignominie couplée avec du cliché, gâtisme assuré. Ou bien changer de disque, inventer, te libérer et faire de ton humour l'aventure d'une liberté retrouvée et ajustée aux libertés du jour - jeunesse à volonté, talent, modernité. Je ne pense pas qu'on en ait "trop fait" sur cette affaire Siné. Aussi minuscule qu'elle semble, c'est une de ces "sécrétions du temps" dont Michel Foucault disait qu'elles n'ont pas leur pareil pour refléter, condenser, télescoper, l'esprit et le malaise d'une époque." LIRE l'article en entier
 
 
Marie
21.07.08 | 18h45
"on ne rit plus aujourd'hui, ni tout à fait des mêmes choses, ni tout à fait de la même manière, qu'au temps des années 1930 ou 1950". Mr BHL, mais on ne rit plus aujourd'hui! L'affaire des caricatures de Mahomet a été un bol d'air tout comme les lignes de Sine. En culpabilisant le lecteur qui a ri, vous insinuez qu'il ne sait pas excercer son esprit de discernement entre ces lignes satiriques et un phamphlet haineux contre le juif. Pour un philosophe, c'est une grave erreur d'appréciation!"
 
JRG
21.07.08 | 14h40
(...) Siné n'est pas soupçonnable d'antisémitisme. Il y a effectivement une "affaire Val": son obéissance au pouvoir et à ses princes est devenue totale. Sa marque de fabrique est devenue apologie du libéralisme. C'est fort ennuyeux pour un hebdo qui se prétend satirique et qui devrait être un contre-pouvoir. Heureusement, il nous reste le Canard.
 
Olivier AF.
21.07.08 | 17h18
J'ai de la peine de constater que la culture et l'intelligence de M. Lévy se mettent au service de la paranoia plus que du labeur contre l'antisémitisme et toutes les intolérances. Il avoue ne pas beaucoup s'intéresser "à la misère au coin de la rue". C'est pourtant là que naissent l'antisémitisme et ses cousins mafieux. Ce n'est pas un tort d'aller en Bosnie ou en Afghanistan. A force, ça ne devient que du tourisme.
 
CJ
21.07.08 | 18h38
Comme ce type qui insultait Siné dans le Point (il me semble?), une telle distorsion de ce qui est écrit mériterait une poursuite en diffamation. Cette habitude récurrente de hurler à l'antisémitisme pour n'imorte quoi est par ailleurs suspecte et totalement contre productive. Pour quoi M. Lévy ? Pour qu'on s'interdise toute pensée critique? Par politique du pire ?
 
PierreG68
21.07.08 | 17h25
Ce n'est pas sérieux. BHL n'a pas lu le texte de Siné et invente des histoires de tchador à dormir debout. Dommage que le dernier responsable intelligent, lucide et rationnel du judaïsme ici soit un vieux Monsieur de 88 ans, Théo Klein. Quant à Sarkozy père ou fils ça devient plus qu'énervant de traiter leurs critiques d'anti-sarkozystes primaires. Il y a de quoi les critiquer non ? Ces gens sont en train de liquider l'Etat, de servir leurs copains, de liquider le Droit et on devrait se taire ?
 
Philippe L.
21.07.08 | 18h16
Désolé, mais l'analyse de texte est fausse vu qu'elle ne s'appuie pas sur sa lecture. Un peu de rigueur intellectuelle eût été la bien venue. Il est compréhensible que d'aucun s'inquiète dans ce monde-ci de la montée des intolérances, du retour des fanatismes. En Europe, en France même, la crise aidant, on peut à juste titre s'inquiéter de la "bouc-émissarisation" croissante qui préfigure le retour de la Bête. Oui, 100 fois oui. Mais pas sous les traits de Siné : BHL, vous êtes ridicule.
 
hrundi
21.07.08 | 16h07
De qui Val est-il le con ? De BHL ou de Siné ? En tout cas cette "affaire" montre à nouveau l'impérieuse nécessité pour la gauche de se libérer du carcan de l'imposture permanente qu'incarnent (un peu à la façon d'un ongle) BHL et Val depuis tant d'années. Et ils bouvardent et ils pécuchent, en mauvais journalistes, en mauvais philosophes, en mauvais écrivains ; mais en bons rentiers.

Bertrand C.
21.07.08 | 18h19
BHL nous sert des mots, des mots, des mots ... Une diarrhée de mots pour une affaire mal interprétée et à peine étudiée par quelqu'un dont la profession est justement de douter pour mieux étudier ! BHL n'est qu'un éternel étudiant de philo qui n'aurait jamais su devenir indépendant dans sa pensée ... Bref, du BHL pour une affaire si minable et si petitement intéressante. Si l'on sait quoi faire de l'antisémitisme, que peut-on faire de BHL ? ... Le jeter en pature à Siné, pardi !
 
Christian L.
21.07.08 | 18h32
BHL et d’appliquer à sa propre pensée le principe de distinction entre les critiques sur les hommes et celles sur les dogmes et celui sur le respect des mots.
 
fabien s.
21.07.08 | 18h40
A regarder par les temps qui court, ça détendra l'atmosphère : http://www.dailymotion.com/video/xpyct_desproges-on-me-dit-que-des-juifs . Quel comique aujourd'hui pourrait tenir ces propos ?


La chronique de Siné non publiée
dans Charlie Hebdo cette semaine

NOUVELOBS.COM | 23.07.2008 | 12:45
Siné, dont la chronique hebdomadaire n'a pas été publiée, mercredi 23 juillet, par Charlie Hebdo avec lequel il est en conflit après un texte accusé d'antisémitisme, a fait parvenir à nouvelobs.com le texte non paru. Le dessinateur, qui affirme n'avoir pas été formellement licencié de Charlie après l'affaire concernant sa chronique sur une supposée conversion au judaïsme de Jean Sarkozy, a tenu à envoyer son texte "comme chaque semaine" à l'hebdomadaire. Il affirme que Philippe Val lui a demandé sa démission mais qu'il a refusé et compte donc poursuivre sa collaboration au journal.
Nous publions ci-dessous la version retranscrite de la chronique,
pour accéder à la chronique dans sa version originale, cliquez ici.

"
Je ne partirai que par la force des baïonnettes !

"Il a préféré s’exclure de nos colonnes et je le regrette." C’est dans ces termes que Philippe Val terminait son éditorial dans le dernier Charlie. Mes avocats sont formels : cela ne signifie aucunement que je sois viré. Il laisse seulement croire que j’ai démissionné, ce qui est absolument faux. Je continuerai donc, jusqu’à la réception d’une lettre officielle de licenciement à envoyer régulièrement ma rubrique ! Je vais, aujourd’hui, vous dire mon intime conviction : Philippe Val ayant tous les pouvoirs à Charlie et régnant en maître absolu sans jamais tenir aucun compte de l’avis de ses collaborateurs, m’en voulait à mort d ‘être le seul résistant depuis la mort de Gébé et d’écrire, dans ce qu’il appelait, avec un certain culot, "SON" journal, des propos souvent diamétralement opposés aux siens. Il caressait, depuis longtemps, l’envie de m’évincer mais craignait de violentes réactions. (A juste titre, car on assiste, depuis une semaine, à un véritable tsunami de protestations indignées). Il n’osait m’attaquer de front, mais m’asticotait souvent, me demandant lui-même ou par sectateurs interposés, de changer un mot ou de corriger une phrase qui le choquait. L’excuse invoquée, à tous les coups, était la crainte d’un procès. Certains de mes propos pouvaient, d’après lui, être mal interprétés et passer pour homophobes, antiféministes mais, le plus souvent, antisémites. Je luttais pied à pied mais abandonnais toujours et finissais par trouver une formule moins percutante mais qui le satisfaisait. (Je ricane doucement quand il prétend ne pas avoir lu mon texte car, quand il ne les épluchait pas lui-même, il envoyait au charbon Gérard Biard, Oncle Bernard ou carrément Richard Malka, son avocat (qui est aussi celui de Clearstream !) Ma dernière "zone" où je prenais la défense de Denis Robert l’a mis dans tous ses états. Fou de rage, il a confié le soin à l’un de ses copains, n’osant le faire lui-même, un dénommé Askolovitch du Nouvel Obs, de me régler mon compte. Je vous fais grâce des épisodes sordides et la plupart du temps, douloureux, au cours desquels Charb, que j’appelais jusque là affectueusement mon "neveu", s’est conduit d’une façon invraisemblable qui défie toutes les lois de l’amitié ! Je ne l’ai pas encore digéré, j’en ai gros sur la patate ! Au final, je poursuis en correctionnelle l’imprudent journaliste qui s’est permis de me traiter d’"antisémite" sur les ondes de RTL à une heure de grande écoute et de répéter les propos de son pote Val me qualifiant, en plus d’antisémite, d’« ordure » ! Ils vont apprendre qu’on ne diffame pas impunément ! Quant à mon supposé antisémitisme, je n’ai jamais été antisémite, je ne suis pas antisémite, je ne serai jamais antisémite. Je condamne radicalement ceux qui le sont mais je n’ai guère d’estime non plus pour tous ceux, juifs ou non, qui jettent inconsidérément ce mot abject à la gueules de leurs adversaires pour les déconsidérer sachant que cette accusation est l’insulte suprême depuis la Shoah. Cela devient proprement insupportable ! En ce qui me concerne, j’éprouve autant d’antipathie pour tous ceux qui, encore une fois, juifs ou non, qui défendent le régime israélien que pour ceux qui défendaient l’apartheid en Afrique du Sud. Depuis 60 ans, j’ai toujours lutté contre toute forme de racisme et si j’avais eu l’âge de cacher des Juifs pendant l’Occupation, je l’aurais fait sans hésiter, comme je l’ai fait pour les Algériens pendant la guerre d’Algérie. Je suis du côté de tous les opprimés ! Si Val me cherche des poux dans la tête, peut-être est-ce pour remercier le président de la République de lui avoir manifesté son soutien au cours du procès des caricatures de Mahomet ? Je sais qu’il me prépare un coup fourré… Il est en train de trier fébrilement tout le courrier ne gardant, pour les publier, que les lettres hostiles beaucoup moins nombreuses. Le pire est qu’il va publier aussi des lettres d’antisémites notoires, genre Dieudonné et consorts, me félicitant… D’avance je dénonce cette entourloupe qui ne convaincra, je l’espère, que les convaincus. Les autres ne seront pas dupes de ce stratagème déloyal. Je suis très déçu de l’attitude de la plupart des collaborateurs du journal qui n’ont pas su saisir la balle au bond quand leur « patron » a menacé de démissionner s’ils ne me désavouaient pas tous, tant pis mais LA LUTTE CONTINUE !"
par caphi publié dans : [sciences et conscience]
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 11 juillet 2008
Avant de partir, pensez-y...

[Dossier] Vers un tourisme durable

Des touristes en août 2007 aux îles Maldives

 

 

 

Le tourisme durable, défi numéro un de l'industrie du voyage

A
vec 1,6 milliard de touristes prévus en 2020, la première industrie de la planète commence à se préoccuper de son impact sur la nature et les cultures locales: le concept d'un tourisme durable, respectueux de la nature et des hommes, fait timidement son chemin.

Parcourir la forêt tropicale du Costa Rica, séjourner dans des cases en pleine brousse au Sénégal, partager la vie des moines dans un temple bouddhiste en Chine ... de plus de plus de touristes cherchent l'immersion totale, loin des foules.

Des touristes en août 2007 aux îles Maldives

L'hôtel "Le Kilimandjaro" à Courchevel

Les géants de l'industrie touristique mondiale ont commencé à exploiter le filon du tourisme durable qui n'est plus l'apanage de militants "écolos" ou tiers-mondistes, et multiplient les campagnes de marketing "vertes".

"A présent, il y a 80% de communication et 20% de réalité dans ces discours, le but c'est d'inverser ces proportions dans dix ans", commente Jean Viard, sociologue spécialisé dans le tourisme.

Quant aux voyageurs, le tourisme durable "reste marginal, cela concerne environ 2% d'entre eux, mais il y a une forte progression", constate Pascal Aguillon, fondateur de l'Association française d'écotourisme.

"Au début, c'est un marché de niche comme dans l'automobile où la Toyota hybride est à la mode chez les bobos. Mais les élites favorisent l'émergence d'un marché qui sera ensuite petit à petit démocratisé", juge M. Viard.

Le secteur risque de "scier la branche sur laquelle il est assis" s'il ne limite pas les effets dévastateurs des voyages de masse sur la planète, ont prévenu les experts de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT).

"Le tourisme est la fois victime et responsable du réchauffement climatique, il contribue pour près de 5% à l'émission des gaz à effet de serre", estime son président, Francesco Frangialli.

Les neiges du Kilimandjaro auront fondu au plus tard en 2020 et des îles des Maldives seront englouties par les flots: le changement climatique menace directement le fonds de commerce du tourisme.

La croissance vertigineuse du secteur, qui ne comptait que 25 millions de touristes internationaux en 1950, pourrait conduire à une augmentation de 150% de ses émissions de gaz à effet de serre dans les 30 prochaines années, selon l'OMT.

A l'ère de l'explosion des compagnies low cost, près de la moitié des 898 millions de touristes qui ont sillonné la planète en 2007 ont opté pour l'avion, responsable de 40% des émissions de CO2 engendrées par le tourisme.

Précurseur de la démocratisation des voyages en France, Nouvelles Frontières redoute qu'"avec l'envolée des prix du pétrole, prendre l'avion redevienne un luxe", selon son PDG Jean-Marc Siano.

Epuisement des ressources naturelles, travail des enfants, prostitution, abandon des cultures traditionnelles: la démocratisation des voyages dans les pays du Nord a fait des ravages dans les pays du Sud.

Pour éviter une surfréquentation des sites touristiques, certains pays contingentent l'accès des visiteurs, comme le Pérou pour le chemin des incas menant à Machu Picchu.

Faudra-t-il pour autant renoncer à voyager? "Le tourisme durable, ce n'est pas la réduction des voyages, qui serait une immense régression, mais c'est voyager autrement, à un rythme différent", estime Jean Viard.

Et le tourisme a aussi des retombées bénéfiques: il donne un coup de pouce aux économies locales en créant des emplois et est souvent principale source de devises des pays en développement.

Toutefois, la manne touristique n'est pas redistribuée de manière équitable: selon les estimations des ONG, seulement un tiers des recettes annuelles (800 milliards de dollars) profite aux pays visités.

Ecotourisme: la jungle des appellations et des labels sème le trouble

Le touriste responsable modèle, un être discret et réfléchi


R
espectueux des usages locaux, soucieux d'économiser l'eau, attentif à ne pas abîmer les sols et à ne pas laisser de déchets, le touriste responsable est un être discret et réfléchi qui s'efforce de minimiser l'impact de son passage.

Pas si simple cependant d'être un éco-touriste modèle. Déjà lors du choix de la destination. Partir très loin, c'est tentant mais cela oblige souvent à prendre les airs. Or l'avion émet 300 fois plus de gaz carbonique que le train pour une même distance. Mieux vaut donc éviter de multiplier les trajets long courrier. Il est préférable de partir moins souvent mais plus longtemps.

Pour s'envoler la conscience tranquille, le touriste responsable pensera à compenser les émissions générées par le trajet en versant une petite somme à des associations pour des projets de reforestation ou d'énergies renouvelables.

Avant le départ, il se documentera sur la culture, les traditions du pays visité. Il prendra connaissance des usages locaux et des codes vestimentaires à respecter.

La préparation du sac de voyage est une étape importante. L'éco-touriste aura à coeur d'ôter le maximum d'emballages, afin d'éviter d'avoir à les jeter sur place. Il s'achètera une crème solaire qui ne se dissout pas dans l'eau pour ne pas nuire à la photosynthèse des végétaux marins. Il se munira de savons et lessives biodégradables avec le souci de ne pas polluer les eaux du pays hôte.

Il investira dans une lampe de poche à dynamo, un chargeur à l'énergie solaire et les piles de son appareil photo seront rechargeables. Une bonne gourde remplacera avantageusement les bouteilles en plastique.

Sur place, le voyageur responsable sera attentif au respect de la nature, particulièrement dans les zones naturelles protégées. Il parlera à voix basse pour ne pas effaroucher les animaux sauvages. Il s'interdira de les nourrir.

Il résistera à la tentation de cueillir les fleurs des zones naturelles et restera sur les chemins pour ne pas piétiner la végétation. Il évitera le camping sauvage.

Le touriste vert veillera à ne pas consommer trop d'eau, ressource rare dans de nombreux pays. Il optera pour une douche rapide plutôt que de prendre un bain, cinq fois plus gourmand en eau.

Il évitera la climatisation, qui participe au réchauffement de la planète.

La question des déchets est centrale dans certains pays peu équipés pour les éliminer. Le touriste responsable emportera avec lui quelques sacs poubelle dans lequel il mettra tous ses déchets, y compris ses mégots de cigarette (qui mettent deux ans à se décomposer). Il attendra d'être en ville pour les jeter.

Le touriste responsable fera preuve de respect envers les populations locales. Il sera capable de prononcer quelques mots de leur langue. Il veillera à donner des pourboires en rapport avec le coût de la vie, afin de ne pas créer de déséquilibre.

La quête de souvenirs se fera de façon réfléchie. Le touriste veillera à ne pas acheter d'objets sacrés authentiques. Il ne ramènera pas d'animal mort ou vivant et il fera attention à ne pas encourager le commerce de peaux, fourrures, ivoire, écailles de tortue, qui menace certaines espèces. Il ne rapportera pas non plus de plantes exotiques.

Sources

-Le guide du routard "Tourisme durable" chez Hachette

-site  www.voyagespourlaplanète.com

-Fondation Nicolas Hulot

-association Agir pour un tourisme responsable

Autres articles

L'Unesco veut développer le tourisme géologique dans des "géoparcs"
L'Unesco veut développer le tourisme dans les sites géologiques en développant un réseau de "géoparcs" sélectionnés dans le monde....LIRE

Il y a 10 ans, c'était une vision séduisante pour le Liban et les amoureux de la nature: offrir des revenus aux habitants dans les zones rurales, protéger l'environnement et renforcer l'unité nationale. Aujourd'hui, après une guerre, une crise politique et des flambées de violence récurrentes, les initiatives libanaises en faveur de l'écotourisme sont mal en point. Mais elles ne sont pas mortes... LIRE

Ecotourisme solidaire: Leganishu Camp, un campement chez les Maasaï
Soucieux d'échapper au "tourisme en quête d'exotisme", un Breton et un pasteur Maasaï ont lancé au Kenya un projet d'écotourisme solidaire en accueillant des visiteurs occidentaux dans un campement qui respectera les traditions du peuple Maasaï...LIRE

 
Dans tout le sud-est asiatique, les hôtels et complexes touristiques insistent sur leur étiquette "verte", pour flatter la fibre écologique de touristes culpabilisés par l'impact de leur vacances exotiques sur le changement climatique... LIRE

 Le premier jour, maillot de bain de rigueur, le deuxième, les chaussures de montagne s'imposent, le troisième, avoir le pied marin est recommandé, le quatrième, le microscope est obligatoire: les voyages de tourisme scientifique du CNRS ont leurs impératifs....  LIRE

(source TV5 MONDE / AFP)

UN AUTRE SITE > www.latitude-21.fr

Dans la Médina de Marrakech, 14 décembre 2007 (photo caphi)
par caphi publié dans : [sciences et conscience]
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 7 juillet 2008

Tan Le, co-fondateur d'Emotiv, contrôle mentalement l'expression d'un personnage créé par ordinateur

SAN FRANCISCO (AFP) - 07/07/2008 07h25 - Le casque de contrôle mental de jeux vidéo est désormais une réalité et son créateur, la start-up américaine Emotiv, indique u'elle compte commercialiser ce système dès la fin 2008.

Ce casque baptisé EPOC est doté de 16 électrodes ou capteurs qui sont en contact avec le crâne de l'utilisateur pour mesurer l'activité électrique de son cerveau, selon une technologie d'électroencéphalographie bien rôdée.

Casque de contrôle mental de jeux vidéo EPOC de la compagnie Emotiv

Un gyroscope est attaché sur le haut d'EPOC pour contrôler les mouvements de la tête. Le casque est également équipé d'une batterie située sur le côté.

Les capteurs enregistrent aussi les états d'âme et les expressions faciales de l'utilisateur, intégrant toutes ces données dans le logiciel de l'ordinateur qui peut ainsi lire les pensées de la personne, explique Tan Le, co-fondateur d'Emotiv.

"Il y a une correlation directe entre les pensées du sujet et l'action sur l'écran, ce qui permet de réaliser le vieux fantasme de déplacer les objets avec la seule force de l'esprit", ajoute-t-il.

Un jeu vidéo sera intégré à ce casque et le système complet sera offert pour 299 dollars aux Etats-Unis sur le site internet d'Emotiv et dans une sélection de magasins.

Il s'agit d'un jeu d'arts martiaux asiatiques dans lequel, "un maître" fait faire un ensemble d'exercices aux joueurs dont un consistant à soulever des montagnes par la seule force de la pensée.

Un essai du casque fait par l'AFP a montré qu'après un entraînement sur le système EPOC pendant moins d'une minute, le joueur peut mentalement faire tourner, pousser ou tirer des objets sur l'écran et les faire même disparaître.

Emotiv est doté d'un kit de développement de logiciels accessible aux concepteurs et producteurs de jeux vidéo aussi bien qu'aux programmeurs travaillant dans tous les domaines où il y a des interactions entre les humains et l'ordinateur comme la réalité virtuelle, les automobiles et les soins médicaux.

Cette technologie pourrait ainsi être utilisée pour que des personnages virtuels puissent exprimer en ligne les états d'âme et pensées de vraies personnes, selon Marco Della Torre, un ingénieur d'Emotiv.

Le kit de logiciel de contrôle par la pensée d'Emotiv offert à des tiers a déjà été télédéchargé depuis le site internet de la société plus d'un millier de fois, précise Tan Le.

"Il y a beaucoup de sociétés classées dans les 500 premières de Fortune qui se sont dites intéressées par notre système", assure-t-il.

Même les services de police sont intéressés par les capacité du casque EPOC de lire les pensées des individus, ajoute Tan Le. "EPOC pourrait certainement être utilisé comme un polygraphe très fiable", selon lui.

Quant aux applications médicales, cette technologie pourrait offrir un nouveau moyen de communiquer aux personnes incapables de parler à la suite d'une attaque cérébrale ou se trouvant dans le coma, estime le co-fondateur d'Emotiv.

En outre, les utilisateurs de ce casque pourront en écoutant de la musique en ligne changer automatiquement de morçeaux selon qu'ils se sentent heureux, tristes ou mourrant d'ennui, relève-t-il.

Tan Le, un entrepreneur australien dans les télécommunications, raconte que l'idée de développer ce casque de contrôle mental lui est venue à l'occasion d'un dîner en 2003 lors d'une conversation sur le cerveau et la technologie.

Tan Le et son associé Nam Do ont fondé Emotiv en 2003 avec le neurologue Allan Snyder et le concepteur de puces informatiques Neil Weste.

par caphi publié dans : [sciences et conscience]
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 17 juin 2008
Son petit nom? HD 40307. Un nouveau «système solaire», avec trois «super-Terres», a été découvert à quarante-deux années-lumière de notre planète, a annoncé hier Michel Mayor. L'astrophysicien suisse, qui avait rapporté l'existence de la première planète extrasolaire, ou exoplanète, en 1995, en a fait l'annonce lors du congrès mondial Super Earths, qui se tient à Nantes jusqu'à mercredi.

Cliché de la galaxie M100 analysé par Astrometry.net
Cliché de la galaxie M100 analysé par Astrometry.net - DR

«A l'échelle de la galaxie, ce système est très près de nous, explique le scientifique. On peut dire que c'est un proche voisin.» Les trois exoplanètes, seulement trois à neuf fois plus lourdes que la Terre, ont surtout la particularité d'avoir une taille comparable à celle de la planète bleue. «Il ne s'agit plus de planètes géantes» comme Jupiter ou Saturne, souligne le Pr Olivier Grasset, directeur adjoint du laboratoire de planétologie et de géodynamique de l'université de Nantes. «Un palier a été franchi. Technologiquement, c'est énorme.» Pour autant, les trois planètes ne sont pas habitables, car trop proches de leur étoile-centre. A la surface de la première, il ferait ainsi... 1.500°C.

Outre HD 40307, deux autres systèmes solaires, avec quatre autres «super-Terres», ont été découverts par les chercheurs. Ce qui laisse à penser que les exoplanètes ne sont peut-être finalement pas si rares que ça dans l'Univers. Reste qu'il est toujours difficile de les détecter: seule la lumière qu'elles reflètent permet de les distinguer. «Une étoile, c'est un réacteur nucléaire et une planète, un caillou qui réfléchit sa lumière, compare Mayor. Ainsi, la Terre ne réfléchit qu'un milliardième de la lumière du Soleil...»

programme
Depuis cinq ans, le télescope
HARPS (High Accuracy Radial Velocity Planet Searcher), installé au Chili, suit quelque deux cents étoiles. Il s’avère que 30% d’entre elles ont des petites planètes dans leur orbite, selon Michel Mayor. «Certaines sont habitables, et on les trouvera», a d’ores et déjà promis l’astrophysicien. A ce jour, au total, plus de 270 exoplanètes ont ainsi été découvertes. La plupart sont des géantes, comparables à Jupiter ou Uranus.

A Nantes, Guillaume Frouin, 20Minutes, éditions du 17/06/2008

Nous nous menaçons nous-mêmes !

par Hubert Reeves, mardi 17 juin 2008

« La survie de l’espèce humaine dépend de sa capacité à trouver de nouvelles terres dans l’Univers. » (Stephen Hawking)

Pas d’accord. Hawking veut coloniser l’espace. Procédons par ordre. Où en sommes-nous sur Terre ? Dans l’histoire de l’humanité, des nouvelles terres ont déjà été trouvées par des explorateurs, habitées ou non, et l’humanité les occupe à toutes les latitudes habitables. Nous en connaissons le résultat. Pas terrible.

Si nous avons le même comportement, les nouvelles planètes, à supposer qu’elles existent, qui nous accueilleraient, deviendraient vite malades de notre civilisation.

Pour l’instant, l’essentiel est d’abord que nous nous rendions tous compte que nous pillons les ressources non renouvelables de la Terre, que nous exterminons des milliers d’espèces qui nous ont précédés dans l’histoire du vivant et que, nous privant d’elles, nous nous menaçons nous-mêmes.

Ensuite, il faut trouver les remèdes à la situation dans laquelle nous nous sommes mis afin que le départ de notre planète mère ne soit pas nécessaire, même si on trouve une planète Terre bis. On sait ce qu’on quitte, mais serait-ce pour le meilleur ou pour le pire ? Car enfin, imaginons le voyage. Des milliards de personnes à évacuer à des millions ou des milliards de kilomètres...

« Il faut que quelqu’un commence »

À bien y réfléchir, nous pouvons changer de planète sans quitter la nôtre. Il suffit de commencer, même tout seul, dans son quartier ou dans sa famille. D’ailleurs, beaucoup d’entre nous ont commencé, comme dans les petits contes philosophiques tels celui de la montagne qui cache le soleil ou celui du colibri. Les deux histoires disent la même chose.

Une montagne enserre une vallée de ses escarpements si hauts que jamais le soleil n’éclaire les habitants. Et ils se lamentent des siècles durant, implorant en vain toutes les divinités possibles. Les récoltes sont maigres, les enfants faméliques. Près de la mort, un vieillard qui a beaucoup réfléchi s’en va chaque jour avec un pic, au petit matin, et ôte quelques cailloux du sommet. À ceux qui l’interrogent, il répond : « Si vous voulez rester là, que faire d’autre pour faire venir le soleil ? »

Un terrible incendie s’est déclaré dans la jungle. Les animaux se sont tous réfugiés de l’autre côté du grand fleuve. Ils regardent leur maison qui brûle. Ils attendent.

Seul un petit colibri fait des allers-retours, de la berge du fleuve à la forêt en flammes, et de la forêt en flammes à la berge du fleuve. Il transporte une ou deux gouttes d’eau chaque fois et les lâche sur les arbres transformés en torches.

Chacun doit faire sa part

Grâce à ceux qui minimisent leurs déplacements en voiture chaque fois que c’est possible, l’atmosphère devient moins favorable au sureffet de serre. Grâce à ceux qui trient et recyclent au maximum, la planète ne croulera pas sous les déchets. Grâce à ceux qui économisent l’eau, ceux qui renoncent aux pesticides, ceux qui choisissent les panneaux solaires, isolent leur maison... grâce à tous ceux qui changent eux-mêmes, la planète change.

Plus vite nous changerons, plus vite la planète sera différente.

Et elle sera guérie pour les quelque cinq milliards d’années où le Soleil existera encore, avant de devenir une naine blanche. La vie, ici sur la petite planète Terre, pourrait encore durer presque autant...

canoe.com
Relayé par terre-sacrée.org et transmis par Altermonde-sans-frontières

par caphi publié dans : [sciences et conscience]
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 15 juin 2008
Fabienne Jouvet, 47 ans, est une mère de famille de cinq enfants, dont trois à la maison, qui se bat contre la pauvreté. Ancienne secrétaire commerciale, reconnue invalide à 100 % à la suite d'un accident de travail, elle a créé, il y a quelques années, un "réseau de résistance contre la misère" : les Sans-Rien. "Car quand on n'a plus de travail, dit-elle (dans La Croix du 9 juin), on n'existe plus socialement."

Les Sans-Rien, façon sans-culottes, ont entamé, lundi 9 juin à Bordeaux, un "tour de France" d'une douzaine de grandes villes pour sensibiliser à une chose simple : leur existence. Qui sont-ils ? Qui veulent-ils représenter ? Des précaires, des malades, des handicapés, des retraités. Des hommes ou des femmes seuls, qui ne joignent plus les deux bouts. Des individus "par défaut", dirait le sociologue Robert Castel, à qui il manque les outils pour accéder à un minimum d'indépendance, d'autonomie, de reconnaissance sociale - les attributs positifs que l'on reconnaît généralement aux individus dans les sociétés contemporaines.

Ils sont donc une "tribu", énonce leur site Internet (www.sansrien.net) où s'accrochent une rage certaine et leurs revendications : être reconnu comme citoyen, respecté dans sa dignité, refuser d'être infantilisés et humiliés. Ce qui signifie concrètement de pouvoir bien se nourrir, avoir des vêtements corrects et "le smic pour toute personne qui ne serait pas en état de travailler".

Les Sans-Rien ont encore trouvé un autre nom pour l'occasion : "les invisibles en marche". Et dans la recherche de ce qui pouvait les caractériser, ils se sont naturellement mis en quête de l'une des toutes premières clés de l'insertion sociale : la visibilité.

C'est une notion bien moderne, la visibilité. Un passe pour exister. Pas une réflexion ou une action menée qui ne s'accompagne du souci de la nécessité d'être rendu visible. Pas un politique qui ne s'en soucie jusqu'à l'obsession. Pas une pratique sociale qui échappe aux exigences de l'hypermédiatisation permanente.

Organisé, entre autres, sous les auspices de l'Association internationale de sociologie, autour de Nicole Aubert, un récent colloque, à Paris, en a dressé le constat. Les sociétés contemporaines se déploient sous le sceau d'une injonction permanente à la visibilité. En tout domaine, que ce soit dans les sphères publique ou privée. Au XIXe siècle, il fallait taire l'intime. Aujourd'hui, il faut l'exposer pour exister sous peine d'être relégué à l'invisible - ce trou noir qui, sous les coups de butoir du visible, se voit disqualifié, tenu pour négligeable, tout juste bon, si l'on peut dire, à signifier l'insignifiant, l'inexistant.

Depuis les années 1990, les technologies de communication poussent à une production et une diffusion continue de soi. C'est frappant, bien sûr, sur le Net. La teneur de cette visibilité a cependant sensiblement changé. Elle ne renvoie plus tant à ce que l'individu fait, mais à ce qu'il montre de lui, ce qui le réduit peu à peu à ses seules apparences. Et c'est toute la transformation d'un monde autrefois vécu et décrypté par les mots, la parole, les textes - un monde plus "lisible" que visible -, qui plonge dans le voir, l'être vu, souvent surabondant, ce qui peut lui faire perdre d'ailleurs, parfois, toute signification.

"Il faut qu'on nous voie", énonce donc Fabienne Jouvet, espérant accéder à ce monde du visible. Pour pouvoir témoigner que certains sans-rien luttent et ne baissent pas les bras. Qu'ils sont des briseurs de fatalité. Cela passe logiquement par l'image : "Nous avons besoin de témoignages pour donner une autre image de nous, une image de gens combatifs et courageux."

Jean-Michel Dumay

Article paru dans l'édition du Monde du 15.06.08.

Courriel : dumay@lemonde.fr
par caphi publié dans : [sciences et conscience]
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 11 juin 2008

Las des procès et des pressions, le journaliste met un terme à huit ans d'investigation. Contactée par Rue89, Clearstream réagit.

Le passeport de Denis Robert publié sur son blog (DR)
"Ce texte est ma dernière intervention publique à propos de Clearstream." Le journaliste Denis Robert vient d'annoncer sur son blog qu'il mettait un terme à huit ans d'investigation sur la chambre de compensation luxembourgeoise. Un texte qui n'a pas manqué de faire réagir Clearstream, contactée par Rue89.

C'est d'abord l'étonnement qui semble poindre chez Bruno Rossignol, porte-parole de la firme qualifiée de "poumon à la finance parallèle" par Denis Robert:

"On n'attendait rien de particulier, on constate. C'est même plutôt une surprise pour nous."