[Dossier] Vers un tourisme durable

Publié le par caphi

Avant de partir, pensez-y...

[Dossier] Vers un tourisme durable

Des touristes en août 2007 aux îles Maldives

 

 

 

Le tourisme durable, défi numéro un de l'industrie du voyage

A
vec 1,6 milliard de touristes prévus en 2020, la première industrie de la planète commence à se préoccuper de son impact sur la nature et les cultures locales: le concept d'un tourisme durable, respectueux de la nature et des hommes, fait timidement son chemin.

Parcourir la forêt tropicale du Costa Rica, séjourner dans des cases en pleine brousse au Sénégal, partager la vie des moines dans un temple bouddhiste en Chine ... de plus de plus de touristes cherchent l'immersion totale, loin des foules.

Des touristes en août 2007 aux îles Maldives

L'hôtel "Le Kilimandjaro" à Courchevel

Les géants de l'industrie touristique mondiale ont commencé à exploiter le filon du tourisme durable qui n'est plus l'apanage de militants "écolos" ou tiers-mondistes, et multiplient les campagnes de marketing "vertes".

"A présent, il y a 80% de communication et 20% de réalité dans ces discours, le but c'est d'inverser ces proportions dans dix ans", commente Jean Viard, sociologue spécialisé dans le tourisme.

Quant aux voyageurs, le tourisme durable "reste marginal, cela concerne environ 2% d'entre eux, mais il y a une forte progression", constate Pascal Aguillon, fondateur de l'Association française d'écotourisme.

"Au début, c'est un marché de niche comme dans l'automobile où la Toyota hybride est à la mode chez les bobos. Mais les élites favorisent l'émergence d'un marché qui sera ensuite petit à petit démocratisé", juge M. Viard.

Le secteur risque de "scier la branche sur laquelle il est assis" s'il ne limite pas les effets dévastateurs des voyages de masse sur la planète, ont prévenu les experts de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT).

"Le tourisme est la fois victime et responsable du réchauffement climatique, il contribue pour près de 5% à l'émission des gaz à effet de serre", estime son président, Francesco Frangialli.

Les neiges du Kilimandjaro auront fondu au plus tard en 2020 et des îles des Maldives seront englouties par les flots: le changement climatique menace directement le fonds de commerce du tourisme.

La croissance vertigineuse du secteur, qui ne comptait que 25 millions de touristes internationaux en 1950, pourrait conduire à une augmentation de 150% de ses émissions de gaz à effet de serre dans les 30 prochaines années, selon l'OMT.

A l'ère de l'explosion des compagnies low cost, près de la moitié des 898 millions de touristes qui ont sillonné la planète en 2007 ont opté pour l'avion, responsable de 40% des émissions de CO2 engendrées par le tourisme.

Précurseur de la démocratisation des voyages en France, Nouvelles Frontières redoute qu'"avec l'envolée des prix du pétrole, prendre l'avion redevienne un luxe", selon son PDG Jean-Marc Siano.

Epuisement des ressources naturelles, travail des enfants, prostitution, abandon des cultures traditionnelles: la démocratisation des voyages dans les pays du Nord a fait des ravages dans les pays du Sud.

Pour éviter une surfréquentation des sites touristiques, certains pays contingentent l'accès des visiteurs, comme le Pérou pour le chemin des incas menant à Machu Picchu.

Faudra-t-il pour autant renoncer à voyager? "Le tourisme durable, ce n'est pas la réduction des voyages, qui serait une immense régression, mais c'est voyager autrement, à un rythme différent", estime Jean Viard.

Et le tourisme a aussi des retombées bénéfiques: il donne un coup de pouce aux économies locales en créant des emplois et est souvent principale source de devises des pays en développement.

Toutefois, la manne touristique n'est pas redistribuée de manière équitable: selon les estimations des ONG, seulement un tiers des recettes annuelles (800 milliards de dollars) profite aux pays visités.

Ecotourisme: la jungle des appellations et des labels sème le trouble

Le touriste responsable modèle, un être discret et réfléchi


R
espectueux des usages locaux, soucieux d'économiser l'eau, attentif à ne pas abîmer les sols et à ne pas laisser de déchets, le touriste responsable est un être discret et réfléchi qui s'efforce de minimiser l'impact de son passage.

Pas si simple cependant d'être un éco-touriste modèle. Déjà lors du choix de la destination. Partir très loin, c'est tentant mais cela oblige souvent à prendre les airs. Or l'avion émet 300 fois plus de gaz carbonique que le train pour une même distance. Mieux vaut donc éviter de multiplier les trajets long courrier. Il est préférable de partir moins souvent mais plus longtemps.

Pour s'envoler la conscience tranquille, le touriste responsable pensera à compenser les émissions générées par le trajet en versant une petite somme à des associations pour des projets de reforestation ou d'énergies renouvelables.

Avant le départ, il se documentera sur la culture, les traditions du pays visité. Il prendra connaissance des usages locaux et des codes vestimentaires à respecter.

La préparation du sac de voyage est une étape importante. L'éco-touriste aura à coeur d'ôter le maximum d'emballages, afin d'éviter d'avoir à les jeter sur place. Il s'achètera une crème solaire qui ne se dissout pas dans l'eau pour ne pas nuire à la photosynthèse des végétaux marins. Il se munira de savons et lessives biodégradables avec le souci de ne pas polluer les eaux du pays hôte.

Il investira dans une lampe de poche à dynamo, un chargeur à l'énergie solaire et les piles de son appareil photo seront rechargeables. Une bonne gourde remplacera avantageusement les bouteilles en plastique.

Sur place, le voyageur responsable sera attentif au respect de la nature, particulièrement dans les zones naturelles protégées. Il parlera à voix basse pour ne pas effaroucher les animaux sauvages. Il s'interdira de les nourrir.

Il résistera à la tentation de cueillir les fleurs des zones naturelles et restera sur les chemins pour ne pas piétiner la végétation. Il évitera le camping sauvage.

Le touriste vert veillera à ne pas consommer trop d'eau, ressource rare dans de nombreux pays. Il optera pour une douche rapide plutôt que de prendre un bain, cinq fois plus gourmand en eau.

Il évitera la climatisation, qui participe au réchauffement de la planète.

La question des déchets est centrale dans certains pays peu équipés pour les éliminer. Le touriste responsable emportera avec lui quelques sacs poubelle dans lequel il mettra tous ses déchets, y compris ses mégots de cigarette (qui mettent deux ans à se décomposer). Il attendra d'être en ville pour les jeter.

Le touriste responsable fera preuve de respect envers les populations locales. Il sera capable de prononcer quelques mots de leur langue. Il veillera à donner des pourboires en rapport avec le coût de la vie, afin de ne pas créer de déséquilibre.

La quête de souvenirs se fera de façon réfléchie. Le touriste veillera à ne pas acheter d'objets sacrés authentiques. Il ne ramènera pas d'animal mort ou vivant et il fera attention à ne pas encourager le commerce de peaux, fourrures, ivoire, écailles de tortue, qui menace certaines espèces. Il ne rapportera pas non plus de plantes exotiques.

Sources

-Le guide du routard "Tourisme durable" chez Hachette

-site  www.voyagespourlaplanète.com

-Fondation Nicolas Hulot

-association Agir pour un tourisme responsable

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(source TV5 MONDE / AFP)

UN AUTRE SITE > www.latitude-21.fr

Dans la Médina de Marrakech, 14 décembre 2007 (photo caphi)
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